C’est dans cet esprit que nous nous apprêtons à célébrer, le jeudi 11 juin, les Nocturnes de la Casa de Velázquez. Moment de partage et d’aboutissement d’une année de résidence, cette soirée exceptionnelle mettra à l’honneur le travail développé depuis septembre 2025 dans les ateliers de l’Académie de France à Madrid. Pensée comme une traversée ouverte entre exposition, performances et projections, cette nouvelle édition donnera à découvrir les univers des artistes résidents de la promotion 2025-2026 à travers une soirée placée sous le signe du dialogue entre disciplines, langages et sensibilités. La soirée s’articulera autour de l’inauguration de l’exposition Devenir(s), accompagnée d’un programme conçu spécialement pour l’occasion, mêlant lecture, danse, performance, projections et peinture en direct. Autant de propositions qui viendront faire résonner, le temps d’une nuit, la diversité des pratiques et des recherches qui animent aujourd’hui la création contemporaine au sein de notre institution.
Cette dynamique d’aboutissement et de diffusion se prolongera également hors les murs à travers la participation de Raphaëlle Peria au festival PHotoESPAÑA 2026. Avec le soutien du fonds d’aide à la production de la Casa de Velázquez, l’artiste présentera du 5 juin au 27 septembre au Círculo de Bellas Artes son exposition Ruina Montium, une série consacrée aux paysages de Las Médulas, dans la province de León, marqués à la fois par l’histoire de l’exploitation minière romaine et par les traces plus récentes des incendies. À partir de photographies qu’elle retravaille minutieusement par incision et effacement, Raphaëlle Peria fait émerger une matière visuelle où mémoire géologique, empreinte humaine et geste artistique se superposent dans une même stratigraphie sensible.
Une volonté de faire circuler les œuvres, les idées et les recherches trouve également un écho particulier dans notre activité éditoriale, qui constitue l’un des prolongements essentiels des projets portés au sein de la Casa de Velázquez. Le mois de juin sera ainsi marqué par notre participation à la 85e édition de la Feria del Libro de Madrid, grand rendez-vous du monde éditorial hispanophone qui se tiendra cette année encore au parc du Retiro. Aux côtés de l’Union des éditeurs universitaires espagnols (UNE), la Casa de Velázquez y présentera ses dernières publications en histoire, en littérature et en sciences humaines, témoignant de l’attention constante que nous portons à la diffusion de la recherche et des savoirs. Plusieurs rencontres et séances de signatures viendront ponctuer cette présence tout au long de la foire, offrant l’occasion d’échanger avec certains auteurs et autrices autour des ouvrages récemment parus dans nos collections.
Autre temps fort de ce mois de juin : les Journées européennes de l’archéologie, auxquelles la Casa de Velázquez consacrera, du 16 au 18 juin, un programme spécialement conçu autour des enjeux de coopération internationale et de recherche en réseau. Depuis plus d’un siècle, notre institution joue en effet un rôle majeur dans le développement des sciences archéologiques en péninsule Ibérique et en Afrique du Nord, à travers de nombreux projets de terrain, collaborations scientifiques et partenariats interinstitutionnels qui n’ont cessé de nourrir les échanges entre chercheurs, méthodes et traditions de recherche. À travers une série de rencontres ouvertes au public, cette édition 2026 des JEA proposera ainsi de revenir sur la vitalité de ces dynamiques collectives et sur leur importance pour l’avancée des connaissances comme pour la préservation et la transmission du patrimoine. Le lancement de ces journées sera également marqué par la remise des insignes de l’ordre des Palmes académiques à la professeure Dirce Marzoli, ancienne directrice de l’Institut archéologique allemand de Madrid, en reconnaissance de son engagement remarquable en faveur du dialogue scientifique européen et du développement des coopérations archéologiques internationales.
Le calendrier des activités scientifiques se déploiera, lui aussi, tout au long du mois de juin à travers plusieurs colloques et rencontres qui témoigneront de l’ouverture internationale et de la diversité des recherches accompagnées par la Casa de Velázquez. Les 4 et 5 juin, le programme CHIMER organisera à Macao une rencontre consacrée aux mobilités, aux communautés et aux environnements maritimes en Asie orientale à l’époque moderne, en explorant les circulations humaines, politiques et culturelles entre l’océan Indien et le Pacifique. Le 16 juin, le réseau ResEFE proposera quant à lui un séminaire dédié aux approches de vision par ordinateur appliquées à l’archéologie et aux nouveaux outils de cartographie par télédétection. Enfin, les 22 et 23 juin, le colloque organisé à l’Université de Lille par le programme PaupMo/IndCo ouvrira une réflexion sur les politiques de prise en charge de la pauvreté entre Espagne et Amérique aux XVIe-XVIIIe siècles.
Un passionnant calendrier de rencontre auquel il nous faut ajouter les trois séminaires du MIAS, qui ponctueront les prochaines semaines d’interventions proposées par David Rodríguez Solás (Solo el pueblo salva al pueblo: protestas y performance de la extrema derecha española, le 8 juin), Judith Mansilla (Entre cuentas y vínculos: la Caja Real de Lima y las tramas sociales del poder fiscal en el siglo XVII, le 22 juin) et Rebecca Jarman (« Los españoles, a salvo » : ayuda humanitaria al Perú después del terremoto de 1970, le 29 juin). Une série de rendez-vous qui nous donne également l’occasion de rappeler l’une des grandes nouvelles du mois dernier : le MIAS a été sélectionné pour développer le projet européen MOTYVES, retenu parmi seulement seize initiatives dans le cadre du programme pilote « Choose Europe for Science » et doté d’un financement de 1,4 M€ via les actions Marie Skłodowska‑Curie. Une distinction qui confirme la place du MIAS comme acteur majeur de l’excellence scientifique européenne et renforce encore son attractivité auprès des talents internationaux.
Un mois de juin placé sous le signe des circulations et des accomplissements partagés, où chacun de ces rendez-vous avec le public contribuera à rappeler que la Casa de Velázquez se construit avant tout comme un lieu de rencontre et d'ouverture.
Nancy Berthier
Directrice de la Casa de Velázquez