Les cultures politiques dans la péninsule Ibérique et au Maghreb (VIIIe-XVe siècle)

Session 2017 : le recours aux armes

2
octobre
-
5
octobre 2017
Bielle (Pyrénées-Atlantiques)
Séminaire

Inscriptions au séminaire international closes au 10 juillet 2017

 

Présentation

Ce séminaire est organisé par l’université Toulouse – Jean Jaurès, l’université Bordeaux Montaigne, l’université de Pau et des pays de l’Adour, et l’École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid). Il vise à proposer un examen croisé des cultures politiques dans la péninsule Ibérique et au Maghreb au Moyen Âge (VIIIe-XVe siècle). Dans toute la mesure du possible, et sans jamais rien retirer aux singularités des contextes respectifs, l’étude sera fondée sur une démarche résolument comparatiste et pluridisciplinaire, associant historiens, archéologues, historiens de l’art et littéraires.

À l’encontre des approches essentialistes et différentialistes, fondées sur le mythe de l’existence de deux blocs homogènes et affrontés, il s’agira de mettre en regard différentes expériences politiques, de part et d’autre de la frontière islamo-chrétienne, afin de susciter des rapprochements, de relever des écarts, voire de révéler des situations d’interaction ou d’interdépendance, en matière de fonctionnement étatique et de culture politique, par-delà les antagonismes religieux. Certes la référence religieuse a valeur fondatrice et imprègne institutions et idéologies de combat (jihad, Reconquista, croisade), mais les acteurs de cette histoire, au travers de leurs pratiques de gouvernement et de leurs imaginaires politiques, mobilisent des répertoires bien plus vastes et plus divers qu’il s’agira d’identifier et de mieux appréhender.

C’est à l’exploration de ces cultures politiques, associant à la fois registres textuels et manifestations matérielles du pouvoir, que sont invités les jeunes chercheurs qui participeront au séminaire.

Renseignements pratiques

Comité d’organisation : Amaia Arizaleta (Université Toulouse – Jean Jaurès), Daniel Baloup (Université Toulouse – Jean Jaurès), David Bramoullé (Université Toulouse – Jean Jaurès), Laurent Callegarin (Casa de Velázquez), Laurence Cabrero-Ravel (Université de Pau et des pays de l’Adour), Isabelle Cartron (Université Bordeaux Montaigne), Martine Charageat (Université Bordeaux Montaigne), Yann Dejugnat (Université Bordeaux Montaigne), Fabienne Guillén (Université de Pau et des pays de l’Adour), Véronique Lamazou-Duplan (Université de Pau et des pays de l’Adour).

La première session du séminaire se tiendra à Bielle (Pyrénées-Atlantiques), du 2 au 5 octobre 2017. Elle réunira six formateurs, douze doctorants ou jeunes docteurs, et des étudiants de Master issus des universités organisatrices. 

Le séminaire est gratuit. Les institutions organisatrices assument les frais d’hébergement des participants, à Bielle. Pour les doctorants et les jeunes docteurs dont la candidature aura été retenue, le voyage jusqu’au point de regroupement de Pau reste à leur charge.

Chaque journée de travail sera partagée entre la présentation de leurs travaux par quatre doctorants ou jeunes docteurs, et les interventions de deux formateurs qui prononceront une conférence et animeront un atelier pratique (sur les sources, la bibliographie, les notions, etc.). 

Les langues de travail seront le français, l’espagnol, le portugais et l’anglais.

Dans l’année suivant le séminaire, un ouvrage regroupant les contributions des formateurs, des doctorants et des jeunes docteurs sera publié.

Inscriptions au séminaire international prolongées jusqu'au 10 juillet 2017. Accéder au formulaire.

Publication des résultats : 17 juillet

Pour tout renseignement concernant la logistique, veuillez contacter Ghizlane Bencheikh : ghizlane.bencheikh@u-bordeaux-montaigne.fr +33 (0)5 57 12 45 55

Projet scientifique : Le recours aux armes

Formateurs : Daniel Baloup (Université Toulouse – Jean Jaurès, coordinateur), Yassir Benhima (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3), Arsenio Dacosta (Universidad de Salamanca), Sophie Gilotte (UMR 5648 CIHAM, Lyon), Fabienne Guillén (Université de Pau et des pays de l’Adour), Juan José Larrea (Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea).

Cette première édition de l’atelier portera sur la place occupée par le recours aux armes dans les cultures politiques en péninsule Ibérique et au Maghreb, du VIIIe au XVe siècle. Le choix du terrain exclut la prise en compte des violences crapuleuses (banditisme, agressions, rixes, etc.), même si la distinction n’est pas toujours facile à établir avec certaines situations qui seront étudiées. Par ailleurs, conformément à l’orientation générale de l’atelier, l’étude des pratiques et de l’imaginaire politiques sera privilégiée sur celle, plus habituelle s’agissant de ces questions, des discours et des représentations.

La réflexion s’articulera autour de trois grands types d’événements :

La contestation violente de l’autorité. Il s’agira d’étudier les cas où les détenteurs du pouvoir et leurs représentants sont confrontés à une violence armée dont l’origine se situe au sein même de la société sur laquelle s’exerce leur autorité. Cette définition englobe les émeutes, naturellement, mais elle s’étend aussi à des formes de violence que nos disciplines ont encore un peu de mal à saisir, comme l’attentat ou l’assassinat politique.

Les affrontements armés dans le champ politique. Cette deuxième catégorie se distingue de la première en cela que les groupes en conflit (ou ceux qui les dirigent) partagent une position sociale comparable et dominante, et qu’ils participent à ce titre d’une culture guerrière qui, pour les époques qui nous intéressent, caractérise avant tout les oligarchies. On pense naturellement aux luttes de partis et de factions, parfois envisagées dans l’historiographie sous un intitulé qu’il conviendra d’interroger : celui de « guerre civile ».

La guerre. Les guerres que l’on ne peut qualifier de « civiles » parce qu’elles opposent des puissances souveraines entrent aussi dans notre périmètre, mais l’étude restera centrée sur leur dimension politique. En d’autres termes, la guerre sera envisagée comme une composante d’un dispositif complexe de relations « interétatiques » qui inclut aussi les rapports diplomatiques, culturels et économiques. Sans négliger le phénomène en lui-même dans ce qu’il révèle des pratiques de pouvoir, c’est son articulation aux autres éléments mentionnés qui sera prioritairement examinée. 

L’objectif de l’atelier sera non seulement d’approfondir ces thèmes et d’aborder des études de cas, mais aussi, sur un plan plus méthodologique, de favoriser les comparaisons et la mise en évidence d’interactions dans une recherche constante de dialogue entre les différentes disciplines qui seront représentées (histoire, études littéraires, archéologie, histoire de l’art).