Charlotte MASSIP

Pars ! Cours ! Voilà ce que j’entends quand la pointe frémit dans ma main, impatiente. Comme elle, j’ai hâte de voir surgir de la plaque la surprise, l’inconnu et la vie.
Je suis née en 1971, passée dans des écoles (Estienne à Paris, les Arts décoratifs de Strasbourg), puis j'ai exposé dans différentes galeries (Michèle Broutta - Paris XVe, Fürstenberg - Paris VIe, Wégimont, en Belgique, Jean-Claude Cazaux, à Biarritz...).
Dés le début, j’étais attirée par les œuvres frissonnantes, délicatement vibrantes et tout en finesse, telles celles de Hans Bellmer, Ritch Miller, Rudolf Schlichter, Dominico Gnoli, Fred Deux ou José Hernández.

J’aime la gravure parce qu’elle va, dans les détails, chercher la vérité. Texture, peau, nervures, fibrilles ou poils me font l’effet d’une frontière fragile et décisive, la dernière avant la descente vertigineuse dans les profondeurs. Puis, le squelette devient à mes yeux l’architecture exemplaire du vivant et naturellement le support et le réceptacle organique de mes états d’âme : ainsi commença mon aventure avec les disséqués.
J’aime la gravure, parce que ses délicates incisions au scalpel ont quelque chose du geste chirurgical, net, sans retour. Pour moi, la morsure du métal est comme une opération qui commence à la peau et se poursuit dans les obscurités d’encre et de sang de la matière. Je rêve de livres qui marient la magie de la gravure et le mystère des mots. 
Aujourd'hui, je me penche avec mes instruments sur les Saintes vierges et martyres, couchées dans les Flores et Vitae sanctorum, pour leur rendre en quelque sorte mon admiratio.

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