Hector Ruiz
Agrégé d'espganol
Mots clés : Tragédie ; Dramaturgie ; Histoire du théâtre ; Relaciones de fiestas ; Image ; Effet de réponse ; Littérature du Siècle d’or ; Culture visuelle de l’époque moderne.
Type de résidence
Membre de l'EHEHI
Période de résidence
En résidence de septembre 2017 à juillet 2018
Projet de recherche à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
Titre du projet : « La puissance de l'image : la représentation de la mort dans le théâtre tragique espagnol du XVIe siècle. »
Ma thèse porte sur la tragédie espagnole sous le règne de Philippe II et ses rapports avec la culture visuelle contemporaine. J’étudie précisément une scène récurrente dans le genre tragique, qui constitue une séquence où l’on dévoile un tableau vivant du cadavre : un récit ou une hypotypose prépare une image mentale truculente et terrible, puis cette image est dévoilée sur la scène, où l’on voit le ou le(s) personnage(s) tué(s) dans la tragédie ; ce dévoilement est suivi d’une réaction émotionnelle et somatique des personnages, relais du spectateur sur la scène, nous informant de l’efficacité présumée de l’image et orientant la réception de celle-ci dans le cadre de la tragédie. Cette séquence correspond à l’effet spécial appelé apariencia, qui a son tour peut être compris comme une catégorie imaginaire transversale à la culture visuelle de l’époque moderne.
L’apariencia est une image destinée à être vue, à l’être collectivement, par le moyen d’un dévoilement, et elle vise ou provoque une réaction émotionnelle. Il s’agira tout d’abord d’étudier cette image dans des réalisations matérielles contemporaines (couvertures de livres, architectures, rituels) pour en comprendre l’efficacité, déterminée par le cadre –le mode d’apparition- plus que par un contenu univoque –par exemple le spectacle de la mort des tragédies-. Cette polyvalence du dispositif m’oblige par ailleurs à mesurer son importance dans l’ensemble du corpus dramatique contemporain (fin XVIe : autos, consuetas, manuscrits du comte de Gondomar). En défendant une méthodologie comparatiste et une approche texte-image des théories de la réponse à –ou des pouvoirs de- l’image, je tenterai de définir cette apparition de la mort que l’on dévoile et son efficacité propre, afin de mieux comprendre celle de la tragédie.
En parallèle de ma thèse, et suite à mon engagement auprès du projet Góngora du labex Obvil (Université Paris Sorbonne), j’étudie dans une perspective philologique la polémique gongorine, en particulier le gongorisme au Pérou et la figure de Juan de Espinosa Medrano.