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L'utopie réactionnaire. Épuration et modernisation
de l'État dans l'Espagne de la fin de l'Ancien Régime (1823-1834)
Jean-Philippe Luis
Bibliothèque de la Casa de Velázquez nº 21
Au-delà de la crispation réactionnaire, la "décennie abominable
" qui termine le règne de Ferdinand VII est aussi le moment d'une
transformation radicale de l'appareil d'État. La crise des finances
publiques et la grande épuration des années 1823-1832 mettent à
mal l'administration du siècle des Lumières, cependant que se modifie
la relation qu'entretiennent avec l'État les groupes sociaux dont
sont issus ceux que plus tard on appellera les fonctionnaires. D'importantes
réformes sont alors menées par des individus inspirés par le despotisme
éclairé ou par le modèle napoléonien. Des institutions nouvelles
sont crées, dont le Conseil des ministres et le Ministerio de Fomento
; une refonte générale des carrières du personnel débouche sur la
formation des premiers corps spécialisés. Ce double mouvement de
déstabilisation et de réforme donne naissance à une nouvelle administration.
Faible, corrompue et inefficace malgré une apparence centralisatrice
et autoritaire, celle-ci annonce ce que sera l'État libéral en Espagne.
La " décennie abominable " n'est pas seulement la fin d'un monde
: elle constitue aussi un jalon essentiel dans la construction de
l'État espagnol contemporain, de Ferdinand VII à Isabelle II.
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56 euros
2002
ISBN 84-95555-33-6
464 p., gráficos, figuras, índices, resúmenes.
24 x 17 cms. Cartoné.
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