CINECASA
Durée : janvier 2026 - décembre 2028
Coord. : Mercedes Álvarez San Román (Universidad Carlos III de Madrid), Julie Amiot-Guillouet (CY Cergy Paris Université), Marianne Bloch-Robin (Sorbonne Université), Nancy Berthier (Casa Velázquez et Sorbonne Université)
CINECASA , 50 ans de cinéma à la Casa de Velázquez (1973-2028)
Présentation :
Le cinéma à la Casa de Velázquez : genèse et consolidation d’un champ disciplinaire
Ce projet vise à retracer l’introduction et la consolidation du cinéma en tant que champ disciplinaire au sein de la résidence artistique de la Casa de Velázquez, depuis 1973 jusqu’à aujourd’hui, à travers l’étude d’un corpus d’environ cinquante cinéastes ayant séjourné dans cette institution. Il sera notamment intéressant de voir dans quel contexte le cinéma a été introduit et s’est développé, la recherche portant sur le double volet archives/patrimoine, et création.
Résidences de création en cinéma et trajectoires individuelles à la Casa de Velázquez : effets d’un déplacement artistique de longue durée
L’objectif central est d’interroger l’impact d’une résidence artistique de longue durée à l’étranger sur les trajectoires individuelles des cinéastes. À partir de parcours singuliers, il s’agira de comprendre ce que signifie, sur le plan artistique, un déplacement territorial dans un pays étranger : la rencontre avec une nouvelle langue, une autre culture, un territoire inconnu. Comment les projets initiaux se formulent-ils ? Comment sont-ils affectés, consolidés ou au contraire remis en question par l’expérience du séjour ? Dans quelle mesure cette immersion contribue-t-elle à réorienter les démarches créatives ? Cette expérience a-t-elle contribué à faire évoluer le point de vue des cinéastes?
L’analyse devra également porter sur la question de l’intégration — ou non — des résidents dans un collectif créatif, indépendamment du contexte de mobilité internationale. Il conviendra d’évaluer les interactions éventuelles, parfois mais non systématiquement interdisciplinaires, entre les artistes eux-mêmes et entre artistes et chercheurs, une des spécificité de la résidence artistique à la Casa de Velázquez, faisant de celle-ci un cas singulier parmi les résidences artistiques.
A cet égard, il conviendra également d’examiner si une périodisation peut être dégagée dans l’évolution des formes de résidence, en particulier à travers l’émergence, ces dernières années, de démarches de recherche-création. Celles-ci semblent en effet encourager des dynamiques renouvelées de dialogue entre les disciplines, en favorisant des échanges plus étroits entre artistes et chercheurs. Il s’agira d’interroger dans quelle mesure cette orientation influe sur les modalités de collaboration au sein de la résidence, sur les formats de production et sur la reconnaissance institutionnelle des pratiques à la croisée de l’art et de la recherche.
Au-delà du temps passé à la Casa de Velázquez, le projet s’intéresse également à l’influence à long terme de cette expérience sur les carrières : a-t-elle constitué un tournant, un moment fondateur, ou au contraire une parenthèse marginale ? Il s’agira aussi de repérer d’éventuelles typologies de projets, de regards ou de trajectoires, au-delà de la diversité des expériences individuelles. La question du point de vue sera centrale : existe-t-il une forme de communauté de regard parmi ces cinéastes due à cette expérience commune ? Peut-on théoriser les effets du déplacement artistique, en termes de positionnement esthétique, éthique ou politique ? Quelle est la singularité et quelles sont les limites que peut représenter un regard venu d’ailleurs ?
Enfin, l’étude portera une attention particulière aux interactions entre ces cinéastes et le contexte espagnol : comment l’"autre" est-il filmé, perçu ? Mais aussi, comment les cinéastes eux-mêmes se sont-ils insérés dans la réalité locale, ont-ils collaboré avec des artistes, des techniciens, des institutions espagnoles ?
Ces interrogations seront nourries par l’exploitation croisée des archives, des entretiens et de l’analyse filmique — qu’il s’agisse de documentaires ou de fictions — en s’attachant à leurs récits, leurs images, leurs dispositifs narratifs et esthétiques.
Altérité et création : enjeux théoriques et spéculatifs d’un positionnement « venu d’ailleurs »
Au-delà de cette étude de cas centrée sur le cinéma à la Casa de Velázquez, l’ambition du projet est de poser les bases d’un cadre d’analyse plus large, capable d’englober d’autres disciplines artistiques ainsi que les domaines de la recherche scientifique. Il s’agira ainsi de réfléchir de manière plus transversale aux effets du séjour de longue durée à l’étranger sur la production de savoirs et de formes — que ceux-ci relèvent de la création ou de la recherche. Ce cadre, expérimenté à la Casa de Velázquez, se veut également exportable à d’autres établissements ou dispositifs de mobilité internationale pour chercheurs et artistes. Il entend interroger les conditions de fécondité de ces déplacements, la manière dont ils modifient les objets, les méthodes, les temporalités, voire les régimes de légitimité des productions intellectuelles ou esthétiques. Il ouvre enfin une dimension spéculative : que produit — en termes de pensée, de forme, de posture — le fait d’être étranger à l’endroit où l’on crée ou où l’on enquête ? Comment l’altérité géographique et culturelle se redéploie-t-elle comme moteur de déplacement intellectuel, esthétique, voire éthique ?
- Universidad Carlos III de Madrid (UC3M)
- CY Cergy Paris Université
- Sorbonne Université
- Filmoteca española
- Universidad de Castilla-la-Mancha
- Nancy Berthier (Casa de Velázquez y Sorbonne Université)
- Julie Amiot-Guillouet (CY Cergy Paris Université)
- Marianne Bloch-Robin (Sorbonne Université)
- Mercedes Álvarez San Román (Universidad Carlos III de Madrid (UC3M))
- Nancy Berthier (Casa de Velázquez y Sorbonne Université)
- Julie Amiot-Guillouet (CY Cergy Paris Université)
- Marianne Bloch-Robin (Sorbonne Université)
- Mercedes Álvarez San Román (Universidad Carlos III de Madrid (UC3M))
- Ignacio Becerra (doctorant de Sorbonne Université)
- Elena Blázquez Carretero (Universidad Complutense de Madrid (UCM))
- Minerva Campos Rabadán (Universidad de Castilla-La Mancha (UCLM))
- Luis Deltell Escolar (Universidad Complutense de Madrid (UCM))
- Pietsie Feenstra (Université de Montpellier)
- Sonia García López (Universidad Carlos III de Madrid (UC3M))
- Juan Francisco González (cinéaste)
- Ana María López Carmona (Universidad de Antioquia)
- María Luisa Ortega Gálvez (Universidad Autónoma de Madrid (UAM))
- Guillermo G. Peydro (Universidad Complutense de Madrid (UCM))
- Javier Ramírez Serrano (Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC))
- Rafael R. Tranche (Universidad Complutense de Madrid (UCM))
- Sandra Garcia Bueno (cinéaste - Fábrica de Creación Santander)
- Magali Kabous (Université Lyon 2)
- Dominique Soucy (Université de Franche-Comté)
Stagiaires :
- Clara Goldsmith - Sciences Po Paris (janvier-juin 2026)
- Youn Abgrall - Ecole normale supérieure de Lyon (mai-juin 2026)
Secrétariat :
- Camille Guieu
Le projet sera développé sur trois ans (2026-2028). Des réunions sont organisées chaque année : workshop, tables rondes avec des cinéastes, projections, etc., soit à Madrid, soit avec des universités ou institutions partenaires, en itinérance. A l’automne 2027, un colloque à Paris permettra de présenter les résultats partiels de la recherche et de préparer la publication d’un ouvrage prévue pour la fin de l’année 2028, qui coïncidera avec le centenaire de l'institution. Un cycle de projections sera alors organisé.
Activités du programme
Politique scientifique
Ce programme de recherche s'inscrit dans l'un des quatre axes qui composent la politique scientifique de l'École des hautes études hispaniques et ibériques centrée sur la péninsule Ibérique, le Maghreb et l’espace atlantique.