Marjolaine Carles
Histoire moderne
Mots clés : Brésil colonial, XVIIIe siècle, eaux, gestion communautaire, pouvoir, histoire politique, « privé », « public », fontaines, représentation
Type de résidence
Membre de l'EHEHI
Période de résidence
En résidence de septembre 2013 à juillet 2014
Projet de recherche à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
Titre du projet : « Politique des eaux dans le Brésil colonial : le cas de Vila Rica au XVIIIe siècle »
Notre étude consiste à faire ressortir les spécificités de l'expérience coloniale de la gestion des eaux et propose une analyse concrète des enjeux à l'échelle de l'empire portugais au XVIIIe siècle à partir du cas d'étude de Vila Rica, l'ancien siège du gouverneur de la capitainerie des Minas Gerais (Brésil). Par son poids politique et symbolique dans le cadre impérial portugais de cette époque, la ville minière représente un excellent observatoire pour comprendre la place de la gestion des eaux dans la dynamique de colonisation. Dans un monde en construction, nous tentons de dégager les enjeux d'appropriation de la ressource. Les disputes qui survinrent entre les différents protagonistes impliqués dans le contrôle de l'eau relevaient des droits d'accès, des droits d'usage et du partage. Ces conflits se trouvent au cœur de la principale problématique de notre recherche, celle de l'évolution de la valeur politique de l'eau. De fait, il s'agit de saisir l'influence de la gestion communautaire des ressources hydriques au sein du processus d'amélioration de l'exercice du pouvoir. Sur un territoire isolé où l'eau était abondante, la rhétorique d'un projet municipal des eaux gratuites révèle une volonté de promouvoir leur distribution publique au moyen d'infrastructures hydrauliques chargées d'une dimension esthétique. Véritables instruments politiques au service de la population coloniale, les fontaines étaient révélatrices d'un régime et d'une civilité propres. Cette prestigieuse manifestation de la politique des « eaux publiques » selon les modalités métropolitaines est apparue dans l'espace colonial où se faisaient front différentes sphères du pouvoir. En somme, nous cherchons à démontrer en quoi la politique de l'eau était une préoccupation centrale pour la monarchie, pour la municipalité et pour la population, mêlant intérêts « communs » et intérêts « particuliers ».