Alexandre Gouverneur
Agrégé de lettres classiques
Doctorant en archéologie
Mots clés : Religion romaine ; Sanctuaires et lieux de culte ; Archéologie du bâti ; Archéologie de l’eau ; Hydraulique antique
Type de résidence
Membre de l'EHEHI
Période de résidence
En résidence de septembre 2019 à juillet 2020
Projet de recherche à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
Dans les lieux de cultes antiques, et notamment romains, l’eau fait figure d’invariant : il en va de cette ressource comme de nombreux autres éléments « naturels », que nous supposons bien souvent immuables et universels. Ce présupposé a souvent entraîné généralisations et surinterprétations quant au « culte des eaux » ou aux « sanctuaires de sources » dans la littérature archéologique. De même, la porosité qui existe entre les catégories du fonctionnel (nettoyer le lieu de culte, l’autel) et du cultuel (se purifier par ablutions ou immersion, faire une offrande monétaire dans un bassin) peut mener à des contresens dont il faut se prémunir.
Parler de gestion de l’eau dans les lieux de culte, sans évoquer ces notions de culte des eaux ou d’eau sacrée et leur pesanteur historiographique, c’est ainsi faire le choix d’une approche fondée sur l’étude matérielle et technique des témoignages archéologiques, plutôt que d’une méthode qui consisterait à rechercher dans ces vestiges les traces d’éléments bien connus d’une symbolique supposée universelle en lien avec l’eau. L’enjeu de cette enquête est de comprendre les différents rôles joués par l’eau dans l’horizon de chaque lieu de culte pour préciser les modalités de sa gestion et montrer son intégration aux programmes architecturaux et ornementaux, tout autant que ses éventuelles particularités d’usage. Il convient dès lors d’opter pour une étude en contexte, encadrée par des considérations typologiques et un travail de mise en série des structures à différentes échelles (régionale, péninsulaire, puis à l’échelle des provinces occidentales avec des points de comparaison).
Les aménagements hydrauliques dans le contexte d’un lieu de culte ne doivent en effet pas être étudiés différemment de ceux trouvés dans d’autres contextes : ils présentent la même multiplicité d’aspects techniques et concrets, parmi lesquels la planification et la maîtrise de la ressource hydrique sur la durée. Tous les éléments du réseau hydraulique sont donc pris en considération, non seulement les structures qui servent de support à des stratégies scénographiques, comme les bassins, fontaines ou miroirs d’eau, mais aussi les structures enterrées ou semi-enterrées comme les réservoirs, cuves et citernes ou les réseaux de canalisations pour l’adduction et l’évacuation de l’eau. Cette enquête choisit donc de commencer par étudier le fonctionnement pratique de l’eau dans les lieux de culte, sa gestion, pour mieux envisager les modalités de son intégration aux activités cultuelles et liturgiques.