Grégory REIMOND

Membre associé de PLH-ÉRASME
Université de Toulouse - Jean Jaurès
Mail : gregory.reimond@casadevelazquez.org 





Parcours universitaire et expérience professionnelle

Depuis 2017 : allocataire de recherche, Casa de Velázquez – Université Toulouse Jean-Jaurès. Dans le cadre du dispositif de contrats doctoraux fléchés à l’international (ACI), préparation d’une thèse sous la direction de Corinne Bonnet : « Pierre Paris (1859-1931) : pour une biographie intellectuelle ».
Depuis 2017 : membre du projet de recherche MINECO HAR2016-76940-P « Antigüedad, nacionalismos e identidades complejas en la historiografía occidental (1789-1989): Aproximaciones desde Europa y América Latina », mené sous la direction d’Antonio Duplá (Université du Pays Basque).
2016-2017 : professeur certifié d’histoire-géographie, Lycée français Bon Soleil, Gavà, Barcelona.
2015-2016 : chargé de cours en histoire grecque (Licence 1 et Licence 2 Histoire, parcours bilingue), Université Toulouse Jean-Jaurès, Toulouse, France.
2013-2016 : membre du projet de recherche HAR 2012-31736 « Antigüedad, nacionalismos e identidades complejas en la historiografía occidental (1700-1900) : los casos español, británico y argentino », mené sous la direction d’Antonio Duplá (Université du Pays Basque).
2008-2016 : professeur certifié d’histoire-géographie, « Section européenne » (Lycée Pierre Bourdieu, Fronton ; Lycée Maréchal Soult, Mazamet ; Lycée Bellevue, Toulouse).
2007-2008 : CAPES externe d’histoire-géographie, Université de Provence, Aix-en-Provence.
2005-2007 : Master d’histoire, parcours Sciences de l’Antiquité, Université Toulouse Jean-Jaurès – Universidad Autónoma de Madrid.

Recherches en cours

S’engager dans une thèse ayant pour objet l’étude d’une vie de savant, c’est partir d’un présupposé : ce sont avant tout les hommes qui font l’histoire. Discréditée par les critiques de l’école des Annales et du structuralisme, la biographie historique a connu un retour en grâce depuis les années 1980. Cette renaissance s’est accompagnée d’un « nettoyage » théorique et méthodologique : bien loin des vies de savants chères au XVIIIe siècle, la micro-histoire a favorisé un renouveau fondé sur l’idée que l’approche individuelle, et donc le cas particulier, permettait à l’historien d’approcher la réalité historique à travers un jeu d’échelle qui part du spécifique et suggère de possibles montées en généralité. Pour reprendre l’image de Marc-Antoine Kaeser, « le personnage retenu peut être assimilé à un “œilleton” : l'œil rivé sur cet œilleton, le biographe peut orienter sa visée bien au-delà du personnage, de manière panoramique » (Sciences humaines. Revue d’histoire des sciences humaines, 8-1, 2003, p. 144).

Dans le domaine de l’histoire des disciplines et des savoirs, ainsi que de l’historiographie, cette approche peut se révéler d’une grande richesse. Pour qui s’intéresse à l’histoire de l’archéologie aux XIXe et XXe siècles, entreprendre de retracer le parcours intellectuel d’un savant comme Pierre Paris permet de voir comment cette discipline s’est progressivement construite jusqu’à devenir une science autonome, tout en restant friande d’interdisciplinarité. Il ne s’agit en aucun cas de basculer dans l’anecdotique : l’historien ne peut se satisfaire d’un récit biographique linéaire qui, à la manière d’un almanach, présenterait peu d’intérêt. En revanche, la biographie peut lui permettre d’étudier les relations dynamiques qui s’établissent entre son objet d’étude et un contexte culturel, scientifique, politique, social et même économique en perpétuelle évolution.

L’étude de ces interactions doit être au cœur de la démarche. Le travail de l’historien biographe est d’abord de repérer les tournants, les points de rupture, les moments où la vie et la carrière d’un homme prennent un autre chemin. C’est l’ensemble de ces choix individuels qui, mis en relation avec les différents contextes dans lesquels ils s’opèrent, permettront, in fine, de retracer le parcours intellectuel d’un homme et de son époque. Mais l’élaboration du discours scientifique n’étant jamais l’affaire d’un seul homme, une biographie intellectuelle ne peut faire l’économie d’une démarche prosopographique et d’une analyse de réseaux.

À l’interface entre l’histoire des savoirs et des disciplines, la sociologie, l’épistémologie, l’historiographie, l’histoire culturelle et l’histoire économique et sociale, la biographie intellectuelle trouve donc bien sa place dans l’atelier de l’historien. Elle participe de cette « archéologie des savoirs », telle que Pascal Payen l’a définie (Anabases 1, (2005, p. 9-11). Nos premiers travaux nous ont permis peu à peu de définir un programme de recherche qui peut être résumé de la façon suivante :

  • Axe n°1. Pierre Paris l’Athénien (1879-1885). 
  • Axe n°2. Pratiquer et enseigner l’archéologie et l’histoire de l’art : le professeur de l’Université de Bordeaux (1885-1913). 
  • Axe n°3. D’un pays éloigné l’autre : de l’hellénisme à l’hispanisme (1895-1897). 
  • Axe n°4. La découverte de la culture ibérique : le précurseur. 
  • Axe n°5. Pierre Paris le bâtisseur : l’institutionnalisation de la recherche et de l’enseignement français en Espagne (1909-1931). 
  • Axe n°6. Pierre Paris et la matérialité des savoirs. 
     

Principales publications

- « Pierre Paris, un parcours athénien (1882-1885). Le dossier phocidien : les fouilles du sanctuaire d’Athéna Cranaia », Pallas, 100, 2016, p. 219-249.
- « “Et la Grèce le scella de son empreinte”. Pierre Paris, des lettres à l’archéologie, du Normalien à l’Athénien », Anabases, 22, 2015, p. 167-192.
-  « Pierre Paris, un parcours athénien (1882-1885). Des premiers travaux au noviciat délien : la découverte des études archéologiques », Hormos. Ricerche di Storia Antica, 5, 2013, p. 69-94.
- « Preservar "le génie de chaque siècle". Estado y patrimonio nacional en Francia y en España en el siglo XIX », in C. Papí Rodes, G. Mora & M. Ayarzagüena (éd.), El patrimonio arqueológico en España en el siglo XIX : el impacto de las desamortizaciones, II Jornadas Internacionales de Historiografía Arqueológica de la Sociedad Española de Historia de la Arqueología y el Museo Arqueológico Nacional, 24 y 25 de noviembre de 2010, Madrid, Ministerio de Educación, Cultura y Deporte, 2012, p. 322-349.
- « Des cercles académiques aux réseaux savants de la première moitié du XXe siècle. Stratégie, apport et devenir des réseaux d’archéologues en Espagne (1900-1936) », in C. Bonnet, V. Krings & C. Valenti (dir.), Connaître l’Antiquité. Individus, réseaux, stratégies du XVIIIe au XXIe siècle, « Histoire », Presses Universitaires de Rennes, 2010, p. 231-262.
- « L’Hispania aeterna de Ramón Menéndez Pidal. Histoire et Antiquité dans la pensée pidalienne », Anabases, 9, 2009, p. 147-172.
- « L’archéologie espagnole entre amateurisme et professionnalisme. Quelques notes sur le projet phalangiste de Julio Martínez Santa-Olalla », Kentron. Revue pluridisciplinaire du monde antique, 25, 2009, p. 91-124.
- « Promenades historiographiques en Espagne. Chronique des journées d’étude du Musée archéologique national (31 mai-1er juin 2007) », Anabases, 7, 2008, p. 213-221.