Tertulia en Casa

Voces, cuerpos y saberes de lo femenino entre literatura y filosofía: tras las huellas de Teresa de Jesús


Le 23 novembre, à 18h00, à la Casa de Velázquez, « Tertulia en Casa » autour d’Ana Garriga et Verónica Tartabini, pour explorer les liens entre pensée féminine, héritage spirituel et création intellectuelle, de Teresa de Jesús à María Zambrano.

Informations pratiques

  • Date : lundi 23 novembre 2026 
  • Horaire : 18:00 à 20:00h
  • Casa de Velázquez | Madrid, Ciudad Universitaria
  • Langue : espagnol

Entrée sur inscription (gratuite) préalable
Inscription via le formulaire en ligne
Le formulaire sera activé prochainement


↪ Activité organisée dans le cadre du programme d'activités scientifiques du Madrid Institute for Advanced Study - MIAS
 

Intervenantes

Ana Garriga est chercheuse en culture et en pratiques de l’écrit dans l’Espagne de la première modernité. Depuis 2026, elle bénéficie d’un contrat postdoctoral à l’Institut de langue, littérature et anthropologie du CSIC, dans le cadre d’un contrat d’attraction de talents César Nombela. 

Elle a obtenu son doctorat à l’Université Brown en 2024, après un premier doctorat à l’Université autonome de Madrid en 2017. Elle y a soutenu une thèse intitulée Teresa de Jesús en el laberinto de sus cartas, qui lui a valu le Prix extraordinaire de doctorat.

Elle a bénéficié d'une résidence de recherche post-doctorale du MIAS - Madrid Institute for advanced Study durant l'année 2023-2024.

Elle est coautrice, avec Carmen Urbita, de Instrucción de novicias. Vidas del convento barroco para guiar tu presente (Blackie Books, 2026) et de l’essai Oro líquido. Desorden literario, crisis y alquimia en la España del siglo XVII (Alianza, 2026).

Verónica Tartabini est chercheuse en philosophie espagnole, spécialisée dans la mystique et la pensée de María Zambrano. Elle enseigne actuellement la pensée espagnole et ibéro-américaine à la Faculté de philosophie et lettres de l’Université autonome de Madrid (UAM) et exerce les fonctions de project manager au Madrid Institute for Advanced Study (MIAS). 

Elle est titulaire d’un doctorat en études hispaniques de l’UAM, avec mention internationale, et a achevé en 2025 une recherche postdoctorale en tant que Stirling Maxwell Fellow à l’Université de Glasgow (Royaume-Uni).

Elle est l’autrice de Carmelo Descalzo y Humanismo: itinerarios de hermosura y dignidad entre España e Italia (Fonte, 2025). Parmi ses publications récentes figurent « Humanismo místico desde Italia hacia España: Marsilio Ficino en diálogo con Teresa de Jesús y Juan de la Cruz en la encrucijada del neoplatonismo renacentista » (Rocinante, 2026) et « M. Zambrano y J.J. Rousseau: una unión mística con la naturaleza en consonancia con San Juan de la Cruz » (Brill, 2026). Elle a donné des conférences dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique.

 

Présentation

Dans la première partie de la rencontre, conçue comme un échange autour des voix, des corps et des savoirs du féminin dans l’univers thérésien, Ana Garriga proposera un parcours littéraire et historique à travers les figures de Thérèse de Jésus et de sa disciple, María de San José. 

Je suis mue par un désir très ardent, qui embrase toujours mon cœur, pour le bien de toutes mes sœurs, tant celles qui sont présentes que celles qui viendront : peu de phrases résument avec autant de force le féminisme communautaire et l’espérance tournée vers l’avenir qui ont guidé l’action des premières générations de carmélites déchaussées. 

Ces mots ont été écrits par María de San José dans ses Consejos que da una priora a otra que ella había criado (Conseils d’une prieure à une autre qu’elle avait formée). 

À travers une narration croisée visant à mettre en dialogue les premiers écrits didactiques de Thérèse de Jésus avec l’héritage transmis à sa disciple la plus illustre — María de San José, prieure du couvent des carmélites de Séville —, cette intervention entend ouvrir une réflexion sur les pratiques de résistance transhistorique et les formes d’écriture marginales. Celles-ci nous révèlent d’autres manières d’appréhender la production des savoirs à l’aube de la modernité. 

Dans la seconde partie, Verónica Tartabini propose une réflexion philosophique sur le féminin, fondée sur un dialogue entre la pensée de Thérèse d’Avila et celle de María Zambrano. 

Son analyse explore l’empreinte du magistère littéraire et spirituel de Thérèse sur la philosophie de Zambrano, et montre comment ces deux penseuses s’inscrivent dans une tradition hispanique cherchant à articuler le sacré et l’humain, la raison et les profondeurs de l’expérience vécue. Dans cette perspective, la « raison poétique » de Zambrano se présente comme une forme de connaissance aux racines maternelles — liée à l’héritage thérésien — qui accueille l’altérité et reconnaît, dans l’amour, une voie de connaissance et de réconciliation. 

À l’opposé d’une rationalité qui prétend dominer la réalité par la logique, ce savoir pénètre les profondeurs de l’existence pour dévoiler le caractère sacré de la vie et ouvrir de nouvelles pistes pour comprendre les blessures historiques, notamment celles engendrées par la violence fratricide de la guerre civile espagnole. Zambrano dialogue avec des figures majeures de la tradition spirituelle et intellectuelle hispanique, telles que Jean de la Croix et Miguel de Unamuno ; elle reconnaît en Thérèse d’Avila une maîtresse privilégiée de la pensée libre et de la dignité humaine. 

Thérèse incarne ainsi une sagesse qui anticipe la pensée de Zambrano — et trouve en elle un écho — ; une sagesse capable de transcender les oppositions établies et de favoriser des retrouvailles entre le cœur humain et le cœur de l’univers.