#AFM2022

Antoine NESSI

SCULPTURE - INSTALLATION
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#INDUSTRIE #MÉMOIREDUTRAVAIL
#SCULPTURESOCIALE #MACHINE

En résidence, Antoine Nessi poursuit son exploration des machines totalisantes et son portrait en creux de la soumission des êtres face à l’exagération productiviste. Cette année, il vient ainsi produire une série de maquettes conçues comme des propositions pour des « architectures-machines » ; des espaces pénétrables s’inspirant des dispositifs de contrôle des corps et des marchandises.

En continuant sa quête formelle autour du modèle réduit, Antoine Nessi cherche à travailler la maquette pour elle-même, la pensant comme une œuvre à part entière, avec ses spécificités et son langage propre.

Hybrides de plusieurs types d’espaces et de lieux, ses « architectures-machines » convoquent à la fois des sites de productions, des usines agroalimentaires, des plateformes d’élevage, mais aussi des espaces familiers comme des rayonnages de supermarché, des postes de douane, des transports en commun… Une série de « non-lieux » fusionnés au sein d’un espace incertain qui semble fonctionnel, mais dont l’absurdité apparaît au regard attentif : la cantine scolaire prend place au milieu de l’usine agroalimentaire, la caisse automatique est augmentée d’un poste de contrôle des papiers d’identité, l’élevage industriel prend place au cœur des rayons d’un supermarché...

Les maquettes d’Antoine Nessi se déploient autour des mêmes contradictions qui les engendrent, dessinant des lieux où les corps sont perdus entre la production et la consommation, le travail et le loisir, le soin et la maladie, le jeu et le travail. Le transit des corps et celui des marchandises semble emprunter les mêmes chemins au sein de ces espaces dont on ne peut plus identifier la fonction et où l’on ne sait plus si c’est l’humain qui se sert de la machine ou cette dernière le vampirise.

Immergé dans cette usine cannibale qui se nourrit des corps et recycle les esprits, les maquettes d’Antoine Nessi renvoient le regardeur à sa propre vie et à son propre corps. En somme, c’est l’horreur ordinaire et l’aliénation de nos quotidiens contemporains qui apparaît sous une forme brute et mise à nu : une architecture pour les aspects les plus inhumains de nos existences et les facettes plus machiniques de nous-même.

 


Antoine Nessi a d’abord étudié à l’École nationale supérieure d’Art de Dijon puis à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris avant de sortir diplômé, en 2011, de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Autour de la machine, comme sujet et comme vecteur d'exploration, son travail prend forme dans l'espace interstice où se connectent l'art et l'industrie. La machine, comme objet, devient ainsi le réservoir de narrations à la fois poétiques et politiques, laissant deviner sa fonction primaire mais aussi sa beauté intrinsèque et les changements sociétaux dont elle se fait à la fois le témoin et le symbole.

En partant du postulat que ce que nous fabriquons nous fabrique en retour, il imagine des usines et des lieux de production dont le produit final est l’être humain. Il s’inspire ainsi des formes et des techniques qu'il trouve dans le monde de l’industrie et du travail pour élaborer une production fictionnelle, à travers des installations font souvent référence à des lieux de travail ou d’activité qui sont transformés en des espaces sculpturaux et statiques.

La production artistique d’Antoine Nessi entremêle les questions de formes et sens, cherchant notamment ce point de rencontre où les problèmes formels de la sculpture résonnent avec des problématiques liées à la société et ses travers.

Son travail a été exposé à l’École d’architecture de Paris – la Villette, l’atelier Chiffoniers à Dijon, le Wonder à Bagnolet et dans de nombreux lieux d’exposition à l’étranger (Bruxelles, Glasgow, Montréal…) ainsi qu’à Marseille dans le cadre de Manifesta 13, à l’automne 2020.

 

TRAVAUX PRÉCÉDENTS ET RÉCENTS

 

 

 

Artistes résidents 2022-2023

Manuel ABRAMOVICH (1987) – Cinéma

Milena CHARBIT (1990) – Architecture

Felix DESCHAMPS MAK (1996) - Peinture

Arash FAYEZ (1984) – Arts visuels

Jeanne LAFON (1987) – Architecture (Paysagiste)

Guillaume LILLO (1985) – Cinéma - Vidéo – Arts visuels

Stéphanie MANSY (1978) – Arts graphiques

Antoine NESSI (1985) – Sculpture - Installation

Assia PIQUERAS (1991) – Arts visuels – Cinéma

Delphine POUILLÉ (1979) – Sculpture

Laurent PROUX (1980) – Peinture

Élodie SEGUIN (1984) – Arts plastiques

Gabriel SIVAK (1979) – Composition musicale

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Alba LORENTE HERNÁNDEZ (1994) – Arts visuels
Bourse Diputación Provincial de Zaragoza

Manu BLÁZQUEZ (1978) – Arts visuels
Bourse Ajuntament de la Ciutat de València