La lettre diplomatique tire son argument d'une réalité très généralement reconnue des diplomatistes : ils manipulent des textes qui empruntent au genre épistolaire. Durant le haut Moyen Âge, de nombreux actes étaient rédigés sous forme d'épître, en conservant de la rigueur formelle du genre l'adresse et le salut. Ce ne fut qu'à partir de l'époque carolingienne que l'acte diplomatique prit ses distances pour acquérir des caractéristiques formelles qui l'éloignèrent de la forme épistolaire. Celle-ci ne disparut toutefois pas. Elle redevint même prépondérante à partir du XIIIe siècle et du renouveau de l'ars dictaminis dans l'Occident chrétien. Le présent ouvrage explore ce jeu d'attraction entre les genres, le va-et-vient formel et fonctionnel de l'acte à la lettre, et les enjeux d'écriture, de pouvoir et de mémoire découlant de cette hybridation.
Jesús Alturo i Perucho
Las epístolas en la Cataluña altomedieval. Un primer censo y algunas características
María Luisa Pardo Rodríguez Epistulae y género epistolar en la documentación del Poder real. Noroeste peninsular (siglos IX-XII)
Maria Helena da Cruz Coelho
A Chancelaria de Sancho I (1185-1211). Considerações sobre a influência do modo epistolar na redação e escrita de alguns atos
Benoît Grévin
L’ars dictaminis en Castille au XIIIe siècle.
Théories, modèles, pratiques
María Josefa Sanz Fuentes
La epístola romana y su pervivencia en la cancillería castellana (1400-1450)
Laurent Morelle
Tournures épistolaires et usages de la lettre. L'écriture administrative de Lambert évêque d'Arras (1093/1094-1115)