Pierre-Marie DELPU

1988
Docteur en histoire contemporaine
Agrégé d'histoire
pierre-marie.delpu@casadevelazquez.org

 

Parcours académique

2018 : Qualification aux fonctions de maître de conférences, section 22 du CNU.

2017 : Docteur en histoire contemporaine, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / cotutelle Università degli Studi Federico II di Napoli. Thèse intitulée « Politisation et monde libéral en Italie méridionale (1815-1856). Le malgoverno et ses opposants : acteurs et pratiques, dans le Royaume des Deux-Siciles », soutenue le 30 septembre 2017 devant un jury composé de Sylvie Aprile, Renata De Lorenzo (codirectrice, cotutelle), Jean-Philippe Luis (codirecteur), Gilles Pécout (directeur), Marta Petrusewicz.

2012 : Agrégation d’histoire (rang 33ème)

2011 : Master d’histoire moderne et contemporaine, ENS Lyon.

2008 : Admission à l’École Normale Supérieure LSH (Lyon). Licence d’histoire. Classes préparatoires, Lycée Henri IV.


Parcours professionnel

2019-2020 : professeur agrégé dans l’enseignement secondaire (lycée), et charges de cours en histoire contemporaine à Aix-Marseille Université et à l’IEP d’Aix-en-Provence (60 h.). Cours et TD donnés en Master 1 recherche, préparation à l’agrégation externe d’histoire et à l’agrégation interne d’histoire-géographie.

2016-2019 : ATER à temps plein à Aix-Marseille Université (588 h.). Cours et TD donnés en Licence 1 et 2, Master 1 recherche, Master 1 MEEF et préparation à l’agrégation d’histoire.

2015-2016 : ATER à temps plein à l’Université Toulouse 2 Jean-Jaurès (192 h.). TD donnés en Licence 1, colles en Master 1 MEEF et préparation à l’agrégation d’histoire.

2012-2015 : Doctorant contractuel avec charge de cours, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (192 h.). TD donnés en Licence 1 et 2 et préparation aux épreuves orales d’histoire de l’agrégation de géographie, colles en Master 1 MEEF.
 

Recherche en cours

Titre du projet de recherche à la Casa de Velázquez :  Pour une histoire comparée du martyre politique en Europe méridionale (XIXe siècle) : les cultes des « martyrs de la liberté » en Espagne, 1848-1856.

Dans le cadre de recherches portant sur les voies de la construction du politique dans les sociétés catholiques d’Europe méridionale post-révolutionnaire, je m’intéresse actuellement aux cultes rendus aux martyrs libéraux et révolutionnaires au milieu du XIXe siècle, particulièrement dans l’après-1848 où ils acquièrent une place particulièrement importante dans les dispositifs de politisation de masse. Ce travail voudrait confronter le cas espagnol aux sociétés des États italiens et de France méridionale. Alors que toutes connaissent, depuis les dernières décennies du XVIIIe siècle, un mouvement commun de « naissance de la politique moderne », il s’agit de comprendre le phénomène du martyre comme un outil central de la construction du politique, pour sa capacité à générer des émotions collectives et pour son efficacité pédagogique. Des révoltes du printemps 1848 à la fin du bienio progressiste en 1856, la société espagnole a vu se développer et se systématiser les cultes de martyrs politiques, dans la continuité d’une évolution amorcée au cours des décennies antérieures autour des caídos et des víctimas políticas. Ils relèvent à la fois d’initiatives privées et d’une prise en charge publique de plus en plus fréquente, alors que se formalisent des mémoires publiques aux échelles locale et nationale. Cette pratique est largement tributaire de la conflictualité socio-politique qui traverse tout le XIXe siècle espagnol et se construit principalement autour de l’adhésion ou de l’opposition à la révolution et au libéralisme.

En fondant l’étude sur quatre observatoires – Madrid, Saragosse, Bilbao et Grenade – et dans une perspective de comparaison constante avec d’autres sociétés sud-européennes au même moment, il s’agit d’abord de saisir la circulation internationale des modèles de célébration des martyrs, qu’ils relèvent de formes littéraires communes (panthéons, hagiographies et martyrologes politiques) ou de pratiques sociales convergentes. On voudrait ensuite comprendre l’évolution des répertoires commémoratifs en accordant une attention particulière aux rituels, aux acteurs qui les prennent en charge (monde révolutionnaire, autorités municipales et religieuses), à la matérialité des martyrs (usages des corps suppliciés, construction des images publiques). Enfin, on analysera la façon dont cette pratique, alors commune aux libéraux modérés et aux démocrates, se généralise à des cultures politiques en voie de diversification, y compris dans le monde contre-révolutionnaire où elle connaît des prolongements.
 

Publications

[hors compte rendus]

Ouvrages individuels

-Un autre Risorgimento. La formation du monde libéral dans le royaume des Deux-Siciles (1815-1856), Rome, École française de Rome, Collection de l’École française de Rome, n°556, 2019, 520 p.


Codirection d’ouvrages collectifs et de numéros de revue

-(avec Igor Moullier et Mélanie Traversier), Le royaume de Naples à l’heure française. Revisiter l’histoire du decennio francese 1806-1815, Villeneuve-d’Ascq, Presses du Septentrion, collection Temps, espaces et sociétés, n°1831, 2018, 484 p.

-(avec Christophe Poupault), « Les voyages politiques en Europe, XVIIIe-XXe siècles », dossier spécial de la revue Viaggiatori. Circolazioni, scambi ed esilio (secoli XII-XX), n°3, septembre 2018.

-(avec Guillaume Roubaud-Quashie), « La prosopographie, une ressource pour l’histoire sociale », dossier thématique, Hypothèses 2014. Travaux de l’École Doctorale d’histoire de l’Université Paris-1, n°18, 2015.


Articles et contributions

-« Exporting the Cult of Martyrs to the Lands of Exile: The comunities of banished Italians in France and Piedmont-Sardinia in the early 1850s », dans Brice, Catherine (dir.), Exile and the Circulation of Political Practices, Newcastle upon Tyne, Cambridge Scholars, 2020, pp. 178-194.

-« Des monarchies alternatives. Souverains de village et "rois du bas-peuple" dans le Royaume des Deux-Siciles (1848) », Parlement(s), 31, 2020/1, pp. 199-216.

-« La fabrique médiatique d’un martyr libéral : le cas Carlo Poerio (1851-1859) », Le Temps des Médias, 33, 2020/1, p. 23-39.

-« How to build a dissident public order. Actors and strategies of the Neapolitan folks’ political mobilization during the 1848 revolution », Rechtskultur. Zeitschrift für Europäische Rechtsgeschichte, 8, 2019, pp. 55-70.

-(avec Silvia Cavicchioli), « La fin de la Savoie (1848-1861) », dans Ferretti, Giuliano (dir.), Les États de Savoie, du duché à l’Unité d’Italie (1416-1861), Paris, Classiques Garnier, 2019, pp. 569-619.

-(avec Mario Riberi), « La Révolution et l’Empire (1792-1815) », dans Ferretti, Giuliano (dir.), Les États de Savoie, du duché à l’Unité d’Italie (1416-1861), Paris, Classiques Garnier, 2019, pp. 457-515.

-« Restaurations, révolutions, nations (1814-1871) », dans Sébastien Cote, Emmanuelle Picard (dir.), Histoire 1ère. Nations, empires, nationalités (de 1789 aux lendemains de la Première guerre mondiale). 8 historiennes et historiens présentent les sujets du nouveau programme, Paris, Nathan, 2019, pp. 23-44.

-« Eroi e martiri. La circolazione delle figure celebri della rivoluzione napoletana nell’Europa liberale (1820-1824) », Rivista storica italiana, 2018/2, CXXX, 2018/2, pp. 587-614.

-« Les Napolitains face aux souvenirs d’Empire : reconstructions mémorielles et mobilisations politiques (1815-1860) », dans Delpu, Pierre-Marie, Moullier, Igor, Traversier, Mélanie (dir.), Le royaume de Naples à l’heure française (1806-1815). Revisiter l’histoire du decennio francese, Villeneuve-d’Ascq, Presses du Septentrion, 2018, pp. 407-422.

-(avec Igor Moullier et Mélanie Traversier), « Gouverner Naples à l’époque napoléonienne : une histoire européenne », dans Delpu, Pierre-Marie, Moullier, Igor, Traversier, Mélanie (dir.), Le royaume de Naples à l’heure française (1806-1815). Revisiter l’histoire du decennio francese, Villeneuve-d’Ascq, Presses du Septentrion, 2018, pp. 13-28.

-« Dalla missione scientifica al pellegrinaggio politico : il Viaggio da Napoli al Pizzo di Mariano D’Ayala (1842) », Viaggiatori. Circolazioni, scambi ed esilio (secoli XII-XX), 3, septembre 2018, pp. 378-400.

-« Patriotisme libéral et nation catholique. Les prêtres libéraux dans la révolution napolitaine de 1820-1821 », Studi storici. Rivista della fondazione Gramsci, 58/3, 2017, pp. 541-567.

-« Une religion politique. Les usages des martyrs révolutionnaires dans le royaume des Deux-Siciles (années 1820-années 1850) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 64/1, janvier-mars 2017, pp. 7- 31.

-« Les répercussions de la campagne de Russie dans le royaume de Naples (1812-1815) : origine ou révélateur d’une crise politique ? », Annales historiques de la Révolution française, 384, 2016/2, pp. 131-156.

-(avec Guillaume Roubaud-Quashie), « La prosopographie, une ressource pour l’histoire sociale. Introduction », Hypothèses 2014. Travaux de l’École Doctorale d’histoire de l’Université Paris-1, 18, 2015, pp. 263-274.

-« De l’État muratien à l’État bourbon : la transition de l’appareil étatique napolitain sous la Restauration (1815-1830) », dans Caron, Jean-Claude, Luis, Jean-Philippe (dir.), Rien appris, rien oublié ? Les Restaurations dans l’Europe post-révolutionnaire, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2015, pp. 37-50.

-« De la petite patrie aux sympathies pour Naples ? Le rôle politique du souvenir de Murat dans le Lot sous le Second Empire », dans Simien, Côme, Bouchet, Julien (dir.), Les passeurs d’idées politiques au village en France de la Révolution aux années 1930, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2015, pp. 253-266.

-« Fraternités libérales et insurrections nationales : Naples et l’Espagne, 1820-1821 », Revue d’histoire du XIXe siècle, 49, 2014/2, pp.193-211.

-« Les correspondances, un outil pour reconstituer les réseaux libéraux napolitains (premier XIXe siècle) », Page 19. Bulletin des doctorants et des jeunes chercheurs du Centre d’histoire du XIXe siècle, 1, hiver 2013, pp. 67-71.
 

Mots-clefs

Martyrs politiques ; hagiographies politiques ; révolutions ; histoire comparée ; 1848 ; Espagne ; Etats italiens ; politisation.