Antoine Nessi
Sculpture
France
Type de résidence
Artiste en résidence
Période de résidence
En résidence de septembre 2022 à juillet 2023
Projet artistique à la Casa de Velázquez
Résumé du projet
En résidence, Antoine Nessi poursuit son exploration des machines totalisantes et son portrait en creux de la soumission des êtres face à l’exagération productiviste. Cette année, il vient ainsi produire une série de maquettes conçues comme des propositions pour des « architectures-machines » ; des espaces pénétrables s’inspirant des dispositifs de contrôle des corps et des marchandises.
En continuant sa quête formelle autour du modèle réduit, Antoine Nessi cherche à travailler la maquette pour elle-même, la pensant comme une œuvre à part entière, avec ses spécificités et son langage propre.
Hybrides de plusieurs types d’espaces et de lieux, ses « architectures-machines » convoquent à la fois des sites de productions, des usines agroalimentaires, des plateformes d’élevage, mais aussi des espaces familiers comme des rayonnages de supermarché, des postes de douane, des transports en commun… Une série de « non-lieux » fusionnés au sein d’un espace incertain qui semble fonctionnel, mais dont l’absurdité apparaît au regard attentif : la cantine scolaire prend place au milieu de l’usine agroalimentaire, la caisse automatique est augmentée d’un poste de contrôle des papiers d’identité, l’élevage industriel prend place au cœur des rayons d’un supermarché...
Les maquettes d’Antoine Nessi se déploient autour des mêmes contradictions qui les engendrent, dessinant des lieux où les corps sont perdus entre la production et la consommation, le travail et le loisir, le soin et la maladie, le jeu et le travail. Le transit des corps et celui des marchandises semble emprunter les mêmes chemins au sein de ces espaces dont on ne peut plus identifier la fonction et où l’on ne sait plus si c’est l’humain qui se sert de la machine ou cette dernière le vampirise.
Immergé dans cette usine cannibale qui se nourrit des corps et recycle les esprits, les maquettes d’Antoine Nessi renvoient le regardeur à sa propre vie et à son propre corps. En somme, c’est l’horreur ordinaire et l’aliénation de nos quotidiens contemporains qui apparaît sous une forme brute et mise à nu : une architecture pour les aspects les plus inhumains de nos existences et les facettes plus machiniques de nous-même.