Naomi MELVILLE

Sculpture

Biographie

Naomi Melville a été diplômée de l’ENSAD en juin 2017, où elle a suivi la formation du secteur Art-Espace, visant à développer une pratique artistique personnelle et contemporaine. Elle a ensuite bénéficié d'une résidence aux Antilles françaises, soutenue par la DRAC Ile-de-France et les Ateliers Médicis. Au cours de ses études, elle a eu l’occasion d’établir plusieurs collaborations, notamment avec l’éditeur Bruno Robbe ou la chorégraphe Emilia Giudicelli. En duo avec une autre jeune artiste, Pauline Frémaux, elle développe également un travail performatif sur le langage. En parallèle, cette recherche se poursuit avec l’écriture de textes poétiques.

Naomi Melville poursuit donc une recherche contextualisée, sur des territoires ou des lieux à partir de l’histoire desquels elle nourrit sa production, ou par des collaborations qu’elle veut régulières ou nombreuses. Son travail s’articule d’ailleurs autour des mots de transmission, d’hérédité, en se basant sur l’étude approfondie de pans d’histoires, de phénomènes culturels ou religieux, plus particulièrement de métissages, en s’appuyant sur les généalogies, les documents et les témoignages ; ainsi que sur des systèmes de représentation et de codification exprimant ces derniers avec justesse. À long terme, cette recherche se veut à la fois pratique et théorique, joignant collecte d’archives, prises de notes sur le terrain, tout autant que réalisation d’œuvres finies.

Projet artistique en résidence

Le projet que Noami Melville développe en résidence porte sur l’Inquisition espagnole, plus précisément sur les notions de marranisme et de crypto-religion. Après avoir passé six mois aux Antilles françaises, où son travail s'est développé autour de la construction délicate et complexe de la créolité, elle mène à la Casa de Velázquez un travail davantage auto-centré, déclenché par une recherche généalogique confirmant l’origine judéo-espagnole de sa famille. Cette recherche s'accompagne d'une réflexion autour du mot « convertir », et de son étymologie « cum vertere », puis « convertere » : tourner autour, tourner avec.

En se rendant dans diverses villes espagnoles chargées d’histoire, il s'agit non seulement de recueillir archives et témoignages, mais aussi de s’imprégner de l’environnement sensible - couleurs, formes et senteurs - pour recréer ces fragments d’histoire, telle une mémoire qui lui serait directement suggérée par le lieu. Par ailleurs, elle cherche à faire émerger les similitudes, parallèles et concordances entre objets et images d’époque et contemporains.

Ces recherches donneront lieu à des volumes, installations et textes, mettant en scène des éléments collectés sur le terrain, mais également à la valorisation des prises de notes et du contenu nourrissant cette recherche. Le passage de l’espagnol au français, via le ladino, langue judéo-espagnole datant de l’époque inquisitoire, lui permettra ainsi de poursuivre son travail sur le langage. A la manière d’un archéologue, il s’agit de faire émerger des fragments, puis, par un travail d’artiste, d’en créer le liant, pour restituer une mémoire et l’ouvrir vers d’autres imaginaires.

naomimelville.com