Julie LAVIELLE

1989
Docteure en science politique
Institut des Sciences sociales du politique (U.M.R. 7220)
julie.lavielle@casadevelazquez.org
 

 

Parcours académique et professionnel 

2020 - Qualification aux fonction de maître de conférences (sections 04 et 19)

2019 - Doctorat en science politique. Mémoires d’une violence rémanente : genèse, appropriations et contestations des lieux de mémoire en Colombie, sous la direction de Marie-Claire Lavabre, soutenue le 29 janvier 2019, Université Paris Nanterre.

2017-2019 - ATER (mi-temps) au département de droit et de science politique de l’Université Paris Nanterre

2012-2016 - Vacataire d’enseignement au département de droit et de science politique de l’Université Paris Nanterre

2012 - Diplôme de l'Institut d'Etudes Politique de Bordeaux
Master 2 recherche, sociologie politique, UFR de sociologie de l'Université de Bordeaux


Prix, bourses et distinctions

2020 - Prix scientifique des Éditions L’Harmattan pour la publication d’un ouvrage issu de la thèse dans la collection « Recherches Amériques Latines »

2013-2016 - Contrat doctoral, Labex Les passés dans le présent, Université Paris Nanterre

2012, 2013 - Lauréate de la bourse de recherche de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale


Recherches en cours

Titre du projet de recherche à la Casa de Velázquez : Voir le conflit au musée. Une étude des rapports ordinaires au passé au Pays basque.

Ce projet prolonge les recherches que j’ai menées dans le cadre de ma thèse de science politique portant sur les mobilisations sociales autour des musées de la mémoire et des mémoriaux en Colombie. Il étudie ainsi les liens entre les mises en récit du passé conflictuel basque et espagnol divulguées au sein de plusieurs lieux de mémoire au Pays basque et les rapports au passé des visiteurs. L’originalité du projet est qu’il s’intéresse aux rapports ordinaires au passé (Dos Santos & Lavabre, 2017), c’est-à-dire aux mémoires des acteurs qui ne sont pas des entrepreneurs de mémoire, des militants ou des professionnels de l’histoire. Ce choix a pour objectif de dénouer deux grandes questions de recherche qui sont importantes tant du point de vue scientifique que social. 
La première est l’existence d’une « mémoire mondialisée » (Rousso, 2007) qui se traduirait par une homogénéisation dans le monde des valeurs (la compassion, le respect des droits de l’homme) et des pratiques (la commémoration, le recueillement). Cette mémoire mondialisée peut se voir au Pays basque comme en Colombie, où les divisions liées aux conflits passés semblent se fondre dans la figure universelle de la victime et la « culture de la paix ». Dans une perspective de sociologie de la mémoire, ce projet explore les décalages et les recoupements entre les souvenirs collectifs et individuels du passé et les mises en récit publiques des passés douloureux qui tendent à se standardiser. 

La question des différents ordres moraux et des principes de jugement qui organisent la répartition entre la paix et la violence est également au cœur de ce projet. J’ai commencé à étudier cette question en Colombie, où j’ai montré que même si la douleur des victimes et la construction de la paix semblent être des impératifs à l’échelle nationale, la violence peut être localement perçue comme fatale et reste parfois justifiée par les habitants lorsqu’elle est exercée à des fins considérées comme justes. Le cas du Pays basque est particulièrement intéressant pour poursuivre cette étude car la condamnation ferme de la violence fait encore débat (Baby, 2016). Interroger les publics des lieux de mémoire est ainsi une stratégie de recherche qui permet saisir ces tensions qui innervent la société basque quant à son passé et quant aux modalités de construction et de fonctionnement de la paix.  


Publications 

Ouvrage

2020 (automne) - Ouvrage issu de la thèse en cours de rédaction à paraître dans la collection « Recherches Amérique Latine » des Éditions l’Harmattan.


Articles dans des revues a comite de lecture

2020 - « Mémoire reconnue et mémoires méconnues du conflit armé colombien : le cas du massacre de Trujillo », Critique Internationale, vol.3 no. 88.

« Museificar la violencia pasada y presente. Un estudio de las percepciones de los visitantes del Museo Casa de la Memoria de Medellín », Desafíos, vol. 32, no. 2, pp. 1-39. En ligne

2015 - « “Revendiquer nos victimes est la condition première pour avancer sur le chemin de la réconciliation” : construire la paix à travers une politique publique de la mémoire à Medellín (Colombie) », Nuevo Mundo Mundos Nuevos, [en ligne].


Chapitres dans des ouvrages collectifs

2020 - « À quoi servent les politiques de mémoire en Colombie ? Le cas de Medellín », in Yvon Le Bot et Sabrina Melenotte (dir.), Violences extrêmes : comment en sortir ? Ce que nous enseigne l’Amérique latine, Collection 54, Editions de la Maison des Sciences de l’Homme.

2018 - « Faire renaître la ville : le musée de la mémoire comme outil d’intégration politique à Medellín (Colombie) », in Michèle Baussant, Marina Chaulia, Sarah Gensburger et Nancy Venel (dir.), Les terrains de la mémoire. Approches croisées à l’échelle locale, Presses de l’Université Paris Nanterre.


Autre article

2020, «Medellín : quand la ville célèbre ses pauvres pour mieux les évincer», Metropolitiques.eu, (à paraître en juillet) 


Comptes rendus

2019, Charlotte Heath-Kelly, Death and security: memory and mortality at the bombsite, Manchester, Manchester University Press, 2017, in Ethnologie Française, n ° 173, “Attentats”.

2017, Jacobo Grajales Gouverner dans la violence. Le paramilitarisme en Colombie, Éditions Karthala, Collection Recherches Internationales, 2016, in Revue Française de Science Politique, vol.67, n° 4.

2017, Cécile Jouhanneau, Sortir de la guerre en Bosnie-Herzégovine. Une sociologie politique du témoignage et de la civilité, Éditions Karthala, Collection Maydan, 2016, in Ethnologie Française, n° 168.


Communications scientifiques récentes

2019 (28/08), « De l’étude de la violence à la responsabilité collective des violences : les luttes autour de l’analyse du conflit armé colombien (1960 - 2010) », Congrès de l’Association Française de Sociologie, Réseau Thématique « Sociologie des conflits », Aix-en-Provence.

2019 (2/07), « Mettre en récit la violence actuelle en Colombie. La Maison de la mémoire de Tumaco, entre politisation et évitement du politique », Congrès de l’Association Française de Science Politique, Section thématique « Penser la transformation des usages du passé dans les conflits et les politiques de sortie de conflit », Bordeaux.

2019 (15/05), « De l’interprétation à la justification de la violence. Réflexion sur la justice transitionnelle et les mémoires en conflit à partir des cas colombiens et péruviens », Journée d’étude « Trois ans après l’accord de paix en Colombie : diagnostic et horizons », Université catholique de Louvain, (Avec Dorothée Delacroix)

2019 (13/05), « Mettre en récit un massacre : le monument de Trujillo et les multiples cadres d’énonciation de la mémoire », Séminaire Anthropologie du conflit et des politiques de l’aide, Université catholique de Louvain.

2017 (28/11), « A quoi servent les politiques de mémoire en Colombie ? Le cas de Medellín », Colloque international — Sortie de la violence construction de la paix et mémoire historique, Maison de l’Amérique Latine, Paris.

2017 (3/07), « Los usos sociales de un “sentido común” de la memoria en Medellín (Colombia) : el caso del Museo casa de la memoria », Journées des Jeunes Américanistes, Casa Velázquez, Madrid.

2016 (13/12), “Emergence and social uses of a ‘common sense’ around memory in Colombia”, Past Matters, Research Futures: an AHRC Care for the Future ECR Conference, Royal Society, Londres.

 

 

PODCASTS
10/11/2016 - 21min 55s - Espagnol