Aurore Schoenecker
Agrégée de Lettres Modernes
Type de résidence
Membre de l'EHEHI
Période de résidence
En résidence de septembre 2016 à juillet 2017
Projet de recherche à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
Titre du projet : « La diffusion des textes espagnols en France dans la première moitié du XVIIe siècle : une enquête sur la genèse littéraire et culturelle des traductions
Cette thèse transdisciplinaire, partie de l’histoire du livre, notamment sous l’aspect de la bibliométrie et de la bibliographie matérielle, relève de l’histoire culturelle de la littérature. »
Prenant pour objet les traductions françaises de l’espagnol publiées dans la première moitié du XVIIe siècle, elle se propose d’aborder sous un angle nouveau la question de l’apport de la littérature espagnole du Siècle d’or à la littérature française du premier XVIIe siècle. Son originalité dans le traitement de cette question réside à la fois en son approche, parce qu’elle saisit à sa source la réalité de cet apport à travers l’intégralité du corpus des textes espagnols traduits en France (textes historiques, religieux ou scientifiques aussi bien que fictionnels), et en ses méthodes, puisqu’elle prend pour fil rouge de l’enquête la diffusion des textes par le livre imprimé, ce qui l’engage à cerner un phénomène littéraire en retraçant son développement éditorial et en l’appréhendant à travers les problématiques socio-culturelles qu’engage la matérialité du livre.
L’étude s’ouvre sur un panorama général de la diffusion par l’imprimé des textes espagnols en France de 1598 à 1643, consistant en une synthèse raisonnée de bibliographie statistique (exploitée selon la méthode bibliométrique), éclairée par le double contexte de l’histoire littéraire française et du marché du livre national. Une seconde partie, centrée sur les acteurs de cette diffusion, permet de mettre en lumière le rôle des gens de lettres, des professionnels du livre et des mécènes dont les intérêts croisés, se rejoignant autour de la genèse d’une version, président à cette efflorescence de traductions en créant les conditions nécessaires à la vitalité littéraire. Le dernier volet est consacré à « la vie des textes » : en suivant quelques textes choisis dans l’évolution dynamique de leurs mutations à la fois textuelles (transformations du texte par la version) et formelles (changements de « mise en livre »), on explore un âge encore méconnu de l’histoire de la traduction, qui coïncide avec la vogue de l’espagnolisme en France, en analysant l’impact des discours et des pratiques scripturales et éditoriales des traducteurs sur la conception et l’esthétique de l’activité traductrice et, plus largement, le métier littéraire.
Cette étude se comprend donc comme une contribution à l’histoire de la littérature européenne qui se donne pour triple objectif d’offrir une synthèse nouvelle de la diffusion du livre espagnol dans la France du premier XVIIe siècle, de mettre au jour les mécanismes socio-culturels qui soutinrent l’hispanophilie littéraire qui se déclara à la même époque, enfin d’analyser l’esthétique et les principes de l’écriture en traduction antérieurs à l’âge classique français.