Recherche Scientifique Résident

Pierre Salmon

Agrégé d’histoire

Mots clés : Trafic d’armes, contrebande, illégalité, clandestinité, circulations, transnational, réseaux, surveillance, espionnage, répression, frontières, guerre d’Espagne, guerre civile espagnole.
 

Type de résidence

Membre de l'EHEHI

Période de résidence 

En résidence de septembre 2018 à juillet 2020

Projet de recherche à la Casa de Velázquez

Résumé du projet

Durant la guerre d’Espagne (1936-1939), l’attitude ambivalente du gouvernement français a rendu complexe l’étude du trafic d’armes à destination de ce conflit. La France aurait d’abord défendu et appliqué la politique européenne de « non-intervention » qui interdisait tout envoi d’armes en Espagne, puis aurait relâché celle-ci en 1937 en fermant les yeux sur le trafic. Elle l’aurait même encouragé. Pourtant, celui-ci est repérable dès le début du conflit, et ne semble pas avoir attendu une quelconque aide de l’appareil d’État pour se ramifier. La clandestinité qui entoure le trafic a longtemps laissé croire que les sources sur ce dernier étaient insuffisantes pour en faire l’histoire. Pourtant, plusieurs surveillances – officielles ou officieuses, françaises et étrangères – s’intéressent de près au trafic sans toujours donner lieu à une répression. Comprendre ces surveillances est un des enjeux de cette recherche.

Aussi, il semble nécessaire d’étudier le monde des trafiquants en interrogeant leur degré de politisation en lien avec leur profil sociologique. Il s’agit là d’une étude quantitative qui est complétée par une étude des réseaux du trafic d’armes. Leur constitution, leur emprise sur le territoire français et leur capacité à franchir les frontières juridiques et informelles – preuve d’une certaine résilience – sont étudiés dans le cadre de cette recherche.

Pour mettre en œuvre un tel projet de recherche, il est nécessaire de confronter les témoignages aux sources officielles. Largement méconnues et/ou sous-exploitées, celles-ci apportent un regard nouveau sur ce sujet. Elles sont notamment composées des archives des « polices » françaises, de fonds diplomatiques et militaires multilingues ainsi que de sources émanant de groupes politiques concernés par ce phénomène clandestin.
 

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