Mobilité et religions en Afrique méditerranéenne

(Antiquité - Temps présent)

10JUIN - 13JUIN 2019
Rabat
École thématique

Réseau des études maghrébines

Coord. : Sophie BAVA (LPED – UMR 151 AMU-IRD), Stéphanie GUÉDON (EA 4270-CRIHAM, Université de Limoges)
Org. : Centre Jacques-Berque (UMIFRE 2, USR 3136, Rabat), École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), École française de Rome, Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (UMIFRE 1, USR 3077, Tunis)
Coll. : UMR 151 (Laboratoire Population, Environnement, Développement, Aix-Marseille Université – Institut de recherche pour le développement), IRD/LMI Movida, EA 4270 (CRIHAM, Université de Limoges), Université Internationale de Rabat

Inscription obligatoire
Inscriptions closes

Lieu :
Centre Jacques Berque
35 R401, Rabat 10020, Maroc
 

Présentation

L’École thématique s’inscrit dans le cadre de la collaboration scientifique entre l’École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), l’École française de Rome, le Centre Jacques Berque (CJB, Rabat) et l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC, Tunis) visant à promouvoir le dialogue interdisciplinaire et la formation doctorale en sciences humaines et sociales des jeunes chercheurs dédiés à l’étude du Maghreb. Pour cette session, l’IRD et l’université internationale de Rabat (Chaire Sociétés Cultures et Faits religieux), ainsi que l’université de Limoges, ont également apporté leur soutien.

La circulation d’individus et les dynamiques religieuses associées sont au cœur des questions les plus récentes posées par l’actualité des mobilités en Afrique méditerranéenne. À travers cet atelier thématique de formation doctorale, il s’agira alors d’interroger le fait religieux et les constructions religieuses issues des mobilités qui, au cours de l’histoire, ont traversé l’Afrique du Nord, la plaçant comme interface entre la Méditerranée et l’Afrique subsaharienne ou encore le Proche-Orient. La prise en compte de la longue durée, de l’Antiquité au temps présent, permet de mesurer pleinement l’héritage de chacune des périodes de l’histoire dans les dynamiques religieuses contemporaines, et les mobilités auxquelles elles sont liées. L’Afrique méditerranéenne a constitué un point de rencontre majeur entre les trois grandes religions.

Le développement précoce du christianisme en Afrique, dont l’origine reste encore mal connue, s’est appuyé sur une circulation continue de fidèles, permettant de relier entre elles les communautés pastorales africaines et, au-delà, méditerranéennes. Les nouvelles mobilités entraînées par l’islamisation du Maghreb à l’époque médiévale, et les luttes politiques et religieuses qu’elle impliqua, ont affecté en profondeur les sociétés d’Afrique du Nord, et plus largement les relations entre le nord et le sud de l’Afrique à l’instigation des marchands missionnaires berbères ibâdites, ainsi qu’entre le nord et le sud de la Méditerranée. L’une des conséquences en fut l’installation durable de communautés juives au Maghreb. Les mobilités contemporaines qui traversent l’Afrique méditerranéenne suscitent de nouvelles dynamiques religieuses et en réactivent d’anciennes. Elles obéissent à des motivations religieuses d’ordre collectif mais également individuel, entre lesquelles il est nécessaire de faire la part lorsqu’il s’agit de cartographier la circulation d’individus. Les études anthropologiques et sociologiques menées du Maghreb à l’Égypte soulignent aussi combien la mobilité elle-même peut être l’occasion de rencontres voire parfois de conversions religieuses.

Nous mesurons en croisant les paradigmes entre mobilités et religion, le rôle joué par le religieux dans le renouvellement de la question migratoire, mais également la place de la migration dans les recompositions religieuses contemporaines entre l’Afrique subsaharienne et l’Afrique méditerranéenne. Dans la migration, la religion façonne les identités, réoriente parfois les routes, revitalise les espaces du culte, accompagne et accueille les étrangers, investit et redéfinit les territoires urbains comme elle peut également poser de nouvelles questions politiques dans les sociétés traversées. Dans la religion, les mobilités questionnent les certitudes, permettent de nouvelles rencontres, créent parfois des conflits mais sont aussi des ressources pour repenser les théologies contemporaines.

L’objectif de l’École thématique est de croiser les approches disciplinaires, les terrains de recherches, les périodes et les corpus de sources afin de proposer aux jeunes participants une ouverture méthodologique et scientifique autour d’une thématique commune d’étude, et d’en explorer toute la richesse. Il s’agira alors, à travers les différents travaux proposés, de s’interroger sur l’origine et les enjeux des mobilités passées et présentes au nord de l’Afrique, en matière religieuse. La formation offerte dans le cadre de cette rencontre est ainsi ouverte aux doctorants et jeunes docteurs en sciences humaines et sociales, dont le champ d’étude s’étend du Maghreb à l’Égypte.

Chaque participant sera amené à s’impliquer activement dans l’enrichissement des échanges par la présentation de son objet de recherche doctorale et la participation à la réflexion collective, qui sera animée par des chercheurs confirmés de plusieurs champs disciplinaires.
 

Encadrants

  • Sophie Bava
    Socio-anthropologue, IRD 
  • Léon Buskens
    Juriste, directeur du NIMAR, attaché chargé de l’enseignement auprès de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Maroc
  • Anouk Cohen
    Anthropologue, CNRS
  • Farid El Asri
    Anthropologue, UIR
  • Lucine Endelstein
    Géographe, CNRS
  • Stéphanie Guédon
    Historienne, Université de Limoges
  • Oissila Saaidia
    Historienne, Université de Lyon et directrice de l'IRMC 
  • Bakary Sambe
    Historien, directeur du Timbuktu Institute 
  • Élise Voguet
    Historienne, CNRS et directrice de l’IISMM
     

Organisation

L’École thématique se déroulera sur quatre journées de travail, en présence de spécialistes reconnus. Elle privilégiera les interventions de doctorants et jeunes docteurs à travers des ateliers de travail consacrés aux recherches doctorales des étudiants qui participeront à la session. Ils seront accompagnés de séances de discussion et d’exposés magistraux. Une soirée-débat ouverte au public est également programmée en parallèle, à l’Institut al-Mowafaqa.

Ces quatre journées ont pour objectif de faire se rencontrer des jeunes chercheurs de chacune des rives de la Méditerranée et d’ailleurs, travaillant sur les questions africaines et partageant une entrée thématique commune, celle des mobilités à travers différentes disciplines.

Elles permettront d’aborder non seulement les savoirs, mais aussi les méthodes de recherche et d'écriture particulières à chacune d’entre elles.