Annabelle Marin
Agrégée d’histoire
Mots clés : Femmes, histoire des femmes, noblesse, Castille, pouvoir, transmission.
Type de résidence
Membre de l'EHEHI
Période de résidence
En résidence de septembre 2017 à juillet 2018
Projet de recherche à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
Mes travaux portent sur les questions de pouvoir et d’autorité féminine dans la Castille d’avant Isabelle la Catholique dans un groupe social qui n’a jusqu’à présent fait l’objet d’aucune étude approfondie : celui de la haute noblesse féminine et plus précisément les épouses des hauts dignitaires à la cour des premiers rois Trastamare au XVe siècle. Je formule l’hypothèse de l’existence en son sein d’un ensemble de pratiques et de comportements communs. Ma thèse se propose d’analyser les pratiques de transmission et de gestion des biens patrimoniaux des femmes de la haute noblesse ainsi que leurs relations avec les autres acteurs politiques et sociaux de leur temps.
Pour ce faire, ma démarche se situe à la croisée de l’anthropologie de la parenté et de l’histoire sociale. Les bornes chronologiques de mon sujet sont définies par les évolutions du groupe nobiliaire que j’étudie. Le terminus a quo de l’étude est l’arrivée au pouvoir des Trastamare à la fin du XIVe siècle tandis que le terminus ad quem se situe quant à lui dans les années 1520, date de la création de la Grandeza. J’utilise les outils de la prosopographie pour mettre en valeur la structure sociale de mon groupe.
L’étude de ces femmes constitue donc un observatoire privilégié pour réévaluer le rôle de la femme noble à la fois à l’échelle de la sphère familiale en proposant des éléments pouvant enrichir l’étude de la famille noble castillane mais aussi, à l’échelle de la Castille, à travers l’étude de leurs interactions avec les acteurs du temps. En définitive, il s’agit d’étudier la praxis des femmes de la haute noblesse féminine pour voir si elles se révèlent être des femmes de pouvoir. Au-delà des fonctions qui lui sont traditionnellement assignées telles que la médiation ou encore le mécénat religieux et culturel, la femme noble transmet et gère des terres, acteur à part entière des changements politiques, sociaux et économiques de son temps.