Recherche Scientifique Résident

Joseph Roussiés

 Agrégé d’espagnol

Mots clés : Madrigal. Poésie romane des XVIe et XVIIe siècles. Littérature du Siècle d’Or espagnol. Poésie lyrique italienne, portugaise et catalane. Texte et musique. Métrique et versification. Poétique et rhétorique. Traduction de la poésie. 
 

Type de résidence

Membre de l'EHEHI

Période de résidence 

En résidence de septembre 2015 à juillet 2017

Projet de recherche à la Casa de Velázquez

Résumé du projet

Titre du projet : « Cuando al espejo miras : définition et corpus du madrigal poétique en Espagne entre 1550 et 1670, alentour »

Cette thèse a pour but de faire connaître le corpus du madrigal ibérique, principalement en castillan mais aussi dans d’autres langues péninsulaires telles le portugais et le catalan. Au-delà de la visibilité retrouvée de ces textes, il s’agit de proposer une définition nouvelle de la forme en adéquation avec son corpus et de mettre au jour les modalités de sa diffusion (en particulier dans les chansonniers manuscrits de poésies variées), de sa prégnance sociale et de ses pratiques.

Dans l’Italie de la Renaissance, le madrigal est connu comme le genre musical qui fait triompher une forme nouvelle d’écriture polyphonique sur des vers en langues vernaculaire (LASSUS, GESUALDO ou MONTEVERDI mettent en musique PETRARQUE, GUARINI et LE TASSE). On sait ainsi que le madrigal est au cœur des pratiques littéraires les plus érudites mais aussi très diffusé par l’imprimerie musicale et poétique, depuis Venise, principalement.

En Espagne, sur le versant poétique en particulier, l’histoire littéraire a laissé cette forme passer dans l’ombre —si l’on excepte, peut-être, le célèbre madrigal « Ojos claros serenos » de Gutierre de CETINA (vers 1554). Les raisons de cette marginalisation sont diverses mais dues en grande part à ce qu’il ne passe pas en péninsule ibérique avec les formes importées par la première génération des poètes italianisants, Garcilaso et Boscán, qui révolutionnent la littérature espagnole du Siècle d’Or au cours du premier tiers du XVIe siècle. En effet, en Italie même, il ne connaît alors que le début de son essor. Pourtant, par la suite, QUEVEDO en compose un grand nombre et GONGORA ou CERVANTES le pratiquent aussi, de même que de très nombreux poètes moins canoniques qui l’ont largement adopté en Espagne castillanophone (Baltasar del ALCÁZAR ou SOTO DE ROJAS), au Portugal (Violante do CEU, Manuel de FARIA E SOUSA) ou en Pays catalans (Pere SERAFI, Francesc FONTANELLA).

La première étape de cette recherche consiste à déterminer quels sont les contours et l’extension du corpus du madrigal en Espagne. Ce faisant, il apparaît manifeste que la théorie et la  pratique de la forme ne coïncident pas exactement et que sa définition même n’a pas encore fait l’objet d’une formulation satisfaisante au regard des poèmes que l’on écrivait. En particulier lorsqu’on oublie que la forme poétique et le genre musical sont deux objets distincts. À la lecture de ce corpus nouvellement réuni, on s’aperçoit par contre d’une grande variété de tons (de la poésie amoureuse à la poésie morale ou satirique), d’extensions (dans la limite d’une à trois dizaine de vers) mais aussi d’une pratique durable au cours des seizième et dix-septième siècles, alors que la forme s’essouffle ensuite.

Comprendre le madrigal en Espagne au Siècle d’Or suppose aussi de mettre en évidence ses modes de diffusion, depuis le manuscrit anonyme jusqu’à l’imprimé d’auteur, ses pratiques d’élocution ou la portée et les modalités spécifiques de sa mise en musique, quand elle a lieu, par exemple dans les compositions de Francisco GUERRERO, Juan NAVARRO ou de Pere ALBERCH VILA.

 

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