Stratégies de réenchantement

13JUILLET - 31AOûT 2018
Exposition

Dans le cadre du Festival PHotoEspaña 18
Marie B. SCHNEIDER, Sylvain COUZINET-JACQUES, David DE BEYTER

Org. : Casa de Velázquez – Académie de France à Madrid, Institut français de Madrid
Coll. : Alliance française de Málaga

Vernissage : jeudi 12 juillet à 19.30

Du 13 juillet au 31 août 2018
(Fermé le 15 août)

L-V: 9h-19h – Entrée gratuite

Lieu :
Galerie du 10
Institut français de Madrid
C/ Marqués de la Ensenada 10
28004 - Madrid


Présentation

L'Institut français de Madrid et la Casa de Velázquez présentent Stratégies de rénchantement, nouvelle exposition des photographes de l'Académie de France à Madrid, dans le cadre du Festival PHotoEspaña 18.

Dans un monde en pleine mutation, marqué par la révolution technologique et les traces des récentes crises mondialisées, notre rapport aux images s'est transformé. Saturés de données, au rythme d'une époque aussi rapide qu'hyperconnectée, nous sommes entourés par le visuel.

Plus que jamais, il est nécessaire de réfléchir à notre façon de percevoir le monde sensible et d'inventer de nouvelles façons de voir, de regarder et de ressentir. Ainsi, la figure de l'artiste visuel prend un rôle de plus en plus important, dirigeant et arrêtant notre regard pour donner au spectateur la possibilité de questionner ce qui est vu et ce qui est caché.

L'exposition présentée par l'Institut français de Madrid et la Casa de Velázquez s'articule autour de cette question. Les trois photographes exposés, tous résidents de l'Académie de France à Madrid - section artistique de la Casa de Velázquez - développent des propositions visuelles qui cherchent à établir un autre type de communication avec le média et à mettre en valeur de nouveaux idéaux, en accord avec leur époque.

De là naissent ces "stratégies de réenchantement" qui donnent son titre à l'exposition.

Selon les mots de Sonia Berger (La Troupe - Madrid), commissaire de l'exposition, Marie B. Schneider, Sylvain Couzinet-Jacques et David De Beyter "bien que d'une manière différente dans leur travail et dans leurs formalisation, activent des stratégies qui recontextualisent le sens de la photographie et la présentent comme un espace de résistance qui tenterait non pas de transformer la société, mais de la conduire vers une interprétation des faits et des choses".

L'exposition sera ouverte à partir du jeudi 12 juillet à 19h30 à la Galerie du 10, salle d'exposition de l'Institut français de Madrid, et sera visible jusqu'au 31 août 2018.

Les artistes

Marie B. Schneider a commencé son projet Chaosmos en 2009, capturant l'architecture urbaine dans différentes villes d'Europe. Année après année, ces photographies, dont le rythme naît de l'accumulation, créent une sorte de répétition rituelle.

Les points de vue frontaux choisis par l'artiste révèlent en fin de compte l'uniformité des périphéries de nos villes, soulignant ainsi subtilement la ségrégation sociale produite par les modèles néolibéraux de développement urbain. Durant son étape espagnole, en plus des éléments architecturaux et architectoniques qui se distinguent par leur puissance purement visuelle, la méthode itérative se concentre sur une périphérie abandonnée, les vestiges de la récente bulle immobilière.

mariebschneider.com


Sylvain Couzinet-Jacques
Alors que dans son précédent travail en Espagne, Standards&Poors, Sylvain Couzinet-Jacques s'intéressait aux effets de la spéculation immobilière, son séjour en résidence à la Casa de Velázquez lui a permis de se concentrer sur celle que l'on nomme la "génération perdue". Ceux là même qui, devenant à peine adultes, se sont vus affectés par la crise et qui gonflent un des taux de chômage des jeunes les plus élevés d'Europe.

Alliant photographie, vidéo, capture sonore et création musicale, Sylvain Couzinet-Jacques adopte avec Sub Rosa un ton fragmenté et émotionnel, illustrant la désorientation de cette génération face aux structures de pouvoir dominantes. Les allusions aux vieilles fissures et à l'échec de la politique en termes nationaux et européens sont filtrées à travers une lumière crépusculaire, dont la texture raconte non seulement une histoire mais aussi un état de conscience dans un calme apparent. La stupeur muette d'une génération blessée.

couzinetjacques.com


David De Beyter
Dans son projet Relics of Technological Goddess, David De Beyter s'intéresse à l'ufologie, discipline souvent définie comme étant à mi-chemin entre la science et la religion. Cette œuvre devient à la fois un inventaire des vestiges technologiques et un exercice de fiction, à travers la reconstitution de scènes qui rendraient compte des faits étudiés par une communauté d'ufologues espagnols.

Cependant, ce n'est pas l'utopie extraterrestre dont il s'agit dans ce projet, mais un récit technologique et existentiel. Il dépeint l'horreur, à la fois fascinante et effrayante, vécue face au danger de l'annulation de l'humain, qui a si souvent attiré les artistes, dans une œuvre qui représente à la fois une transgression esthétique et une invitation à imaginer l'avenir sur la base des récits apocalyptiques du présent.

daviddebeyter.com