Cissé SEYDOU

1981, Mali
Vidéo

 

 

Biographie

Cissé Seydou est diplômé du Fresnoy-Studio National des Arts Contemporains et du Conservatoire des Arts et Métiers de Bamako. Originaire du Mali, son travail est largement influencé par la culture ancestrale du pays, ses traditions, ses superstitions, mais aussi les mutations diverses que l’animisme a connu au contact d’autres culture.

Dans ses productions, il mêle les temporalités et invite à un voyage dans l’univers des textures et des couleurs, appréhendées comme des éléments à dompter. Pour cela, il emploie différentes techniques et supports, faisant ainsi de la matière l’élément structurant de nombre de ses travaux.

À l’écoute des question posées par la société traditionnelle africaine et les mystères liés aux sciences occultes, son œuvre accorde une place centrale à la nature et aux pratiques employées par l’homme pour se connecter au monde mystique. Rituels, sacrifices, incantations et gris-gris entrent ainsi en dialogue avec la technologie et les nouveaux médias, comme dans son film Faraw ka taama, où il souligne les similitudes entre l’animisme et le monde de la vidéo d’animation.

À travers l’exploration de nombreux médias, tels que la vidéo, la peinture, la sculpture, la photographie ou les installations, il interroge en somme une problématique centrale : qui, de la nature et de la technologie, est finalement au service de l’autre ?

 

Projet de création

Le projet de création de Cissé Seydou traite de l’immigration sous un angle très spécifique. Lors d’un séjour à Valence dans le cadre d’un échange universitaire, il côtoie des immigrés maliens avec qui il tisse des liens très forts. Il s’est alors intéressé à leurs histoires, plus étonnantes et tragiques les unes que les autres.

De ces destins particuliers, il s’est surtout intéressé à la part secrète, celle qui souvent échappe au récit. Il se rend alors compte que la grande majorité d’entre eux a eu recours aux sciences occultes et aux pratiques mystiques dans l’espoir de s’affranchir de certains obstacles, quand il ne s’agissait pas tout simplement de vivre ou survivre. Des rituels qu’on lui raconte, il retient surtout une croyance inébranlable, d'où ils puisent la force et l’énergie vitale pour avancer dans leurs vies de migrants.

Le travail en résidence de Cissé Seydou se conçoit comme un voyage mystique entre l’Afrique et l’Occident. Il vise à souligner l’extraordinaire poésie de ces pratiques, comme manière d’affronter un espoir incertain, tout en documentant leur glissement vers les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, devenus à leur tour des gris-gris contemporains.

 

Dji mèlèkè 1 « Esprit d’eau»