Les cultures politiques dans la péninsule Ibérique et au Maghreb (VIIIe-XVe siècle)

Session 2019 : Expériences impériales

1OCTOBRE - 4OCTOBRE 2019
Bielle-en-Ossau (Pyrénées-Atlantiques)
École thématique

Coord. : Daniel Baloup (Université Toulouse - Jean Jaurès), Yann Dejugnat (Université Bordeaux Montaigne) et Véronique Lamazou-Duplan (Université de Pau et des pays de l'Adour)
Org. : Université Bordeaux Montaigne, Université Toulouse - Jean Jaurès, Université de Pau et des pays de l'Adour, École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid)

Coordinateur scientifique : Yann Dejugnat (Université Bordeaux Montaigne)

Formateurs : Yann Dejugnat (Université Bordeaux Montaigne, coordinateur), Flocel Sabaté (Universitat de Lleida), Tawfiq Ibrahim (Chercheur indépendant), Javier Domingo (Pontificia Università della Santa Croce, Rome), Marta Lacomba (Université Bordeaux Montaigne), Susana Calvo Capilla (Universidad Complutense de Madrid).


Inscriptions ouvertes jusqu'au 23 mai 2019 (minuit, heure de Madrid)
Accéder au formulaire

Pour tout renseignement concernant la logistique, veuillez contacter Ghizlane Bencheikh : ghizlane.bencheikh@u-bordeaux-montaigne.fr / +33 (0)5 57 12 45 55 

 

Présentation générale du programme

Ce séminaire vise à proposer un examen croisé des cultures politiques dans la péninsule Ibérique et au Maghreb au Moyen Âge (VIIIe-XVe siècle). Dans toute la mesure du possible, et sans jamais rien retirer aux singularités des contextes respectifs, l’étude sera fondée sur une démarche résolument comparatiste et pluridisciplinaire, associant historiens, archéologues, historiens de l’art et littéraires.

À l’encontre des approches essentialistes et différentialistes, fondées sur le mythe de l’existence de deux blocs homogènes et affrontés, il s’agira de mettre en regard différentes expériences politiques, de part et d’autre de la frontière islamo-chrétienne, afin de susciter des rapprochements, de relever des écarts, voire de révéler des situations d’interaction ou d’interdépendance, en matière de fonctionnement étatique et de culture politique, par-delà les antagonismes religieux. Certes la référence religieuse a valeur fondatrice et imprègne institutions et idéologies de combat (jihad, Reconquista, croisade), mais les acteurs de cette histoire, au travers de leurs pratiques de gouvernement et de leurs imaginaires politiques, mobilisent des répertoires bien plus vastes et plus divers qu’il s’agira d’identifier et de mieux appréhender.

C’est à l’exploration de ces cultures politiques, associant à la fois registres textuels et manifestations matérielles du pouvoir, que sont invités les jeunes chercheurs qui participeront au séminaire. Il permettra aux formateurs, doctorants et étudiants de master de se côtoyer plusieurs jours, dans le cadre de formats pédagogiques variés (conférences, présentations, ateliers).

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Coord. : Daniel Baloup (Université Toulouse - Jean Jaurès), Yann Dejugnat (Université Bordeaux Montaigne) et Véronique Lamazou-Duplan (Université de Pau et des pays de l'Adour).

Comité d'organisation : Amaia Arizaleta (Université Toulouse - Jean Jaurès), David Bramoullé (Université Toulouse - Jean Jaurès), Laurent Callegarin (EHEHI, Casa de Velázquez), Laurence Cabrero-Ravel (Université de Pau et des pays de l'Adour), Anna Caiozzo (Université Bordeaux Montaigne), Isabelle Cartron (Université Bordeaux Montaigne), Martine Charageat (Université Bordeaux Montaigne), Florian Gallon (Université Toulouse - Jean Jaurès), Fabienne Guillén (Université de Pau et des pays de l'Adour).

Site Web : http://ausonius.u-bordeaux-montaigne.fr/sessions/session-2019
 

Présentation de la session 2019

Pour l’histoire des empires, la péninsule Ibérique et le Maghreb constituent des laboratoires exceptionnels. En effet, ces deux régions furent les pôles d’impulsion majeurs d’une succession de trajectoires impériales qui se sont déployées dans les directions les plus diverses : des califats et des sultanats d’Occident aux différentes revendications impériales de la royauté castillano-léonaise, en passant par les configurations variées de la Couronne d’Aragon.

Les pionniers de cette histoire (Menéndez Pidal, Laroui) se sont longtemps focalisés sur l’ « idée impériale », dont ils soulignaient l’originalité, l’homogénéité et la continuité. Conçue comme un projet cohérent et unitaire, elle était envisagée comme l’émanation de la conscience que partageaient les peuples de former une unité « hispanique » ou « maghrébine ». Sans totalement disparaître, cette historiographie fut marginalisée par une autre, celle de la formation des États-nations, qui opposa les « réalités » de la construction des Etats territoriaux aux « mirages » impériaux.

Aujourd’hui, l’histoire des empires opère un retour en force, fondé sur de nouvelles approches. Tout en menant un travail de déconstruction des grands récits impériaux, les chercheurs conçoivent désormais les empires comme des entités politiques instables, hybrides et éminemment pragmatiques. Ils les abordent comme des expériences politiques, en se focalisant sur ce qui « fait » empire et sur la mise en évidence de cultures impériales, à la fois diverses et connectées, irréductibles à un modèle unique.

C’est à l’exploration de ces expériences impériales, dans leurs dimensions textuelles et matérielles, que sont invités les participants de cette session 2019. La réflexion s’articulera autour de trois grands thèmes :

  • Gouvernements impériaux. Dominant plusieurs entités politiques et des populations diverses, les empires se caractérisaient par une flexibilité, un pragmatisme et une adaptabilité, qui furent une des clés de leur longévité. Au-delà du constat de la diversité des répertoires impériaux, on s’efforcera d’identifier des pratiques, des modes et des logiques de gouvernement qui relèveraient de fonctionnement impériaux.

  • Imaginaires politiques. Ces formations impériales engendrèrent-elles une conscience politique commune ? L’analyse des mots, des gestes, des lieux et des objets permettra d’appréhender les éléments susceptibles de structurer un imaginaire impérial commun, mais aussi de révéler des identités contradictoires, reflétant les tensions entre les groupes sociaux sur lesquels les empires s’appuyaient et avec lesquels ils devaient composer.

  • Interactions impériales. Ces empires ne se sont pas construits de manière isolée. D’une part, les empires ont cherché à s’insérer dans les traditions impériales antérieures pour se légitimer. D’autre part, ils puisèrent des éléments dans d’autres modèles impériaux contemporains, par-delà les barrières religieuses et idéologiques. On s’intéressera aux processus de remploi, d’imitation et d’émulation, en étant attentif aux modalités d’appropriation, de recombinaison et au rôle des intermédiaires. Enfin, ces empires n’ont pas manqué de susciter, en réaction, des formes de contestation et de dissidence, qu’on analysera au miroir des modèles impériaux auxquels elles prétendaient s’opposer.
     

Renseignements pratiques

La troisième session du séminaire se tiendra à Bielle (Pyrénées-Atlantiques), du 1er au 4 octobre 2019. Elle réunira six formateurs, 12 doctorants ou jeunes docteurs, et des étudiants de Master (ces derniers étant issus des universités organisatrices). 

Le séminaire est gratuit. Les institutions organisatrices assument les frais d’hébergement des participants, à Bielle. Pour les doctorants et les jeunes docteurs dont la candidature aura été retenue, le voyage jusqu’au point de regroupement de Pau reste à leur charge.

Chaque journée de travail sera partagée entre la présentation de leurs travaux par quatre doctorants ou jeunes docteurs, et les interventions de deux formateurs qui prononceront une conférence et animeront un atelier pratique (sur les sources, la bibliographie, les notions, etc.). 

Les langues de travail seront le français, l’espagnol, le portugais et l’anglais.

Inscriptions au séminaire international jusqu'au 23 mai 2019 (minuit, heure de Madrid). Accéder au formulaire.

Publication des résultats : à partir du 7 juin

Pour tout renseignement concernant la logistique, veuillez contacter Ghizlane Bencheikh : ghizlane.bencheikh@u-bordeaux-montaigne.fr / +33 (0)5 57 12 45 55