Sébastien Rozeaux
Agrégé d’histoire
Mots clés : Brésil, Portugal, XIXe siècle, histoire atlantique, transferts culturels, littérature nationale, espace littéraire mondial.
Type de résidence
Membre de l'EHEHI
Période de résidence
En résidence de septembre 2014 à juillet 2015
Projet de recherche à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
Titre du projet : « L’espace littéraire luso-brésilien, une utopie ? Connexions et réceptions croisées des littératures nationales au Portugal et au Brésil au XIXe siècle (c. 1830 – 1889) »
Ce projet s’inscrit dans l’axe de recherche de l’École des hautes études hispaniques et ibériques intitulé « Horizons atlantiques des sociétés méditerranéennes ». Il propose une histoire renouvelée des connexions du Portugal avec le Brésil au XIXe siècle, au croisement du politique, de l’économique et du culturel, selon une approche susceptible d’ouvrir de nouveaux champs de réflexion sur les « horizons atlantiques » du monde ibérique au XIXe siècle.
Les relations croisées entre les deux littératures majeures de langue portugaise offrent un prisme remarquable pour comprendre la construction identitaire des littératures nationales et la formation des champs littéraires respectifs dans un cadre transatlantique. Les échanges interculturels, qu’ils soient matériels ou immatériels, la réflexion sur les « passeurs », la dialectique de la réception et de l’adaptation d’un modèle perçu comme « dominant » sont au cœur de ce projet. Voilà pourquoi ce dialogue luso-brésilien doit être analysé dans sa réciprocité, quels que soient les déséquilibres manifestes qui sous-tendent les liens entre pôles dominants et « nouvelles provinces » d’Amérique, et ce d’autant plus que la nature et l’importance de ces déséquilibres connaissent de profonds bouleversements au cours du siècle. Je me propose donc de réfléchir à la construction de cet espace fondé sur un équilibre souvent précaire des susceptibilités nationales et des rivalités symboliques, sur la circulation des acteurs et des objets culturels, afin de comprendre comment s’élabore dans la deuxième moitié du XIXe siècle un espace de dialogue réciproque au sein duquel les échanges sont plus équilibrés qu’on pourrait l’imaginer, et qui constitue un relai précieux pour s’affirmer via une identité spécifique dans l’espace littéraire mondial.