Faire de l'histoire sociale

Histoire globale & histoire sociale : les enjeux d'un dialogue

Dom Miguel de Castro, Enviado do reino do Congo.
Albert Eckhout. Statens Museum for Kunst

15
juin
-
18
juin 2015
Madrid
École thématique

Coord. : Thomas GLESENER (Aix-Marseille Université), Claire JUDDE DE LARIVIÈRE (Université Toulouse Jean Jaurès), Natividad PLANAS (Université Clermont 2), François DUMASY (École française de Rome), Stéphane MICHONNEAU (École des hautes études hispaniques et ibériques, Casa de Velázquez, Madrid)
Org. : École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), Maisons des sciences de l’homme d’Aix-Marseille, de Clermont-Ferrand et de Toulouse, École doctorale des lettres, sciences humaines et sociales (Clermont-Ferrand), École française de Rome

Lieu de célébration :
Casa de Velázquez
C/ de Paul Guinard, 3
28040 Madrid

Inscriptions closes

Podcasts

Long-distance trade et Cross-cultural trade

Guillaume CALAFAT

16/06/2015 - 10min 25s - Français
  

Présentation

Venu du monde anglo-saxon il y a une vingtaine d’années, le courant de la World History a permis d’ouvrir très largement les cadres géographiques et chronologiques auxquels les historiens étaient habitués. De facture économique, basé sur des données sérielles issues pour l’essentiel des sources occidentales, ce courant a reçu en Europe un accueil mitigé. Trop souvent, les comparaisons à grande échelle sont faites au prix d’un écrasement des terrains et des sources de première main. L’adoption d’un point de vue omniscient, en surplomb, quand il ne rappelait pas l’ancienne histoire universelle, a pu être soupçonnée de calquer implicitement celui des élites globalisées actuelles, jetant ainsi le doute sur le caractère idéologique de cette entreprise historiographique.
C’est donc au prix d’une critique profonde, parfois radicale, que la Global History s’est progressivement acclimatée aux latitudes européennes. De multiples alternatives ont vu le jour (histoire connectée, histoire symétrique, histoire croisée, nouvelle histoire comparée, etc.) qui ont toutes en commun d’ancrer les préoccupations de l’histoire globale dans des terrains empiriques, traités à la hauteur des acteurs, à partir des sources de première main. Cette adaptation suscite de nombreux débats, souvent centrés sur l’articulation du local et du global, entendus comme des dimensions distinctes du monde social. Or, pour nouer un dialogue fécond entre histoire sociale et histoire globale il importe de rompre avec le paradigme des « échelles ».  Le principal enjeu du débat doit porter sur les conditions d’écriture d’une histoire globale localisée dans la densité des terrains et des tissus sociaux.
Ces questions, au cœur de cet atelier doctoral, obligent à reconsidérer les apports et les limites historiographiques de chaque courant. Dans quelle mesure l’approche globale, caractérisée par le décloisonnement des espaces, l’impératif de décentrement, le refus du récit de la modernité occidentale, la symétrie documentaire et la lecture des sources coloniales against the grain peuvent-elles offrir de nouvelles possibilités de remontée en généralité à une histoire soucieuse de la singularité des contextes ? De son côté, l’histoire globale a jusqu’à présent eu tendance à privilégier des lieux (espaces coloniaux), des situations (rencontres) et des acteurs (médiateurs) qui ont validé implicitement l’idée que ses objets relevaient des relations interculturelles. Au risque d’être reléguée dans une niche historiographique par la profession, l’histoire globale ne gagnerait-elle pas à relocaliser sous d’autres latitudes ses questionnements et à réinscrire les expériences de l’altérité dans le champ ordinaire des interactions sociales et de leurs contextes ?

Formateurs

Antonio DE ALMEIDA MENDES (Université de Nantes)
Romain BERTRAND (Institut d'étude politique de Paris)
Guillaume CALAFAT (Université Paris I)
Caroline DOUKI (Université Paris 8)
José María IMIZCOZ BEUNZA (Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea)
Jean-Paul ZUÑIGA (École des hautes études en sciences sociales, Paris)

Organisation

Réunissant des spécialistes des mondes méditerranéen, africain, américain et asiatique, l’atelier s’adresse à des étudiants de doctorat ou de post-doctorat (20 places). Il est ouvert à toutes les disciplines des sciences humaines et sociales qui adoptent une perspective historique dans une démarche empirique. Les langues de travail seront le français, l'espagnol, l'italien et l'anglais. Les candidatures de jeunes chercheurs réalisant leur (post)doctorat en dehors de la France sont fortement encouragées.
Les séances commenceront le lundi 15 juin à 16h jusqu’au jeudi 18 juin à 16h. Elles s’organiseront autour de conférences, de discussions autour de textes, et de séances de présentation des travaux des étudiants.

Conditions pratiques

Les organisateurs offrent aux participants qui ne résident pas à Madrid le logement en chambre double et en demi-pension à la Casa de Velázquez pour les nuitées des 15, 16 et 17 juin 2015. Ils offrent également les déjeuners à tous les participants. Les déplacements seront à la charge des participants.
Les organisateurs offrent 4 bourses de 300 euros à des étudiants inscrits dans des établissements supérieurs du Maghreb et d’Amérique latine qui en feront la demande.



Pour tout renseignement supplémentaire
Flora Lorente