Laurine MANAC'H

1991
Doctorante en Histoire Moderne
Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne, Mondes Américains
Agrégée d’histoire
laurine.manach@casadevelazquez.org

 

Parcours universitaire

2017 – 2019 : Doctorante contractuelle chargée d’enseignement à l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne, Mondes Américains (UMR 8168), CRALMI/CERMA.

Depuis septembre 2017 : préparation d’une thèse de doctorat en histoire sous la codirection de Mme Annick Lempérière, Professeur des Universités (Paris 1, CRALMI) et de M. Clément Thibaud, Directeur d’études (EHESS, CERMA), intitulée : Relations économiques, droit, institutions : les associations commerciales dans le monde hispanique à l’âge des révolutions. Catalogne, Río de la Plata, 1778-1840.

2016 : Reçue à l’agrégation externe d’histoire (reçue 12ème /96).

2012 – 2014 : Master Recherche en sciences sociales, mention histoire et civilisations à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), mention TB. Mémoire préparé au centre d’études nord-américaines sous la direction de Mme Cécile Vidal.

2009 – 2012 : Classes préparatoires littéraires au lycée Chateaubriand (Rennes). Admissible à l’École Normale Supérieure de Lyon, section sciences humaines, spécialité histoire et géographie, inscrite sur liste complémentaire (2ème).


Expériences professionnelles

2017 – 2019 : mission d’enseignement à l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne, chargée de TD en histoire.
- niveau L1 : Histoire de l’Europe médiane au XXe siècle.
- niveau L2 : Historiographie.

2016 – 2017 : professeur agrégée stagiaire d’histoire-géographie au lycée Charlemagne (Paris, 75).

2015 – 2016 : enseignante contractuelle de lettres au lycée Henri Matisse (Montreuil, 93).


Bourses 

2017 : Bénéficiaire de l’aide spécifique de la Casa de Velázquez (EHEHI) pour un séjour de recherche en Catalogne


Recherches en cours

Cette recherche doctorale examine les rapports entre entreprise, droit et institutions, à partir de l’étude des pratiques et conceptions juridiques de l’association commerciale dans deux régions hispaniques entre 1778, date du Règlement du comercio libre mettant fin au monopole commercial de Cadiz,  et 1840  : la Catalogne, marquée par l’expansion d’une agriculture commerciale, le développement du commerce avec l’Amérique et un dynamisme manufacturier ; la région de Buenos Aires où se développe une économie agraire exportatrice de plus en plus connectée, à partir de l’indépendance du Río de la Plata déclarée en 1816, aux territoires en voie d’industrialisation de l’Atlantique Nord. Restées à l’écart d’une histoire des entreprises centrée sur l’Europe – plus spécifiquement l’Angleterre – et les États-Unis, c’est-à-dire sur les centres du monde capitaliste de l’époque, ces deux provinces de la Monarchie catholique espagnole à la fin du XVIIIe siècle constituent, tout en présentant des trajectoires politiques et des profils socioéconomiques différents, les pôles commerciaux parmi les plus dynamiques de l’aire hispanique.  

Autrement appelée compagnie ou société de commerce, l’association commerciale constitue un outil par lequel plusieurs personnes structurent leur crédit, en établissant généralement un contrat (oral, sous seing privé, public par-devant notaire). Cet outil utilisé par une pluralité d’acteurs, évoluant dans tous les secteurs se l’économie, offre un aperçu des dimensions juridiques de la gestion du risque et constitue un élément fondamental de l’histoire du capitalisme. A l’âge des révolutions, la Catalogne et le Río de la Plata connaissent des bouleversements générateurs d’incertitude, de risque, mais aussi d’opportunités pour leurs entrepreneurs. Ces bouleversements ont-ils catalysé des innovations dans les pratiques d’association et le droit commercial ? Quels étaient les choix possibles des acteurs économiques pour s’associer et entreprendre ? Peut-on caractériser cette période comme un temps de formalisation juridique des pratiques et relations économiques ?

Ce travail interroge la période des révolutions et indépendances dans l’aire hispanique, étudiée surtout, depuis les années 1980, du point de vue d’une histoire sociale et d’une histoire renouvelée du politique, à l’aune des choix économiques et des transformations juridiques et institutionnelles, en mobilisant une histoire du droit de plus en plus utilisée par les historiens espagnols et argentins pour expliquer les transformations de la période 1750 - 1850. Il privilégie une approche microéconomique, délaissée depuis les années 1980, en mettant au centre de la recherche les pratiques d’association des acteurs  – hommes et femmes – afin de dépasser le contraste, établi de façon dichotomique par la business history, entre une économie d’Ancien Régime dominée par des associations familiales, et une économie moderne capitaliste dominée par les grandes entreprises, en associant les premières à des mentalités entrepreneuriales précapitalistes. Enfin, il s’inscrit dans les renouvellements récents de l’histoire économique, laquelle examine les supports juridiques de l’économie en mobilisant différentes sciences sociales, notamment la sociologie du droit.

A travers l’analyse des pratiques d’association, des formes de règlement des conflits et de l’évolution de la pensée et des normes juridiques,  cette recherche vise à expliquer en quoi les choix des commerçants en matière d’association se comprennent dans le contexte social, juridique et institutionnel dans lequel ils s’inscrivent. Elle entend montrer comment divers acteurs et institutions contribuent à la régulation de l’association commerciale. Il s’agit de comprendre, d’une part, comment la diffusion de nouvelles formes d’association a modifié les procédures judiciaires et la place du tribunal de commerce dans l’appareil institutionnel des territoires étudiés. D’autre part, il s’agit d’examiner les conséquences des modes de règlement des conflits (procédures au tribunal de commerce, procédure devant les juridictions civiles, formes d’arbitrage, etc) sur les pratiques d’association et les usages du droit et des institutions par les acteurs économiques. Les procédures de règlement des litiges constituent autant de moments lors desquels les acteurs (les parties en conflit, les agréés qui les représentent, les juges du tribunal, les arbitres) formulent des préférences en matière de règle du commerce, susceptibles de modifier le droit régissant l’association commerciale.

L’approche comparée d’une région péninsulaire et d’une région américaine est donc essentielle : elle permet, en comparant deux territoires aux traditions juridiques différentes, d’évaluer l’influence des spécificités juridiques catalanes (régime de succession, régime de la dot, option dotale)  sur les choix d’association ; elle permet d’analyser les divergences en matière de règlement des litiges commerciaux, donc de mieux expliquer les transformations institutionnelles respectives des territoires hispaniques à cette période des guerres d’indépendance, autrement dit d’interroger les rapports entre institutions et politique. Cette approche doit permettre une analyse plus fine et représentative de l’aire hispanique, afin de contribuer aux débats anglo-étatsuniens et français relatifs au partenariat et au droit commercial.

Pour ce faire, l’enquête articule les méthodes quantitative et qualitative et entreprend, au-delà de l’étude d’une documentation variée, un examen approfondi des dossiers de procédure des tribunaux de commerce de Barcelone et de Buenos Aires, des sources de l’arbitrage et des contrats d’association. 


Publications et communications 

« Échantillonner et construire une base de données à partir des sources du contentieux commercial impliquant des partenariats d’affaires », atelier « L’histoire et l’historien-ne face au quantitatif » organisé par Claire Zalc et Claire Lemercier, Paris, France,  Janvier 2018.

« Questioning contractual and legal definitions of liability in Spanish Bankruptcy proceedings. The case of a catalan partnership in the aftermath of the Spanish War of Independence », Atelier international, Contextualizing Bankruptcy : Publicity, Space and Time (Europe, 17th to 19th c.), IHA, Paris, mars 2018. Publication à venir.

« Women in Business: a Spanish Perspective on the articulation between Business History and the History of Women and Gender », Atelier, Gender and Empire, Université de Pompeu Fabra, Barcelone, 18-20 Juin 2018. 

Projet de thèse, « Relaciones comerciales, derecho e instituciones : las asociaciones mercantiles en el mundo hispano durante la era de las revoluciones. Cataluña y Rió de la Plata, 1778 – 1840 », présenté lors de l’École thématique « Histoire et sciences sociales, les débats de l’histoire économique – Étudier les acteurs économiques  », coordonnée par Zacarías Moutoukias à l’Université Internationale Menéndez Pelayo Patio de Banderas, Séville, 11-15 juin 2018. Puis dans l’atelier « Hipótesis en construcción. Diálogos y discusiones sobre planes de trabajo iniciales en historia económica », Institut Ravignani, UBA-CONICET, Buenos Aires, 7 septembre 2018.

« Contrats d’association, juridiction commerciale et arbitrage : l’usage des dispositifs institutionnels au service de la présence commerciale étrangère au Río de la Plata ? (années 1820) », Colloque « Les supports institutionnels de la pénétration des marchés extra-européens au XIXe siècle », programme IMERLIB de la Casa de Velázquez, Université de Pompeu Fabra, Barcelone, 13-14 décembre 2018.

« S'associer pour entreprendre : contrats d’association et pratiques juridiques des commerçants au Rio de la Plata (1778-1840) », Atelier doctoral « Histoire de l’Atlantique ibérique moderne et contemporain », EHESS, Paris, 14 mars 2019. 

« Comercio, política económica y transformaciones jurídicas en el tiempo de Bernardino Rivadavia, 1821 – 1827 », « Journées des jeunes américanistes 2019 », EHEHI, Casa de Velázquez, Madrid, 9 – 10 mai 2019.


Animation et valorisation de la recherche

Traduction de l’article John D. Garrigus «« Des Français qui gémissent sous le joug de l’oppression » : the Evolving Question of Identity for Free People of Color during the Early French Revolution », publié dans Cécile Vidal (dir.), Français ? La nation en débat entre colonies et métropole, XVIème-XIXème siècles, Paris, École des hautes études en sciences sociales, 2014.

Co-organisation avec Clément Thibaud de l’atelier doctoral « Histoire moderne et contemporaine de l’Atlantique ibérique », EHESS, Paris, 2018-2019.

Co-organisation (avec Thibault Bechini, Emmanuel Falguière et Gaspard Matton) de l’atelier « Les usages du judiciaire dans les Amériques » pour le Congrès de l’Institut des Amériques, Paris, octobre 2019.


Discutante 

Commentaire du livre de Martín Wasserman, Las obligaciones fundamentales. Crédito y consolidación económica durante el surgimiento de Buenos Aires, Buenos Aires, Prometeo libros, 2018, table ronde organisée dans le cadre de « La Cocina de la Investigación - V Jornadas de Jóvenes Investigadores del Instituto Ravignani », Buenos Aires, 5 octobre 2018.

A l’occasion de l’atelier Atelier « Gouverner, administrer, négocier » : empire informel et commerce » organisé par le Framespa à l’Université de Toulouse-Jean Jaurès, Toulouse, 20 mars 2019.

Commentaire des interventions de Nicolas Terrien, « Essai de géographie historique de la Caraïbe révolutionnaire, 1790-1820  (chapitre de thèse) » et d’Alina Castellanos Rubio, « Vagos » y « malhechores » : figuras heredadas y nuevas prácticas discursivas para la narración del peligro social. Cuba, 1820-1868 », Atelier doctoral « Histoire de l’Atlantique ibérique moderne et contemporain », EHESS, Paris, 8 novembre 2018 et 23 mai 2019.


Mots clefs

révolution ; indépendance ; commerce ; droit ; institutions ; entreprise ; société de commerce ; contrat ; crédit ; tribunal de commerce ; arbitrage ; juridiction ;  capitalisme ; Espagne ; Catalogne ; Rio de la Plata.

PODCASTS
09/06/2016 - 41min 33s - Français