Exhumations inachevées.

Failles et contingences de la recherche des corps en contexte post-conflit. Amérique latine - Europe (XXe - XXIe siècle)

8
Março
-
9
Março 2018
Madrid
Colóquio

Coord. : Sophie BABY (Université de Bourgogne / Institut universitaire de France), Dorothée DELACROIX (Université catholique de Louvain / Marie Skłodowska-Curie), Anne-Marie LOSONCZY (École pratique des hautes études, Paris)
Org. : École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), UMR 7366 (Centre Georges Chevrier, Université de Bourgogne), Institut universitaire de France, UMR 8168 (Mondes américains-CERMA, École des hautes études en sciences sociales), Institut des Amériques
Coll. : Círculo de Bellas Artes - Madrid

Lieu: 
Casa de Velázquez 
C/ Paul Guinard, 3
28040 Madrid

Entrée libre et gratuite

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Présentation

Étapes clés et particulièrement sensibles des processus de justice transitionnelle des contextes de post-conflit, les exhumations de charniers sont pourtant régulièrement l’objet de défaillances et de faiblesses qui les rendent sujettes à de nombreuses interprétations voire remises en question de la part des acteurs et des sociétés civiles. Les multiples implications de ces échecs ont été jusqu’alors peu étudiées. C’est pourquoi ce colloque se propose d’analyser les contingences et les déboires qui caractérisent la recherche des corps en Amérique latine et en Europe dans les dernières décennies.

Comment expliquer ces tentatives frustrées d’exhumation des restes des disparus ? Sans aucun doute, les exhumations constituent un défi technique au croisement de l’archéologie et de la médecine légale, à l’origine d’un certain nombre d’erreurs. Celles-ci permettent-elles d’améliorer les protocoles dans un monde globalisé où circulent les pratiques et les savoirs faire, grâce, par exemple, au rôle pivot d’acteurs présents des deux côtés de l’Atlantique ? Nombreux sont, en outre, les obstacles institutionnels, sociaux et politiques qui se dressent sur le chemin de la découverte des restes enterrés et du récit historique qu’ils contiennent. Échecs, approximations et réitérations caractérisent ainsi les processus d’exhumation. Quelles sont donc les temporalités de ces processus ? Comment prendre en compte la dynamique historique de la perception du succès ou de l’échec d’une exhumation en fonction des attentes et représentations d’une communauté et d’une époque ? Quelles sont les stratégies intimes mises en pratique, tant pour les familles des victimes que pour les acteurs impliqués, face à l’absence de corps, aux restes endommagés ou à l’attente sans réponse ?