Sara Kamalvand
Architecture
Type de résidence
Artiste en résidence
Période de résidence
En résidence de septembre 2019 à juillet 2020
Projet artistique à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
La ville de Madrid fut fondée au IXe siècle sous le califat abbasside. Bâtie sur des sources souterraines, son nom même dérive de *matrix*, signifiant « origine des eaux », ou, dans un sens plus littéraire, de *Magerit*, « ruisseau-mère » en arabe. Le projet de résidence de Sara Kamalvand s'appuie également sur les origines mêmes de la ville, intimement liées à l'eau, à travers l'interprétation d'un ancien réseau souterrain invisible.
Cette infrastructure antique, le qanat, ou canal d'adduction d'eau, inventé en Iran, est vieille de plus de trois mille ans et est décrite dans le traité de Vitruve, *De Architectura*, écrit en 18 av. J.-C. On la retrouve au Moyen Âge entre l'Orient et l'Occident, le long d'une bande aride entre Séville, Marrakech et la Chine, traversant la route maritime entre Palerme et Chypre et reliant une série de cités-jardins médiévales qui composent la Route de la Soie.
Ces canaux souterrains creusés à la main captent les eaux souterraines par infiltration ou capillarité. Les qanats de Madrid ont alimenté des jardins et des fontaines publiques pendant huit siècles avant d'être abandonnés. Aujourd'hui, alors que Madrid souffre de pénurie d'eau, cette infrastructure continue d'irriguer passivement et en permanence les canaux souterrains.
En étudiant ce tracé invisible et originel de la ville, Sara Kamalvand entreprend une tâche comparable à celle d'une archéologue. Par son interprétation de ces vestiges invisibles, elle se lance dans la reconquête d'un patrimoine oublié et déchiffre ce palimpseste urbain, à la recherche des traces indélébiles de sociétés qui se sont succédé au fil du temps et continueront de le faire.