VISMIN, nouveau programme de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR)

Recherche Scientifique


Le programme de recherche VISMIN - Visibilité et invisibilisation des minoritaires dans l’espace public a été retenu par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre de son Appel à projets génériques 2020.

Le programme, qui débutera en janvier 2021, est porté par Claire Soussen, professeure d'histoire médiévale à l'université du Littoral Côte d'Opale. Il sera coordonné par l'Université du Littoral Côte d'Opale – ULCO, l’Université de Perpignan – UPVD, l’EHESS et la Casa de Velázquez.

VISMIN s'intègre dans l'axe de recherche "Cités, territoires, citoyennetés" de la Casa de Velázquez en ce qu'il vise à évaluer, par la réalisation d'une base de données spatiales, une analyse fine d'un fait urbain et la cartographie des espaces dédiés aux minorités.
 

Description du programme

Le projet VISMIN se propose d’approcher la question de la visibilité ou de l’« invisibilisation » du fait minoritaire dans l’espace public à la fin du Moyen Âge, en examinant l’évolution de la place de la minorité juive dans quelques villes emblématiques de la Couronne d’Aragon tout en éclairant l’analyse à l’aide du contrepoint que constituent la ville de Tolède, ainsi que la ville de Grenade sous domination musulmane jusqu’en 1492.

Partant du constat que, durant les trois derniers siècles du Moyen Âge, les pouvoirs en Occident balancent entre deux attitudes contradictoires : gommer les différences dans une logique intégratrice correspondant à l’idéal de la Societas Christiana, et distinguer les minoritaires afin de circonvenir la menace qu’ils semblent incarner de plus en plus à leurs yeux, il s’agira d’analyser les enjeux et les effets de cette tension entre visibilité et « invisibilisation » dans l’espace urbain.

Pour ce faire, le projet examinera les différents champs dans lesquels elle s’exprime : urbanistique, économique, politique et religieux. Conçu comme pleinement interdisciplinaire, il empruntera à la paléographie, à la cartographie, à l’archéologie et à l’anthropologie, et mobilisera les ressources de la géomatique.

L’analyse de la documentation textuelle débouchera sur la réalisation d’une base de données spatiales, qui, couplée aux fonds cartographiques géoréférencés, aux cadastres et aux cartes historiques anciennes des villes considérées, permettra l’élaboration de cartes, plans et couches qui mettront en évidence l’évolution spatiale des quartiers juifs et de la présence des minoritaires dans l’espace public.

 

 

PODCASTS
29/05/2018 - 38min 14s - Espagnol