Marius Loris Rodionoff
Docteur en histoire contemporaine
Mots clés : Maghreb contemporain et du temps présent, colonisation et de la décolonisation, Histoire de la France au XXe siècle, Histoire de l’Algérie au XXe siècle, Histoire de l’Espagne au XXe siècle, Histoire du Maroc au XXe siècle, Histoire culturelle, Histoire sociale, Histoire du fait guerrier, Histoire des mondes méditerranéens
Type de résidence
Membre de l'EHEHI
Période de résidence
En résidence de septembre 2019 à juillet 2020
Projet de recherche à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
Titre du projet : « Une socio-histoire des officiers de l’armée espagnole au Maroc en 1936 »
Il s’agit d’un projet d’histoire sociale des officiers espagnols au Maroc. Qui sont les acteurs de l’armée espagnole au Maroc à la veille de la guerre civile (1936) ? Si on connaît leur rôle global dans l’histoire politique de l’Espagne et de ses colonies, que peut-on dire de ces officiers subalternes qui ont entraîné avec eux la masse des soldats stationnés au Maroc ? D’ailleurs, l’avantage d’étudier les dossiers de carrière en 1936 permet aussi de comprendre ce que sont devenus ces officiers pendant la guerre civile et au-delà, à savoir s’ils sont restés fidèles à la République ou s’ils ont suivi les troupes de Franco.
A travers ce projet, une série de questions se posent. La domination hiérarchique exercée par les chefs se double-t-elle d’une domination sociale ? Qui sont les bons chefs, c’est-à-dire ceux reconnus par l’institution militaire, et quels sont leurs parcours et leurs aptitudes sociales ? Y a-t-il des différences entre les officiers des différentes armes (tercios, regulares, corps techniques, officiers indigènes) dans la trajectoire de leur carrière et leur avancement ? Peu nombreux, les officiers indigènes devront néanmoins être étudiés de près pour comprendre leur rôle particulier au sein d’une armée coloniale.
En se basant sur les dossiers de carrière des officiers, la prosopographie permet donc de croiser plusieurs facteurs pour faire un portrait collectif de ces chefs. Les méthodes quantitatives permettent de mener une analyse factorielle en croisant les données issues des dossiers de carrière : l’origine sociale et géographique de l’officier, ses différentes affectations, ses promotions, ses blessures, ses récompenses, ses sanctions ou encore sa notation. La régression logistique est une méthode permettant de mesurer le fameux « toute chose égale par ailleurs », elle sera utile également. Ce travail permet ensuite de jouer sur le changement d’échelle du social, en passant de l’échelle macro à l’échelle microhistorique. L’étude quantitative est une méthode pour travailler sur des parcours singuliers ou représentatifs au sein de cette armée coloniale.