Dates et lieux
Appel à candidatures jusqu'au 30 avril 2026
Dates de l'école thématique : 18-20 novembre 2026
- École française de Rome | Piazza Navona 62, Rome
Organisation
Coordination : Simone di Cecco et Margot Delon
Contact administratif : secrant@efrome.it
Cet atelier est organisé par le Réseau des Études Maghrébines (École française de Rome, Casa de Velázquez-EHEHI, Institut Jacques-Berque, Rabat et IRMC-Tunis).
Conditions pratiques
Les dossiers de candidature doivent être soumis en français, au plus tard le 30 avril 2026, par mail aux deux adresses suivantes : esse.dicecco@gmail.com et margot.delon@univ-nantes.fr. Les dossiers comprendront une présentation de la recherche et de l’intérêt pour l’atelier doctoral (3 000 signes). Ils indiqueront l’affiliation du·de la participant·e, son statut, son lieu de résidence et les besoins spécifiques (notamment en matière de visa) dont il·elle aura besoin.
Les résultats seront publiés à compter du 22 mai 2026. Pour les résident·es non européen·nes sélectionné·es, les démarches d’obtention du visa doivent être entamées par chacun·e dès la réception de la lettre de sélection.
Argumentaire
Cet atelier doctoral interroge les articulations complexes entre les espaces urbains et les transformations du travail à l’époque contemporaine. Il s’agit de décentrer le regard pour saisir la ville non seulement comme un lieu de consommation, de circulation ou de résidence, mais aussi comme le produit continu de différentes formes de travail qui en définissent les formes, les rythmes, les frontières et les métamorphoses.
L’atelier ouvrira un espace d’échanges scientifiques et d’enquête empirique autour du “travail en ville”. Cette notion renvoie tout autant au travail salarié qui se déploie dans les espaces urbains qu’à une pluralité de pratiques souvent invisibilisées : le travail de subsistance1, le travail gratuit2 et plus largement le travail de reproduction sociale. Ainsi le “travail en ville” est une dimension centrale de la fabrique de l’espace urbain tout aussi bien qu’un analyseur privilégie de la reconfiguration des inégalités socio-spatiales et des rapports sociaux de domination de classe, de race et de sexe. Il s’agira également d’interroger ce que la ville fait au travail, par le déploiement de formes spatiales et matérielles qui transforment les conditions de l’activité, ses significations et les rapports au travail plus larges qui s’y rattachent.
Une attention particulière sera prêtée au contexte des villes méditerranéennes (Maghreb, Moyen-Orient et Europe méridionale), marqué par des crises et des transformations profondes ainsi que par des dynamiques de fragmentation et de recomposition des mondes du travail3.
Plusieurs axes d’analyse de ce travail en ville sont proposés aux participant·es à l’atelier.
Les présentations et le travail de terrain devront s’inscrire dans un ou plusieurs axes suivants:
- Les espaces productifs, industriels et logistiques: champ d’investigation classique pour les sciences sociales de l’urbain, le travail dans les espaces productifs a connu de profondes restructurations avec la montée du secteur logistique aux côtés des industries. Ces transformations ont impacté en retour les “quartiers ouvriers” objets de nombreuses études4.
- Le travail de production de la ville : objet d’une abondante littérature, la production urbaine gagne à être abordée par les acteurs concrets qui la rendent possible, des travailleurs du secteur de la construction5 aux architectes, urbanistes, promoteurs, agents immobiliers6 ou encore aux intermédiaires financiers7.
- Le travail d’entretien de la ville: la maintenance des infrastructures urbaines est un enjeu majeur de son fonctionnement; il s’agira d’en explorer les rouages professionnels, par exemple à travers des travaux portant sur le nettoyage des espaces publics, l’entretien des réseaux de distribution ou encore le travail dans la sécurité publique et privée
- Le travail dans les économies urbaines du tourisme et du commerce: la tertiarisation des activités économiques se décline dans de nombreuses villes par la place prépondérante prise par le secteur du tourisme. Crucial dans l’augmentation des inégalités sociorésidentielles, ce secteur l’est également dans la reconfiguration des conditions de travail d’une pluralité d’acteurs engagés, parfois informellement, dans cette économie urbaine, des guides et commerçants aux travailleurs du secteur du nettoyage et de l’accueil des touristes.
- Travail de subsistance et économies populaires en ville: cet axe s’intéresse aux activités “informelles” et de subsistance, à l’intersection de la sphère domestique et de l’espace public. Il s’agira d’analyser les formes de débrouille, le commerce de rue, la récupération de matériaux, etc., qui structurent la vie des certaines fractions des classes populaires urbaines. Ces économies interrogent la frontière entre travail invisible et visible, légal et illégal, ainsi que les conflits autour de l’appropriation des espaces dans la ville.
L’atelier doctoral est organisé selon un double objectif : favoriser la discussion entre des travaux doctoraux aux objets proches, en présence d’intervenant·es reconnu·es sur le sujet et nourrir les échanges par un terrain ethnographique mené à Rome par les participant·es et l’équipe encadrante.
Les trois journées de l’atelier seront organisées autour des présentations de binômes de participant·es (pour les matinées) et des présentations ciblées des binômes d’intervenant·es et de la conduite et restitution de l’enquête (pour les après-midi). Il est donc indispensable que les participant·es témoignent d’une appétence pour la méthode de l’observation ethnographique et qu’ils/elles se préparent à une enquête collective sur des situations de travail en ville à proximité du lieu de l’atelier.
La langue de travail de l’atelier sera le français (les présentations individuelles pourront toutefois être faites en anglais).
Intervenant·es
- Hanen Chebbi
- Pascale Froment
- Noemi Martorano
- Rosa Bonheur (Cécile Vignal et José Calderon)
Modalités de candidature
- Présentation de la recherche et de l’intérêt pour l’atelier doctoral (3000 signes maximum) ; indiquer indiquer l’affiliation du·de la participant·e, son statut, son lieu de résidence et les besoins spécifiques (notamment en matière de participation aux frais de transport et de visa) dont il·elle aura besoin.
- Envoi en format word ou PDF aux deux adresses suivantes avant le 30 avril 2026 : esse.dicecco@gmail.com et margot.delon@univ-nantes.fr
Conditions d’accueil et de séjour
- Transport : les participant.e.s sont invité.e.s à solliciter, le cas échéant, leur laboratoire ou leur école doctorale de rattachement afin d’obtenir un financement. Des demandes de défraiement pourront être examinées : nous vous remercions de le préciser dans la lettre de candidature
- Hébergement : Les participant.e.s sont accueilli.e.s pour quatre nuits dans la résidence de la place Navone. En fonction des disponibilités, l’hébergement pourra se faire en chambre double. Le principe de non mixité sera respecté.
- Repas : Les déjeuners seront pris en charge. Les dîners sont à la charge des participants (la résidence de la place Navone dispose d’une cuisine en libre-accès).
1 BONHEUR, Collectif Rosa. « La ville vue d’en bas », Travail et production de l’espace populaire, Paris, Éditions Amsterdam. 2019.
2 KRINSKY, John et Maud SIMONET. Who Cleans the Park?: Public Work and Urban Governance in New York City. 1 edition. Chicago ; London : University of Chicago Press, 2017.
3 BOUASRIA, Leila. « Les ouvrières marocaines en mouvement : Qui paye ? Qui fait le ménage ? Et qui décide ? » 2013. p. 1-334. ; MOUS, Fadma Aït. « Portrait d’une ménagère casablancaise » Casablanca. Paris : Karthala, 2011, p. 47-65.; SCALA, Michele et Nizar HARIRI. Économie politique du travail au Liban: Fabrique et transformations des précarités laborieuses. Beyrouth: Presses de l’Ifpo, 2025. ; FROMENT, Pascale. « Crise et territoires productifs du Mezzogiorno italien », Mélanges de l’École française de Rome - Italie et Méditerranée modernes et contemporaines. 2013 no 125-2.; LONGUENESSE, Elisabeth, Myriam CATUSSE, et Blandine DESTREMAU. « Le travail et la question sociale au Maghreb et au Moyen-Orient », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée. 2005 no 105-106. p. 15-43.
4 Gribaudi Maurizio, 1987, Itinéraires ouvriers. Espaces et groupes sociaux à Turin au début du XXe siècle, Paris, Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ; Schwartz Olivier, 1990, Le monde privé des ouvriers., 2009e éd. Paris, PUF ; Retière Jean-Noël, 1994, Identités ouvrières. Histoire sociale d’un fief ouvrier en Bretagne 1909-1990, Paris, L’Harmattan ; Beaud Stéphane et Pialoux Michel, 1999, Retour sur la condition ouvrière, Paris, Fayard.
5 Jounin Nicolas, 2008, Chantier interdit au public. Enquête parmi les travailleurs du bâtiment, Paris, La Découverte.
6 Bernard Lise et Schwartz Olivier Préfacier, 2017, La précarité en col blanc: une enquête sur les agents immobiliers, Paris, PUF.
7 Duros Marine, 2023, Immobilier hors sol: comment la finance s’empare de nos villes, Paris, Raisons d’agir.