Manuel Cervera -Marzal
Docteur en science politique
Mots clés : Podemos ; Parti politique ; Mouvement social ; Peuple ; Démocratie ; Stratégie ; Militantisme ; Histoire sociale des idées ; Sociologie ; Théorie politique
Type de résidence
Membre de l'EHEHI
Période de résidence
En résidence de septembre 2017 à juillet 2018
Projet de recherche à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
Titre du projet : «Dans la rue et dans les urnes ? Une sociologie des partis-mouvements et du tiraillement militant à partir du cas de Podemos. »
Une tentative de s’intégrer au système politique et une tentative d’en subvertir les règles cohabitent au sein de Podemos. Comment une organisation peut-elle abriter ces deux logiques antagoniques sans se disloquer ? Comment franchir le seuil des institutions tout en continuant à s’investir dans des mouvements sociaux ou des syndicats ? Comment des militants initialement investis dans la rue, sur les places dans les universités et dans les entreprises apprivoisent-ils leur nouveau rôle d’élus ? Et comment les institutions sont-elles remodelées par l’irruption d’une nouvelle génération ? Cette recherche s’appuie sur une méthodologie plurielle : récits de vie et entretiens collectifs ; immersions au sein des instances de Podemos et au sein d’institutions cogérées par Podemos ; analyse d’archives.
Ce dispositif d’enquête permet de tester deux hypothèses. La première est qu’un parti-mouvement ne se réduit pas à la somme de ses deux composantes : il produit de nouvelles façons de militer, de s’organiser et de gouverner. Ma deuxième hypothèse est que le tiraillement entre normalisation et contestation, loin de fragiliser la cohésion interne, stabilise l’organisation militante en reléguant au second plan les autres types de divisions. A cette sociologie du militantisme s’ajoute une histoire sociale des idées politiques mobilisées par les dirigeants-fondateurs de Podemos (« hégémonie », « peuple », « démocratie », « stratégie »). Il s’agit d’interroger la façon dont ces idées évoluent à mesure qu’elles circulent entre des auteurs (Gramsci, Mouffe et Laclau, Errejon et Iglesias), des espaces (l’Italie des années 1920, l’Amérique latine des années 1980, l’Espagne des années 2010) et des univers (académique, médiatique, politique).