Louise Hombert
Sciences politiques
Mots clés : migration, réfugiés, gouvernement local, politiques urbaines, ville-refuge, politique d’accueil, asile, mobilisations collectives
Type de résidence
Membre de l'EHEHI
Période de résidence
En résidence de septembre 2020 à juillet 2021
Projet de recherche à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
Titre du projet : « Les réfugiés et la ville: analyse comparative de la « crise migratoire » comme opportunité politique pour des métropoles européennes. Les cas de Paris et Barcelone. »
Les travaux de Louise Hombert portent sur la question l’appropriation de l’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés par les villes, dans une perspective comparative entre deux métropoles européennes, Paris et Barcelone, ayant toutes deux pour point commun la dénonciation d’un attentisme étatique sur cet enjeu et la revendication d’un statut de “ville-refuge”.
L’hypothèse de recherche de ce projet de thèse est que la « crise migratoire » peut être appréhendée comme une opportunité politique pour ces villes pour s’affirmer et renforcer leur place, tant face au pouvoir central que sur la scène internationale, notamment dans certains réseaux de villes dites solidaires. S’emparer de ce problème peut en effet leur permettre de se positionner sur la scène publique et de construire une image politique « humaniste » par exemple. C’est également l’occasion de fédérer différentes organisations ou initiatives locales, en organisant un modèle de gouvernance plus participatif. En effet, une nouvelle répartition des compétences semble se dessiner, sur les questions d’hébergement ou d’accompagnement socio-administratif par exemple. D’importantes initiatives ont été mises en place dans un grand nombre de villes européennes, tant par les pouvoirs locaux que par les associations, ces dernières ayant acquis une place grandissante dans la gestion des problématiques liées aux migrants et aux réfugiés. Enfin, des habitants – collectifs de citoyens, réseaux de voisinage – se sont montrés particulièrement actifs pour répondre aux besoins des nouveaux arrivants et solliciter fortement les pouvoirs publics. L’accueil et l’intégration des réfugiés pourraient alors être analysés sous l’angle du projet urbain, pour reprendre l’expression de Gilles Pinson, devenant un « instrument de mobilisation sociale » (Pinson, 2005) et reconférant de l’indépendance et de l’autonomie au système d’acteurs locaux.
Ces phénomènes (réappropriation du problème de la crise des réfugiés par la ville et émergence d’une nouvelle répartition des compétences entre pouvoir local, associations et société civile) semblent se retrouver dans plusieurs villes européennes. De cette situation apparaîtrait une dynamique interurbaine européenne, jouant sur la coopération “city-to-city”, afin de se passer de l’échelon étatique. Plusieurs mouvements se dessinent, comme Solidarity Cities ou le manifeste We, cities of Europe, rassemblant d’importantes métropoles et villes qui toutes dénoncent les manquements de l’Etat face à ces questions et cherchent à se constituer en réseau pour partager leurs initiatives, leurs réussites et leurs problèmes.