La traduction

Pratiques, enjeux, défis

25AVRIL 2014
Madrid
Séminaire

Coord. : Solange HIBBS, Carole FILLIÈRE (Université Toulouse 2)
Org. : École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), EA 4152 (Laboratoire Lettres, Langages et Arts, Université Toulouse 2)

Lieu de célébration :
Casa de Velázquez
C/ de Paul Guinard, 3
28040 Madrid

Attention : Le nombre d'inscription maximum a été atteint.

Présentation

Ce séminaire intitulé Penser la traduction, qui devrait permettre d’aborder la traduction dans des espaces géographiques et linguistiques différents ainsi qu’à des époques diverses, est une réflexion ouverte aux apports de l’interdisciplinarité. La traduction en tant qu’activité complexe et multiforme suscite l’intérêt de chercheurs et de spécialistes dans des domaines aussi divers que la linguistique textuelle, la psycholinguistique, l’analyse du discours, la littérature, l’histoire des idées et de la culture. Au cours des dernières décennies, les études sur la traduction en tant qu’activité (la traduction est une médiation), en tant que résultat (critique des traductions) mais aussi en tant que réflexion sur les discours qu’elle génère, occupent une position de moins en moins marginale et circonscrivent un champ d’étude à part entière. Dans ce champ de recherche, il s’agit de penser la traduction non pas en fonction de critères préétablis par une autre discipline mais en fonction de la spécificité qui est la sienne.

Cette spécificité c’est d’abord l’histoire de la traduction afin de mettre à jour le réseau culturel infiniment complexe dans lequel, à chaque époque et dans des espaces différents, elle se trouve prise. Cette perspective a été considérablement enrichie par l’apport d’études récentes comme Histoire des traductions en langue française. XIXe siècle (2012) ,ouvrage coordonné par Y. Chevrel et J-Y Masson, The Oxford History of Literary Translation in English , Volume 4 : 1790-1900 (2006) dont les auteurs sont P. France et S. Gillespie, sans oublier le Diccionario histórico de la traducción en España (2009), publié par F. Lafarga et L. Pegenaute. Par ailleurs l’histoire de la traduction est indissociable de l’historiographie qui, au-delà des manifestations et « produits » du traduire, interroge les discours et les conceptions qui l’organisent.

Histoire et historiographie éclairent d’autres aspects de la médiation et de l’histoire culturelle en révélant le rôle des passeurs, des médiateurs que sont les traducteurs. Il apparaît essentiel aujourd’hui de s’intéresser aux figures de ces traducteurs, plus ou moins connus, professionnels, écrivains et philosophes, parfois même éditeurs qui ont contribué de façon parfois peu visible à la circulation des idées, des imaginaires et des œuvres.  En outre, ces intermédiaires font partie d’une chaîne d’acteurs dans un système où s’exercent différentes formes de régulation (relations entre maisons d’édition, auteurs et traducteurs, droits de la propriété) et où les choix et les décisions ne répondent pas seulement à des critères esthétiques, culturels et politiques. Ces traducteurs alimentent aussi l’imaginaire collectif et leurs représentations dans le monde de la littérature (roman et théâtre), du cinéma, se retrouvent dans la culture populaire.

La spécificité de la traduction est d’être devenue sujet et objet d’un savoir propre qui soulève nombre de questions épistémologiques. Elle est de moins en moins considérée dans un simple rapport de hiérarchie avec l’écriture, elle est devenue un lieu de réflexion sur l’écriture elle-même. La réflexion traductologique doit être en mesure de rendre compte de la complexité du continuum qui lie le traduire à l’écriture. Il est légitime de s’interroger sur la valeur de la traduction comme lieu d’expérimentation et d’exploration de l’écriture, sur les liens qui unissent traduction et création chez certains écrivains au sens large du terme, sur l’auto-traduction comme dédoublement qui produit sa propre esthétique de réception. C’est dans cette perspective que peuvent être analysées certaines pratiques comme l’adaptation, la réécriture,  ou la
« tradadaptation » ou la « transcréation » pour reprendre certaines métaphores hybrides à l’image de ce processus. La traduction peut ainsi devenir un espace d’expérimentation qui interroge l’absolu de l’écriture et relativise les notions d’autorité et de canon. Elle est aussi un espace de « trans-gression » favorisant des stratégies de résistance face aux normes et aux règles de l’environnement social et politique dominant. C’est le cas dans la constitution d’affirmations identitaires liées au genre et aussi dans le cas d’une traduction à visée émancipatrice Dans certains contextes nationaux particuliers de domination, l’appropriation linguistique et culturelle par la traduction peut donner naissance à de nouveaux textes.

Ce séminaire sera l’occasion de rencontres et de dialogue entre auteurs/es, traducteurs et traductrices, chercheurs/ses et tous ceux qui s’intéressent à l’inhérence essentielle de la traduction au langage et à la pensée.

Programme

VENDREDI 24 JANVIER

HISTOIRE ET HISTORIOGRAPHIE DE LA TRADUCTION

9h30-10h

Ouverture
Michel BERTRAND
Directeur de la Casa de Velázquez

Introduction
Solange HIBBS et Carole FILLIÈRE
Université Toulouse 2

10h-14h


Luis PEJENAUTE RODRÍGUEZ
Universitat Pompeu Fabra (Barcelona)
Historiografía de la traducción: definiciones, métodos, fuentes, funciones y problemas

Yves CHEVREL
Université Paris 4
Les traductions : objets de quelle(s) histoire(s) ?

Peter FRANCE
University of Edinburgh
Le rôle changeant de la traduction dans l’histoire de la culture : le cas britannique

16h-17h30

Francisco LAFARGA MADUELL
Universitat de Barcelona
Ecrire ou récrire l’histoire de la traduction au XIXe siècle en Espagne

VENDREDI 21 FÉVRIER

L’INVENTION DU MÉDIATEUR : REPRÉSENTATIONS DU TRADUCTEUR EN LITTÉRATURE, À L’ÉCRAN ET AU THÉÂTRE

9h30-14h

Introduction
Solange HIBBS et Carole FILLIÈRE
Université Toulouse 2

Antonio LAVIERI
Università degli studi di Palermo
L’invention littéraire du traducteur. Imaginaires du traduire et traductologie savante

Adriana SERBAN et Julie SAUVAGE
Université Montpellier 3
Le fictional turn en traductologie et les traducteurs dans la fiction

16h-17h30

Reine MEYLAERTS
Université catholique de Louvain
Figures du traducteur et multilinguisme : nouveaux défis pour la traductologie

VENDREDI 28 MARS


LANGUES NATIONALES ET TRADUCTION


9h30-14h

Introduction
Solange HIBBS et Carole FILLIÈRE
Université Toulouse 2

Helena TANQUEIRO
Universitat Autònoma de Barcelona
Reflexiones sobre la traducción de obras autotraducidas (entre lenguas románicas)

Gérard GUIX
Écrivain et dramaturge
Cómo superar el pánico a una mala traducción de tu obra literaria

Francesc PARCERISAS
Universitat Autònoma de Barcelona
Consideraciones sobre la asimetría de las traducciones entre las lenguas peninsulares

16h-17h30

Josep Maria MIRÓ COROMINA
Metteur en scène, dramaturge
La traducción teatral: generosidad, complicidad y sentido escénico

Fabrice CORRONS
Université Toulouse 2
Hacia un estado de la cuestión de la traducción del teatro catalán y de su programación en el tejido teatral madrileño (1980-2013)

VENDREDI 25 AVRIL

TRADUCTION-CRÉATION, TRADUCTION ÉCRIVANTE

9h30-14h

Introduction
Solange HIBBS et Carole FILLIÈRE
Université Toulouse 2

Jean-Yves MASSON
Université Paris 4
Lire la traduction

Clara JANÉS
Écrivain et traductrice
La traducción como conjuro

16h-17h30

Laurence BREYSSE-CHANET
Université Paris 4
Rosales tardíos en el parque de Névons. Una lectura de la presencia de René Char en la escritura última de Antonio Gamoneda

Jenaro TALENS
Université de Genève / Universitat de València
La escritura llamada traducción

PODCASTS
18/01/2017 - 32min 33s - Espagnol