Pour ouvrir ce mois, c’est donc avec grand plaisir que je vous invite à découvrir la composition de la 117e promotion de chercheurs et chercheuses de l’École des hautes études hispaniques et ibériques (EHEHI), ainsi que celle de la 97e promotion d’artistes en résidence de l’Académie de France à Madrid. J’en profite pour adresser mes chaleureuses félicitations à l’ensemble des lauréats, qui rejoindront Madrid après l’été et seront accompagnés d’autres résidents — boursiers de longue ou courte durée, fellows du MIAS notamment — pour donner ensemble le ton de cette nouvelle année, à partir de septembre 2026.
Je me réjouis également d’annoncer la composition de l'équipe des directeurs des études qui m'accompagneront dans le cadre de mon deuxième mandat : Aurélien Montel, pour la section ancienne et médiévale, et Guillaume Hanotin, pour les époques moderne et contemporaine, ainsi que pour le temps présent et les sciences sociales. Ils prendront leurs fonctions en septembre, à la suite de Gwladys Bernard et Luis González Fernández, dont les deux mandats respectifs s’achèvent à la fin de cette année universitaire. Je suis par ailleurs très heureuse de pouvoir annoncer le renouvellement de Claude Bussac au sein de la direction des études artistiques pour un deuxième mandat.
Deux nominations et un renouvellement qui s’inscrivent pleinement dans la dynamique que nous portons collectivement avec l'ensemble des équipes autour du projet d'établissement mis en oeuvre à partir de 2022 : porter l'excellence en matière de recherche et de création, renforcer les dialogues entre disciplines, encourager les formes d’expérimentation et accompagner, avec exigence et ambition, les évolutions de notre institution à l’approche de son centenaire.
Pour ce qui est de la programmation qui nous attend dans les prochaines semaines, que dire sinon qu’elle est placée sous ce même présage qui unit avec finesse accomplissement et continuité.
Nous nous retrouverons ainsi ce jeudi 7 mai à pour notre festival multidisciplinaire Desplazarse. Un événement, conçu comme un laboratoire en mouvement ouvert au public, qui explore la notion de déplacement dans toutes ses dimensions. Pensé à la croisée de la création et de la recherche, Desplazarse réunit artistes et chercheurs — résidents ou invités — autour d’un programme foisonnant mêlant performances, installations, musique, pensée et expériences sensibles. Cette édition, coorganisée avec Infinito Delicias et placée sous le commissariat de Pedro G. Romero, s’articule autour du thème « Un día. El flamenco, campo de desplazamiento », invitant à envisager le flamenco comme un espace de circulations, de tensions et de métissages. Une journée immersive, rythmée par des propositions simultanées, que nous avons hâte de partager avec vous !
Le 18 mai, un autre événement incarnera également de la plus belle des manières ce trait d’union que nous évoquions plus tôt. Notre concert annuel nous invitera à profiter pleinement du travail de Brendan Champeaux, compositeur actuellement en résidence, mais aussi de celui de Fernando Fiszbein, résident l’année dernière et de retour spécialement pour l’occasion. Interprété par l’Ensemble L’Itinéraire, l’une des grandes références européennes de la création contemporaine, le concert se tiendra à l’Auditorio Nacional de Música en collaboration avec le Centro Nacional de Difusión Musical (CNDM).
Notre calendrier de rencontres scientifiques sera pour sa part concentré sur la fin du mois. Les 21 et 22 mai, la Casa de Velázquez accueillera le colloque conclusif du programme PROCURATÈLES, consacré à l’expérience procuratorienne dans l’Empire romain, qui s’est penché durant trois ans sur les relations entre les procurateurs, leurs subalternes et les populations administrées, ainsi que les formes d’autorité et de représentation du pouvoir impérial au plus près des réalités locales. Les 25 et 26 mai, le programme IBERPRO organisera à Valence un colloque-atelier international dédié à l’étude des groupes professionnels et de leurs rapports avec les États autoritaires dans la péninsule Ibérique au XXe siècle, ouvrant une réflexion à la fois méthodologique et comparative à l’échelle des différents contextes nationaux. Enfin, du 26 au 28 mai, la Casa de Velázquez accueillera le 5e colloque international du programme HISTEMAL, qui abordera les enjeux contemporains de l’écriture de l’histoire face aux « dernières catastrophes », en interrogeant les notions de responsabilité, d’éthique, de mémoires en conflit et les tensions actuelles qui pèsent sur les pratiques historiennes. À ces rencontres s’ajouteront, comme toujours, les séminaires du MIAS, qui viendront ponctuer le mois de nouvelles interventions ouvertes au public et accessibles en lignes.
Un mois riche en rencontres et en perspectives, qui illustre la circulation féconde des idées, des pratiques et des regards, à l’image de celles et ceux qui la font vivre au quotidien.
Nancy Berthier
Directrice de la Casa de Velázquez