Eneko Hiriart
Docteur en Archéologie
Type de résidence
Membre de l'EHEHI
Période de résidence
En résidence de septembre 2016 à juillet 2017
Projet de recherche à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
Titre du projet : « Les débuts du monnayage en Occident : circulations, interactions et métissages dans le nord de la péninsule Ibérique à l’âge du Fer »
Ce programme prend en considération les domaines méditerranéen et atlantique, deux horizons géographiques et humains très différenciés. Le nord de l’Espagne est effectivement occupé par plusieurs ensembles ethniques – les Ibères, les Vascons et les Celtibères – qui se distinguent par une langue et une tradition matérielle singulière. Ces groupes partagent toutefois plusieurs traits communs et entretiennent de nombreux contacts. Dès lors, on s’interroge sur la manifestation archéologique de ces particularités, sur la nature des contacts et, de façon globale, sur les innovations de la période. Parmi celles-ci, je porte une attention particulière au développement de la monnaie, en vue de mieux percevoir les réalités ethniques, les échanges, les changements politico-culturels, ainsi que les influences. Pour répondre à ces problématiques, mon projet de recherche s’articule en deux parties interdépendantes. En relation avec mon travail de recherche personnel, un premier volet entend étudier les conditions d’apparition des innovations dans les domaines ibères et celtibères, à l’âge du Fer. Une seconde partie sera consacrée au développement de projets au sein de la Casa de Velázquez : initier un programme collectif ayant pour objectif la mise en commun et la spatialisation des données archéologiques disponibles en péninsule Ibérique.
1) Les innovations : reflets d’un monde en mouvement
Tout d’abord, l’apparition de pratiques innovantes figure parmi les critères qui permettent de mesurer la transformation des sociétés. À l’âge du Fer, de nombreuses innovations modifient structurellement l’économie et la société (meule rotative, artisanat du métal, monnaie...). Ces nouveautés sont souvent étudiées au cas par cas, et cela au détriment d’une vision globale. Mon projet vise à appréhender la pluralité des innovations, les interactions qu'elles génèrent et les circuits qu’elles empruntent. Il s'agit de cerner le rôle et la combinaison de ces innovations dans l’évolution économique et sociale que vit l’Ibérie protohistorique. La monnaie, en tant qu’élément identitaire et marqueur économique, occupe une place importante au sein de la réflexion. À travers une approche pluridisciplinaire (archéologique, numismatique et économique), j’entends valoriser la singularité et la complexité des populations ibères et celtibères au regard des principales transformations qu’elles expérimentent. Pour ce faire, je souhaite adopter une méthodologie novatrice, à l’interface entre archéologie, informatique et modèles d’interprétation des données.
2) Atlas de la péninsule Ibérique protohistorique
En deuxième lieu, il s’agit d’instaurer les fondements d’un travail collaboratif axé sur la spatialisation de l’information et la mise en commun des données historiques et archéologiques avec l’élaboration d’un Atlas de la péninsule Ibérique protohistorique. Le développement d’un Système d’Information Géographique ibérique rejoint ce mouvement d’ensemble des humanités numériques. En raison du temps imparti, mes recherches se centrent sur le nord de la péninsule Ibérique. Fondé sur un inventaire des gisements archéologiques de l’époque préaugustéenne, l’ensemble des données recueillies constituera la source de mes réflexions concernant les notions d’échanges, de permanences et de métissages. Il sera ainsi possible de comparer les dynamiques monétaires aux autres évidences culturelles et matérielles, notamment le rôle des centres proto-urbains.