Arthur HAUSHALTER

29 ans
Agrégé de grammaire
Université de Reims
Mail : arthur.haushalter@casadevelazquez.org



Parcours universitaire et expériences professionnelles

2011 : Boursier de l’EHEHI – Casa de Velázquez (Juillet)

2008-2012 : Professeur de lettres classiques dans le secondaire

2009-2010 : Chargé de cours à l’Université de Reims (Philologie ancienne et grammaire comparée des langues indo-européennes, version latine)

2009 : Agrégation de grammaire (2e)

2004-2005 : D.E.A (dir. D. Marcotte, Reims) « Les sources des Merveilles incroyables d’au-delà de Thulé et la méthode d’Antonios Diogénès »

2003-2004 : Maîtrise de lettres classiques (dir. D. Marcotte, Reims) :
« Les coupeurs de têtes et les buveurs de lait. La représentation du quart nord-est de l’œkoumène »
Université de Reims

Recherches en cours

Depuis septembre 2010
Préparation d’une thèse de doctorat : « La construction d’une géographie de la péninsule Ibérique de Polybe à Ptolémée », sous la direction de Didier Marcotte (Université de Reims)

La péninsule Ibérique est, comme telle, réellement entrée dans la science géographique antique par la conquête romaine. Et c’est même par la voix d’un général grec romanisé, Polybe, que les avancées des légions commencèrent à faire voler en éclat l’Occident du géographe et philologue alexandrin Ératosthène de Cyrène, qui reposait fondamentalement sur la mémoire de la colonisation grecque et de la navigation, enrichie de l’équipée de Pythéas. En effet, tandis qu’avant la deuxième Guerre punique, seul le littoral méditerranéen était réellement connu, des Pyrénées à l’île de Gadès et au pays des Turdétans, en passant par la vallée de l’Èbre et par Carthago Nova, les Histoires de l’ami de Scipion Émilien représentent sans aucun doute la première source littéraire à reconnaître le caractère péninsulaire d’un espace séparé du reste de l’Europe par les Pyrénées, et la généralisation, quoique hésitante, du terme d’Ibérie non plus aux seules côtes méditerranéennes, mais aussi aux territoires de l’intérieur, non encore reconnus alors, jusqu’à l’océan Galatique. Un peu plus de trois siècles plus tard, Ptolémée établissait, sans doute entre les murs du Musée d’Alexandrie, une description de la péninsule Ibérique localisant près de 500 toponymes et une quarantaine de noms de peuples, qui constitue aux yeux des derniers éditeurs de la Géographie une des plus achevées de ses cartes régionales.

Peut-on suivre dans le détail les étapes des progrès de cette construction géographique ? Peut-on en reconnaître les acteurs, voyageurs mandatés par Rome ou par l’empereur, notables, soldats, negotiatores, savants ? Il faut en effet chercher à déterminer dans quelle mesure les innovations dans les pratiques et les représentations géographiques ont pu trouver une traduction dans les descriptions des savants, et les ont amenés à revoir les outils conceptuels de la science alexandrine. Aussi mon enquête se donne-t-elle pour but de reconstituer un véritable stemma de la géographie de la péninsule, qui non seulement fasse apparaître les étapes dans la formation d'une tradition (ce que Ptolémée appelle justement une paradosis), mais aussi qui permette d'identifier, partout où la documentation le permettra, les canaux par lesquels l'information s'est transmise d'un témoin à l'autre. Ce projet fait ainsi le pari de retrouver, fossilisés au milieu des tableaux des géographes, des éléments remontant aux différentes étapes de la présence romaine dans la péninsule aussi bien que les données ou les motifs hérités de la géographie alexandrine ; mais surtout, en décodant les méthodes et les schémas descriptifs des historiens géographes, de faire de ces méthodes elles-mêmes une véritable source documentaire, et de contribuer ainsi à écrire l’histoire des sciences de l’Antiquité.

Publications et activités récentes

- « Graecae inuentionis scientia uel exquisitissimae subtilitatis. Regards romains sur la géographie grecque », dans L’espace dans l’Antiquité. Utilisation, fonction et représentation, L’Harmattan – Paris I Panthéon-Sorbonne, Paris, à paraître (2013).
- Compte-rendu de Beretta M. – Citti F. – Pasetti L. (éd.), Seneca e le scienze naturali, Florence, 2012 dans la Bryn Mawr Clasical Rewiew (Etats-Unis), consultable en ligne (2013).
- « Les colonnes d’Héraclès et l’Occident dans la Géographie de Ptolémée », colloque Détroit(s). Regards croisés sur les représentations de Gibraltar (Antiquité, Moyen Âge), Madrid, 11-12 avril 2013.
- « Les colonnes d’Héraclès des géographes grecs, espace de transition vers le néant », séminaire Analyser les espaces de transition. Dialogue interdisciplinaire autour du détroit de Gibraltar, Rabat, 20-21 septembre 2012.
- Coordination des colloques Détroit(s). Regards croisés sur les représentations de Gibraltar (Antiquité, Moyen Âge), Madrid, 11-12 avril 2013 et Pau, 24-25 octobre 2013.

Mots-clés

Géographie ancienne, chorographie, péninsule Ibérique, Ératosthène, Polybe, Poséidonios, Artémidore, Strabon, Pomponius Méla, Pline l’Ancien, Ptolémée, Itinéraires d’Antonin.