Artistes en résidence 2023-2024


Tereza Lochmann

À partir de ses observations des corridas et des fêtes populaires espagnoles, Tereza Lochmann développe un projet intitulé “Jouer aux bêtes”. Elle se positionne comme une observatrice active désireuse d'apprendre et de comprendre ces pratiques populaires, ce qui confère à son projet une dimension anthropologique. L'Espagne devient le terrain d'une recherche qui tourne autour de deux thèmes complémentaires : la confrontation homme-animal dans le combat ritualisé de la tauromachie ; la transposition du corps humain et du corps animal dans les fêtes populaires.

Olivia Funes Lastra

Prenant comme point de départ une œuvre de María Zambrano, Claros del Bosque, Olivia Funes Lastra réalise, durant sa résidence, des séries de peintures textiles et de textes en correspondance avec la voix de la philosophe espagnole. Les toiles, avec leur caractère nomade, constituent des peintures itinérantes qui se déploient dans l'espace. Les fragments en mouvement se rapprochent et s'éloignent, les langues se superposent et les couleurs s'assemblent, créant ainsi des installations poétiques vivantes.

Assoukrou Aké

Assoukrou Aké, artiste multidisciplinaire, explore librement diverses formes plastiques allant de l'installation à la sculpture, en passant par la gravure et les œuvres textiles, pour élaborer ce qu'il appelle « un récit de guérison ».À la croisée des disciplines, les discours poétiques, philosophiques, psychanalytiques et médicaux dialoguent, créant ainsi un univers complexe où se mêlent de nombreuses références. Ses œuvres s'inspirent de la mythologie africaine et de l'iconographie du Siècle des Lumières, des allégories sacrées, de la littérature européenne classique, des rites profanes et de la photographie de presse.

Marta Pérez Campos

Marta Pérez Campos cherche à savoir s'il existe une manière d'intervenir dans des situations d'"incommunication", lorsque quelque chose échoue dans un échange d'informations. Ses derniers projets, centrés sur le langage et le livre d'artiste, s'inscrivent dans cette spéculation sur ce qui est supposément erroné. Contre les visions dystopiques ou anthropocentriques de l'IA, Goodbye, World! explore comment une IA décide de ne plus fonctionner de la manière attendue et commence à faire quelque chose que nous considérons propre à l'espèce humaine : se consacrer à la création artistique et à réfléchir sur ce qu'elle perçoit à travers internet ou le Monde.

Bilal Hamdad

L'œuvre de Bilal Hamdad se concentre en grande partie sur la capture de situations quotidiennes authentiques, en représentant la foule et le groupe. Cet angle d'approche lui permet d'expérimenter avec la composition et le mouvement des corps dans l'espace, créant ainsi une narration visuelle dynamique. Ses compositions s'inspirent d'une multitude d'images saisies de la vie quotidienne et de l'actualité.

Manon Delarue

Le projet que Manon Delarue développe à la Casa de Velázquez s'articule autour de la construction du désir, en se concentrant particulièrement sur les folies érotiques. Elle examine comment une société, à la fois sur le plan culturel et politique, façonne notre imaginaire sexuel. La mort, l'extase et l'exaltation se mêlent à l'érotisme, créant dans son œuvre une fusion entre le tragique et le sublime. À travers ses dessins, elle confronte le spectateur à ce qui ne se dit pas et qui pourtant nous attire : que révèle l'immoralité de nos fantasmes ?

Bahia Bencheikh-el-Fegoun

Bahia Bencheikh-El-Fegoun cherche à reconsidérer la mémoire féminine en racontant l'histoire des femmes condamnées, torturées et exécutées par les autorités ecclésiastiques, accusées de sorcellerie. Son étude mythologique et occultiste fait ainsi dialoguer la figure médiévale et contemporaine de la sorcellerie avec les revendications féministes actuelles. La cinéaste poursuit en Espagne le travail qu'elle a commencé aux États-Unis lors de sa résidence à la Villa Albertine, pour rassembler des histoires de féminicides, de féminité cachée et de luttes féministes, au-delà des frontières spatio-temporelles. Elle se concentre en particulier sur la figure complexe de Taos Amrouche, ancienne résidente de la Casa de Velázquez en 1941-1942, écrivaine et chanteuse berbère, qui aurait pu être à l'origine du chant sacré entonné à New York

Vincent Cardoso

Pendant sa résidence à la Casa de Velázquez, Vincent Cardoso poursuit son travail sculptural à travers une relecture personnelle, tendre et grotesque de l'histoire de l'art statuaire. Qu'il s'agisse de paysages, de personnages/figurines ou de fragments de corps, ses sculptures nous plongent dans un univers onirique. À la recherche d'un plaisir enfantin de manipuler la matière et de la malléabilité, sa pratique artistique devient pour lui le lieu d'une exaltation du volume et d'une exaltation sensuelle.

Daniel Alvarado

>En résidence à la Casa de Velázquez, Daniel Alvarado Bonilla travaille sur la composition de sa pièce "Vestigios" (Vestiges), évoquant les notions de rituel et de lamentation. Son point de départ est le conflit colombien et elle s'articule autour d'une question centrale : comment représenter, à travers les sons et la musique, le chagrin de la guerre ? Empruntant à la poétesse María Mercedes Carranza ainsi qu'au folklore colombien, cette pièce s'élève autour de la question de vestige, élément symbolique et connoté, traité de sorte qu'il devienne aussi un composant purement sonore et musical à l'intérieur de l'oeuvre.

Bastien David

Passionné par la diversité du monde vivant, Bastien David explore au travers de sa musique les formes de vie du sonore. Les relations sensibles que tissent les sons entre eux ainsi que  leur capacité à se mouvoir dans le temps et l'espace constituent les fondements de son inspiration. Le compositeur conçoit le son comme une empreinte des mouvements des êtres vivants, du battement d'ailes de l'oiseau à la main du musicien. Ses compositions s'inspirent de la subtilité et de la spontanéité de la nature. Il s'efforce d'interpréter la manière dont les sons existent, naissent, vivent et meurent, à l'image des êtres vivants.

Nicolás Combarro

À la Casa de Velázquez, Nicolás Combarro développe "La materia de la amnesia", un projet qui réfléchit sur le système architectural de répression du franquisme à partir de la soulèvement militaire et du système de camps d'internement en France qui commence avec la loi sur les étrangers "indésirables". La méthodologie artistique se croise et s'inspire de travaux historiques, anthropologiques et archéologiques pour compiler et réfléchir sur ces systèmes de répression. Le projet combine la photographie de création contemporaine, le collage, la sculpture, la vidéo et les archives pour tenter de comprendre et de représenter un réseau de violence qui a duré des décennies, cherchant un pont symbolique et matériel pour contrer l'amnésie et le silence.

Gala Hernández López

À la Casa de Velázquez, Gala Hernández López développe HODL, un film qui explore les liens entre crypto-monnaies, pensée magique et développement personnel sous la forme d'un collage de vidéos Youtube, d'images générées par l'IA et de séquences 16 mm. Dans une perspective féministe, matérialiste et critique, la cinéaste clôt sa première trilogie de courts-métrages avec ce film dans lequel elle propose un portrait de la crypto-communauté comme une mise à jour de la célèbre formule de Walter Benjamin "le capitalisme comme religion". Avec cette œuvre, l'artiste explore un territoire hybride, entre fiction et documentaire, entre surréalisme et ethnographie.

Regina Quesada

Dans son projet "Piedras: Sobre una geología del territorio", Regina Quesada propose un discours graphique et théorique personnel pour explorer la connexion cyclique de l'être humain avec la terre. Pour ce faire, l'artiste crée un imaginaire graphique-linéaire de l'objet représenté (la pierre) comme une forme en constant état de changement et de mouvement dans un espace-temps intemporel. Cette recherche se présente comme une expédition personnelle anthropologique, géologique et archéologique. Elle vise un dialogue infini sur ces formes errantes qui généreront un vide où le visible deviendra invisible, et où la forme, à partir de cette invisibilité, renaîtra.

Camille Zéhenne

À travers des pratiques mixtes - vidéo, performance et écriture -, Camille Zéhenne analyse des thèmes qui structurent et imprègnent nos sociétés contemporaines. Lors de sa résidence à la Casa de Velázquez, la cinéaste a focalisé ses recherches sur des thématiques liées à la péninsule ibérique. En combinant des approches ethnologiques, sémiotiques et artistiques, elle remet en question les constructions sociales que nous avons intégrées comme des normes. Les extraits d'archives et des réseaux sociaux se mêlent aux images enregistrées pendant son immersion. Ainsi, la diversité des sources permet aux concepts de se superposer; ce qui est subliminal n'a plus rien de subtil ni de caché.