Emmanuel PORTE

24 ans
Doctorant en histoire Aix-Marseille Université
UMR 7303 TELEMME ; LIA MediterraPolis
Mail : emmanuel.porte@casadevelazquez.org 





Parcours universitaire et expériences professionnelles

Depuis septembre 2017 : Doctorant contractuel (Aix-Marseille Université).
Préparation d’une thèse de doctorat en histoire sous la direction de Brigitte Marin, en co-direction avec Eva Botella Ordinas sur le sujet : « Hommes, charognards et environnement urbain dans les sociétés française et espagnole du XVIIIe siècle ».
Juillet 2017 : obtention du CAPES d’histoire et de géographie 
2015-2016 : Master 2 Histoire et humanités spécialité recherche « Le monde moderne et contemporain : Méditerranée, Europe, Afrique », Aix-Marseille Université (mention Très Bien).
Réalisation d’un mémoire de recherche intitulé Le fléau de Lycaon. Une étude de la rage dans la société madrilène du XVIIIe siècle sous la direction de Brigitte Marin.
Tuteur pédagogique du département d’histoire d’Aix-Marseille Université (septembre-décembre 2015). Séjour de mobilité internationale à l'Universidad Autónoma de Madrid dans le cadre du programme Erasmus+ (janvier-juin 2016).
2014-2015 : Master 1 Histoire et humanités spécialité recherche « Le monde moderne et contemporain : Méditerranée, Europe, Afrique », Aix-Marseille Université (mention Très Bien).
Réalisation d’un mémoire de recherche intitulé Au seuil de l'arche. Hommes et animaux dans la ville de Marseille au XVIIIe siècle sous la direction de Brigitte Marin.
2011-2014 : Licence d’histoire, Aix-Marseille Université

Recherches en cours

Hommes, charognards et environnement urbain dans les sociétés française et espagnole du XVIIIe siècle 

Hommes et charognards entretiennent des relations complexes au sein de communautés anthropozoologiques spécifiques qui prennent pour cadre l’environnement urbain. Face à cette coexistence se développent des pratiques, des attitudes et des représentations, fruits de nombreuses interactions. Le XVIIIe siècle tant français qu’espagnol apparaît comme un théâtre particulièrement riche pour qui s’intéresse à la question.

Cette recherche se propose de prendre pour échelle d’analyse la communauté interspécifique. Celle-ci permet de saisir conjointement les charognards, renvoyant à une réalité malléable, non-définie au XVIIIe siècle, qui s'attache à un ensemble d'animaux consommateurs de charognes (canidés, porcs, oiseaux de proies…), les institutions concernées par la question de leur contrôle – police, municipalité, justice, institutions sanitaires et scientifiques -, certaines figures polarisant autour d’elles ces animaux – agents municipaux, bouchers, miséreux, veuves, soigneurs populaires... La convergence de ces acteurs éclaire les réalités et les fantasmes qui naissent de la convivance au sein de la cité, structurant un environnement urbain dynamique.

Les collectifs d’hommes et d’animaux s’inscrivent dans des dimensions spatiale et temporelle qui concourent à faire de la ville européenne du siècle des Lumières un cadre privilégié. Plus que tout autre, l’espace urbain, extensible au périurbain, offre un potentiel relationnel, mettant en évidence les implications de la convivance. Le développement des effectifs urbains, les mutations sociales, mentales et institutionnelles font émerger, au XVIIIe siècle, de nouvelles problématiques parmi lesquelles la question animale trouve pleinement sa place. L’approche comparative franco-espagnole permet alors de soutenir l’idée d’une dynamique ne se limitant pas aux cadres nationaux. Elle éclaire un mouvement général tout en considérant les originalités de chaque ville étudiée (Paris, Marseille, Madrid et Cadix). La multiplication des terrains permet, en outre, de multiplier les sources disponibles. Actes de la pratique, archives policières, municipales, juridiques, paroissiales, productions scientifiques, académiques, presse générale et spécialisée, sources littéraires et iconographiques permettent alors d’aborder les multiples questions soulevées par l’étude des hommes et des charognards au sein de l’environnement urbain.

La démarche proposée se veut résolument interdisciplinaire. Elle tente de mettre en relation histoire des animaux - par le biais d’une histoire des communautés anthropozoologiques considérant chaque individu comme acteur inscrit dans une dimension collective - et histoire urbaine – à travers une histoire environnementale de l’urbain permettant de saisir conjointement hommes, charognards et leurs inscriptions dynamiques au sein d’un même habitat tout en offrant une cohérence aux nombreux thèmes abordés. Cette mise en relation laisse deviner un recoupement plus large entre histoire et écologie qui ne néglige pour autant pas d’autres disciplines (anthropologie, géographie, sociologie). Réflexions historique et écologique s’enrichissent alors mutuellement tant par leurs objets, leurs concepts que leurs méthodes, offrant de nouvelles pistes d’exploration.

Communications et publications

- « Une zoonose comme métaphore. Une lecture anthropologique de la rage dans l’Espagne des Lumières », Colloque « La rage dans tous ses états : des approches antiques aux recherches actuelles », MuCEM/CPAF-TDMAM, Marseille, 28-29 septembre 2017. (Publication des actes prévue).
- « L'émergence d'un nuisible, peste et recomposition des communautés "anthropocanines" (Marseille, 1720-1759) », ive rencontres internationales Des bêtes et des hommes « Les animaux sont dans la place, la longue histoire d'une cohabitation », Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis/Calhiste, Valenciennes, 11-12 mai 2017. (Publication des actes en cours).

Mots clés

Communautés anthropozoologiques, relations interspécifiques, charognards, convivance, environnement urbain, histoire urbaine, XVIIIe siècle, France, Espagne.