Grégory REIMOND

1984
Doctorant en histoire contemporaine
Université Toulouse – Jean Jaurès
gregory.reimond@casadevelazquez.org

 

Parcours académique et professionnel

Depuis 2017 - membre du projet de recherche MINECO HAR2016-76940-P « Antigüedad, nacionalismos e identidades complejas en la historiografía occidental (1789-1989): Aproximaciones desde Europa y América Latina », mené sous la direction d’Antonio Duplá (Université du Pays Basque).

2019 - boursier de l’École française d’Athènes (séjour d’un mois en Grèce).

2017-2020 - allocataire de recherche dans le cadre du dispositif de contrats doctoraux fléchés à l’international (ACI), Casa de Velázquez – Université de Toulouse Jean Jaurès.

2016-2017 - professeur certifié d’histoire-géographie, Lycée français Bon Soleil, Gavà, Barcelona.

2015-2016 - chargé de cours en histoire grecque (Licence 1 et Licence 2 Histoire, parcours bilingue), Université Toulouse Jean-Jaurès, Toulouse, France.

2013-2016 - membre du projet de recherche HAR 2012-31736 « Antigüedad, nacionalismos e identidades complejas en la historiografía occidental (1700-1900) : los casos español, británico y argentino », mené sous la direction d’Antonio Duplá (Université du Pays Basque).

2008-2016 - professeur certifié d’histoire-géographie, « Section européenne » (Lycée Pierre Bourdieu, Fronton ; Lycée Maréchal Soult, Mazamet ; Lycée Bellevue, Toulouse).

2007-2008 - CAPES externe d’histoire-géographie, Université de Provence, Aix-en-Provence.

2005-2007 - master d’histoire, parcours Sciences de l’Antiquité, Université de Toulouse Jean Jaurès – Universidad Autónoma de Madrid.


Recherches en cours

Sujet de thèse : Pierre Paris (1859-1931), pour une biographie intellectuelle

Le projet de recherche de Grégory Reimond est celui d’un historien-biographe dont le travail s’apparente à celui de l’archéologue : il cherche à réaliser une coupe stratigraphique de l’individu choisi, l’archéologue et historien de l’art Pierre Paris, de façon à révéler les couches – qui sont autant de tranches de vie – accumulées tout au long de sa carrière. Leur ensemble forme sa trajectoire scientifique et une œuvre dont nous sommes les héritiers et les continuateurs.

S’engager dans une thèse ayant pour objet l’étude d’une vie de savant, c’est partir d’un présupposé : ce sont avant tout les hommes qui font l’histoire. Discréditée par les critiques de l’école des Annales et du structuralisme, la biographie historique a connu un retour en grâce depuis les années 1980. Cette renaissance s’est accompagnée d’un « nettoyage » théorique et méthodologique : bien loin des vies de savants chères au XVIIIe siècle, la micro-histoire a favorisé un renouveau fondé sur l’idée que l’approche individuelle, et donc le cas particulier, permettait à l’historien d’approcher la réalité historique à travers un jeu d’échelle qui part du spécifique et suggère de possibles montées en généralité. Pour reprendre l’image de Marc-Antoine Kaeser, « le personnage retenu peut être assimilé à un “œilleton” : l'œil rivé sur cet œilleton, le biographe peut orienter sa visée bien au-delà du personnage, de manière panoramique » (Sciences humaines. Revue d’histoire des sciences humaines, 8-1, 2003, p. 144).

Dans le domaine de l’histoire des disciplines et des savoirs, ainsi que de l’historiographie, cette approche peut se révéler d’une grande richesse. Pour qui s’intéresse à l’histoire de l’archéologie aux XIXe et XXe siècles, entreprendre de retracer le parcours intellectuel d’un savant comme Pierre Paris permet de voir comment cette discipline s’est progressivement construite jusqu’à devenir une science autonome, tout en restant friande d’interdisciplinarité. Il ne s’agit en aucun cas de basculer dans l’anecdotique : l’historien ne peut se satisfaire d’un récit biographique linéaire qui, à la manière d’un almanach, présenterait peu d’intérêt. En revanche, la biographie peut lui permettre d’étudier les relations dynamiques qui s’établissent entre son objet d’étude et des contextes culturels, scientifiques, politiques, sociaux et même économiques en perpétuelle évolution.

L’étude de ces interactions doit être au cœur de la démarche. Le travail de l’historien biographe est d’abord de repérer les tournants, les points de rupture, les moments où la vie et la carrière d’un homme prennent un autre chemin. C’est l’ensemble de ces choix individuels qui, mis en relation avec les différents contextes dans lesquels ils s’opèrent, permettront, in fine, de retracer le parcours intellectuel d’un homme et de son époque. Mais l’élaboration du discours scientifique n’étant jamais l’affaire d’un seul homme, une biographie intellectuelle ne peut faire l’économie d’une démarche prosopographique et d’une analyse de réseaux.

À l’interface entre l’histoire des savoirs et des disciplines, la sociologie, l’épistémologie, l’historiographie, l’histoire culturelle et l’histoire économique et sociale, la biographie intellectuelle trouve donc bien sa place dans l’atelier de l’historien. Elle participe de cette « archéologie des savoirs », telle que Pascal Payen l’a définie (Anabases 1, 2005, p. 9-11).

En somme, ce projet de thèse allie deux approches complémentaires. D’une part, l’écriture d’une biographie intellectuelle, dans une perspective qui est celle de l’histoire culturelle. D’autre part, l’étude de l’œuvre de Pierre Paris, dans la perspective historiographique de la réception de l’Antiquité et des conditions de production des savoirs. Ce travail vise donc à étudier les différentes tranches de vie qui composent sa carrière et impliquent des contextes variés, à les faire dialoguer afin de comprendre dans quelle mesure la trajectoire de Pierre Paris se nourrit de ces expériences et milieux successifs, une approche qui tient de l’histoire croisée dans une perspective transnationale et de celle de l’archéologie des savoirs. Il ne s’intéresse pas seulement à la figure de l’hispaniste, mais aussi à l’helléniste, à l’historien de l’art, au professeur, à l’administrateur, pas seulement à l’homme mais aussi à ses environnements. Ce travail se propose en particulier de relire le parcours et l’œuvre de l’hispaniste au regard de son itinéraire d’helléniste en cherchant à comprendre ce qu’a produit cette rencontre. Cette recherche s’appuie sur des sources complémentaires : les publications de Pierre Paris, des archives institutionnelles et des archives privées. Parmi elles, certaines ont pris une importance particulière dans ce travail : il s’agit de la correspondance de Pierre Paris.


Principales publications

- « L’école municipale des beaux-arts et des arts décoratifs de Bordeaux et la référence antique : la formation des artistes entre beaux-arts et arts appliqués (1878-1906) », Veleia, 36, 2019, p. 37-56.

- « Arcaísmo y clasicismo en el pensamiento de Pierre Paris: los escultores griegos a la conquista del movimiento », dans Antonio Duplá Ansuátegui, Eleonora Dell’ Elicine et Jonatan Pérez Mostazo (éd.), Antigüedad clásica y naciones modernas en el Viejo y el Nuevo Mundo, Madrid, Ediciones Polifemo, 2018, p. 155-182.

- « Ce jour de mars où Pierre Paris partit pour la Grèce. Quelques notes sur ses “Souvenirs d’Athènes” (1894) », Anabases, 28, 2018, p. 315-323.

- « Stratégies de pouvoir et milieu universitaire dans le contexte de l’affaire Dreyfus. Le cas bordelais (1898-1899) », Mil neuf cent, 36, 2018, p. 135-153.

- « Pierre Paris, un parcours athénien (1882-1885). Le dossier phocidien : les fouilles du sanctuaire d’Athéna Cranaia », Pallas, 100, 2016, p. 219-249.

- « “Et la Grèce le scella de son empreinte”. Pierre Paris, des lettres à l’archéologie, du Normalien à l’Athénien », Anabases, 22, 2015, p. 167-192.

-  « Pierre Paris, un parcours athénien (1882-1885). Des premiers travaux au noviciat délien : la découverte des études archéologiques », Hormos. Ricerche di Storia Antica, 5, 2013, p. 69-94.

- « Preservar "le génie de chaque siècle". Estado y patrimonio nacional en Francia y en España en el siglo XIX », in C. Papí Rodes, G. Mora & M. Ayarzagüena (éd.), El patrimonio arqueológico en España en el siglo XIX : el impacto de las desamortizaciones, II Jornadas Internacionales de Historiografía Arqueológica de la Sociedad Española de Historia de la Arqueología y el Museo Arqueológico Nacional, 24 y 25 de noviembre de 2010, Madrid, Ministerio de Educación, Cultura y Deporte, 2012, p. 322-349.

- « Des cercles académiques aux réseaux savants de la première moitié du XXe siècle. Stratégie, apport et devenir des réseaux d’archéologues en Espagne (1900-1936) », in C. Bonnet, V. Krings & C. Valenti (dir.), Connaître l’Antiquité. Individus, réseaux, stratégies du XVIIIe au XXIe siècle, « Histoire », Presses Universitaires de Rennes, 2010, p. 231-262.

- « L’Hispania aeterna de Ramón Menéndez Pidal. Histoire et Antiquité dans la pensée pidalienne », Anabases, 9, 2009, p. 147-172.

- « L’archéologie espagnole entre amateurisme et professionnalisme. Quelques notes sur le projet phalangiste de Julio Martínez Santa-Olalla », Kentron. Revue pluridisciplinaire du monde antique, 25, 2009, p. 91-124.


Mots clés

Pierre Paris, archéologie, histoire de l’art, beaux-arts, réception de l’Antiquité, hellénisme, hispanisme, culture ibérique, histoire croisée, réseaux savants, correspondances, transnational, Bordeaux, Grèce, Espagne, École française d’Athènes, Casa de Velázquez

 

 

PODCASTS
05/09/2016 - 9min 38s - Espagnol