Compositeurs de la Casa de Velázquez

Cycle de concerts 2018

14MAI - 17MAI 2018
Madrid - Paris - Rome
Concert

Compositeurs : Joan MAGRANÉ FIGUERA, Didier ROTELLA

Madrid : 7 mai - 19h30
Paris : 14 mai - 18h30
Rome : 17 mai - 20h30

Org. : Casa de Velázquez - Académie de France à Madrid, Centro Nacional de Difusión Musical, INAEM - Instituto Nacional de las Artes Escénicas y de la Música, Conservatoire à rayonnement régional de Paris, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Villa Médicis - Académie de France à Rome

Interprété par l'Ensemble Orquestral Contemporain
Direction : Daniel Kawka

 
Madrid : Lundi 7 mai - 19h30
Auditorio 400 - Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles. 
Les entrées sont à retirer à l'Auditorio 400 à partir de 19h00 le jour du concert

Paris : Lundi 14 mai - 18h30
Auditorium Marcel Landowski - CRR de Paris
Entrée libre et gratuite

Rome : Jeudi 17 mai 
Villa Médicis - Académie de France à Rome
Entrée libre et gratuite

Programme

- Daniel D’Adamo, Abschluß (2002)
- Joan Magrané Figuera, Faula * (2018)
- Iannis Xenakis, Kaï (1995)
- Didier Rotella, Ouverture pour la Dame Rouge * (2018)

* Première mondiale. Œuvre créée en résidence à la Casa de Velázquez
 

Présentation

Les compositeurs Joan Magrané Figuera et Didier Rotella développent, depuis septembre dernier, leur projet de création dans les ateliers de la Casa de Velázquez. Bien que différents dans leur forme et leur démarche expérimentale, leur travail trouve toutefois un point commun dans la grande influence littéraire qui sous-tend leurs créations.

Pour Joan Magrané Figuera, elle naît de la lecture du poète majorquin Jaume C. Pons, s’inspirant directement de la première partie de la trilogie Tots els sepulcres. Pour Didier Rotella, c’est un travail en collaboration avec la dramaturge Brigitte Athéa qui est à l’orgine de l’opéra de chambre La Dame rouge, dont il présente le prologue.

Ces deux œuvres – Faula et Ouverture pour la Dame rouge – seront ainsi présentées en première mondiale le 7 mai 2018 à Musée Reina Sofía de Madrid (Auditorio 400), puis à l’Auditorium Marcel Landowski de Paris le 14 mai et, enfin, à la Villa Médicis à Rome le 17 mai.

Deux grands noms du répertoire compléteront le programme : Daniel D’Adamo (Abschluß 2002) et Iannis Xenakis (Kaï, 1988).

Les œuvres seront interprétées par l’Ensemble Orchestral Contemporain de Lyon, sous la direction de Daniel Kawka.

Ouvert à tous et gratuit, ce cycle de concerts est avant tout l’occasion de faire connaître le travail de deux jeunes compositeurs, parmi les plus belles promesses de la scène contemporaine internationale, et d’offrir au plus grand nombre le meilleur de la création musicale actuelle.

Compositeurs de la Casa de Velázquez

Joan Magrané Figuera, Faula

La Faula que nous présente Joan Magrané Figuera prend pour référence le roman homonyme du poète majorquin Jaume C. Pons Alorda. Le compositeur s’était déjà inspiré du travail d’Alorda pour son quatuor de saxophones Estris de llum, en 2017, à la lecture du premier volume de la trilogie Tots els sepulcres.

Loin de vouloir expliciter la narration, la pièce cherche avant tout à utiliser les idées et l’univers esthétique d’Alorda afin d’en imaginer la structure, la texture et le son. Toujours excessive, l’écriture d’Alorda est parfois trépidante, parfois contemplative. Elle est multiple, imprévisible et riche. C’est cette richesse que Joan Magrané Figuera a cherché à traduire par un jeu de contrastes, parfois abruptes, qui fait s’alterner des sections de grande fougue et d’énergie animale et des fragments radicalement désertiques, crus, excessifs par leur lyrisme, leur intensité et leur concentration.

Ces sections sont au nombre de quatre : la première (Mosso, con foco) qui inaugure la pièce, est une ligne ascendante enflammée, tremblante et changeante ; la deuxième (Poco più mosso) apparaît toujours après un silence total et contient la même ligne ascendante qui explose avec un élan féroce ; la troisième section (Sospeso) est un chant nu et désolés aux extrémités du registe des instruments ; enfin, la quatrième (Un poco danzado) est la plus courte et la plus concentrée, présidée par une homophonie subtile et ondulante des instruments à vent.

Chacune de ces sections apparaît tout au long de la pièce, à la manière dont les chapitres du roman sont organisés, se développant en eux-mêmes et empruntant les uns aux autres des éléments qui se transforment et se métamorphosent. Comme si la «fable» en question se matérialisait, nous était racontée, transformée en chanson, en son, en vibration.

En savoir plus sur Joan Magrané Figuera, ici.


Didier Rotella, Ouverture pour la Dame rouge

Aux origines de La Dame rouge, on trouve tout d’abord la collaboration entre Didier Rotella et la dramaturge française Brigitte Athéa. Cette dernière, dont l’univers intimiste vient interroger l’humain comme un fragment d’universalité, a pour la première fois mêlé son oeuvre à celle du compositeur en 2013, avec la transposition et la mise en musique de plusieurs textes issus du recueil de monologues Instants de femmes.

Ils se retrouvent aujourd’hui autour d’une pièce inédite, fruit d’un travail qui à nouveau les réunit sur un même terrain d’expérimentation, autant formel que thématique.

La Dame rouge
, opéra de chambre pour une quinzaine de musiciens, raconte la guerre civile espagnole sans jamais la nommer. Comme souvent chez Brigitte Athéa, le livret s’intéresse à la famille comme illustration d’une société, conjuguant déchirures intimes et drames historiques, et donne vie à des personnages qui, derrière l’intime et la complexité de l’être, deviennent les allégories de forces qui - en tout temps et en tous lieux - agitent le monde des hommes : le pouvoir, la contestation, le conservatisme…

Le prologue qui nous est présenté met en scène l’écriture d’une lettre. Celle d’un homme à son frère inconnu pour lui raconter l’histoire de leur mère, cette Dame rouge qui donne son titre à l’opéra.

Ainsi, l’oeuvre met en relief de manière explicite l’un des engagements majeurs du travail de Didier Rotella : l’intérêt pour les textes et l’exploration de la voix, chantée ou non, comme élément à la fois narratif et formel. L’écriture mise en parole vient alors se noyer dans la musique, illustrant dès l’ouverture la submersion du discours dans le monde qui l’entoure : la brutalité, la guerre, la folie parfois…

En savoir plus sur Didier Rotella, ici