Le Grand débat des images

La « monarchie catholique » et son empire atlantique

8
mai
-
11
mai 2017
École thématique

Ateliers sur inscription  / Conférences ouvertes au public, dans la limite des places disponibles

Diffusion en direct les conférences en matinée :
Lundi et mardi sur facebook.com/casadevelazquez
Jeudi sur bne.es

Coord. Felipe PEREDA (Harvard University), María Cruz DE CARLOS VARONA (Universidad Autónoma de Madrid), Nicolas MORALES (Casa de Velázquez)

Org. Harvard University, Universidad Autónoma de Madrid, Campus de Excelencia UAM-CSIC, Ministerio de Educación, Cultura y Deporte, École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), École française de Rome, Telemme (UMR 7303 Aix-Marseille Université-CNRS)

Col. Biblioteca Nacional de España, Museo Nacional del Prado, Patrimonio Nacional


Lieux de célébration (conférences) :

· Casa de Velázquez - C/ de Paul Guinard, 3 - 28040 Madrid
· Biblioteca Nacional de España - Paseo de Recoletos, 20-22, 28001 Madrid

Voir les retransmissions des conférences en direct sur facebook.com/casadevelazquezbne.es



Ateliers dans les institutions collaboratrices :
Biblioteca Nacional de España
Museo Nacional del Prado
Patrimonio Nacional, Real Monasterio de San Lorenzo de El Escorial

Podcasts

Présentation

L’année 2017 sera celle du Ve centenaire d’un épisode fondateur de l’histoire européenne : le 31 octobre 1517, un moine augustin, Martin Luther, fit imprimer une lettre qui remettait en cause les fondements de l’économie spirituelle de l’Eglise Catholique. Si la cible initiale de la critique exposée dans ces 95 thèses était la politique des Indulgences, la Réforme ne tarderait pas à faire porter ses accusations à l’encontre de toutes les médiations par lesquelles l’Eglise de Rome encadrait les fondements de la foi (sola fie) et de l’Ecriture (sola Scriptura), à savoir un ensemble de pratiques rituelles et sacramentelles qui s’interposaient entre Dieu et les hommes, et que les réformés ne tarderaient pas à qualifier « d’idolâtrie ». Même si la position de Luther s’est assouplie par la suite, beaucoup de prédicateurs plus radicaux ont fait du culte des images le véritable cheval de bataille de la Réforme, en ravivant une polémique qui était née un siècle auparavant en Europe (Lollards en Hollande, puis en Angleterre, et Hussites en Bohême). Tout au long du XVIe siècle, cette crise iconoclaste a eu pour conséquence de mettre à feu et à sang une grande partie du continent européen. 

Au tournant du siècle surgit un immense débat sur la valeur et le sens des images dans la pratique religieuse. Ce débat majeur est pourtant loin d’établir une ligne de fracture claire entre deux mondes qui s’affrontent, entre les catholiques et les protestants. Il ouvre au contraire une longue et profonde polémique hors de laquelle on ne peut comprendre la naissance que de ce que nous appelons aujourd’hui l’art de la première époque moderne. Ce débat porta sur trois grands secteurs : 

  • Dans la pensée théologique, il ouvre une discussion qui plonge ses racines dans les interdits énoncés dans l’Ancien Testament. 
  • Dans la pratique missionnaire, aussi bien en Europe qu’en Amérique, ce débat conduit l’Église à repenser son propre sens face à une réalité complètement nouvelle.
  • Enfin, ces questions ont une influence directe dans le domaine de la pensée de l’art, alors émergente. Depuis la Réforme protestante et la Réforme catholique, les artisans et les artistes ont dû faire face à de nouveaux impératifs et travailler à une refondation des styles en fonction de nouveaux contextes spirituels respectifs.

L’Espagne n’est pas restée étrangère à ce débat et son positionnement n’a pas été, comme on le présente parfois, univoque ou immuable. En premier lieu, une partie de cette bataille intellectuelle s’est livrée à l’intérieur même de son territoire —comme le prouvent les archives de l’Inquisition. Par ailleurs, l’Espagne a vu se développer divers courants opposés à l’utilisation des images (les illuminés, par exemple), qui se sont même étendus hors de la Péninsule (comme le Valdésianisme en Italie). Enfin, l’Espagne s’intégrait à un ensemble géopolitique beaucoup plus vaste et complexe que celui de la péninsule Ibérique : la Monarchie Catholique et l'ensemble de ses possessions en Italie dans l'Europe du Nord et en Amérique Latine.

La réflexion engagée dans le cadre de ce cours se structure autour de trois questions fondamentales :

1) Débat historique et sa relation avec l’histoire de la Réforme ;

2) Approche géographique du débat sur les images ;

3) Nouveaux discours sur la question d’un art réformé, tant du point de vue Protestant que Catholique.

Conférenciers et encadrants

James Amelang, Universidad Autónoma de Madrid
Fabrizio Biferali, Università Sapienza di Roma
Agustín Bustamante, Universidad Autónoma de Madrid
Olivier Christin, Université de Neuchâtel
María Cruz de Carlos, Universidad Autónoma de Madrid
Tom Cummins, Harvard University
Mercedes García Arenal, CSIC, Madrid
Serge Gruzinski, Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris
Carlos Eire, Yale University
Massimo Firpo, Scuola Normale, Pisa
Fernando Marías, Universidad Autónoma de Madrid
Peter Parshall, National Gallery of Art, Washington, D.C
Felipe Pereda, Harvard University
Werner Thomas, Leuven University

Organisation des séances

Places : limitées, max. 20 

L’atelier prévoit différentes sessions, à caractère théorique (2 à 3 conférences par jour) ; elles se dérouleront chaque jour à la Casa de Velázquez. Des ateliers ou séminaires portant sur l’étude directe des œuvres et des sources historiographiques sont également prévus quotidiennement dans les institutions collaboratrices :

  • Biblioteca Nacional de España
  • Museo Nacional del Prado
  • Patrimonio Nacional, Real Monasterio de San Lorenzo de El Escorial

En prévision de ces conférences et ateliers, une bibliographie sélective sera diffusée préalablement aux candidats pour approfondir certains thèmes de recherche et pour nourrir de manière collective les débats des séminaires.

L’anglais et l’espagnol seront les langues d’usage de cet atelier doctoral

Inscription

Date limite d’inscription : 20 février 2017, 17 heures. Les inscriptions se réalisent en ligne à l’aide d’un formulaire, disponible sur la page web de la Casa de Velázquez.

La sélection des 20 participants se fera en fonction du dossier académique du candidat, de son profil de formation et connaissance des langues. Une priorité sera accordée aux candidats préparant une thèse et dont les travaux de recherche s’inscrivent dans les champs thématiques de l’atelier. Pour cela, ils devront présenter une lettre de motivation, en expliquant les raisons de leur candidature (500 mots maximum).

À compter du 25 février 2017 les candidats sélectionnés seront informés de la procédure à suivre. A l’issue de l’atelier de formation, les candidats recevront un certificat de présence.

Le prix de l’inscription à l’atelier est de 300 Euros (logement compris) ou de 150 Euros (sans le logement). Il comprend :

  • L’accès aux conférences, ateliers spécifiques et visites à la Casa de Velázquez, dans les collections du Museo Nacional del Prado, du Patrimonio Nacional (Madrid, El Escorial) et de la Biblioteca Nacional de España ;
  • les transports internes (Madrid intramuros et Madrid-El Escorial)
  • le logement à la Casa de Velázquez (en chambre double partagée), 5 nuits
  • les déjeuners, 4 jours ; 1 dîner dans le centre de Madrid
  • les supports didactiques

Les frais de déplacements et les 3 dîners restants sont à la charge des participants

Une aide financière pourra être accordée par les organisateurs sur simple demande du candidat, en fonction du dossier académique et de la provenance géographique du candidat.