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La censure des livres en Espagne à la fin de
l'Ancien Régime
Lucienne Domergue
Bibliothèque de la Casa de Velázquez nº
13
Si on l'examine dans le contexte européen, le phénomène
de la censure espagnole, au crépuscule de l'Ancien Régime,
prend un contour plus marqué. Alors que partout s'ébauche
ou se précise une tendance à prôner la liberté
de presse, la monarchie espagnole est marquée d'abord au sceau
de l'originalité. Cette différence a nom Inquisition. L'arsenal
répressif étant bien en place après trois siècles
de fonctionnement, il suffit du traumatisme que supposait - chez les
puissants qui entouraient un Floridablanca ou un Godoy - la Révolution
française pour faire basculer le royaume dans l'immobilisme.
La Censure fut-elle aussi efficace que les autorités qui la commanditaient
l'auraient souhaité ? Les ouvrages finissaient par passer, mais
au prix de quels tourments ! L'autocensure joue à plein et grâce
à l'art de composer avec la Censure nous pouvons aujourd'hui
disposer de quelques-uns des plus beaux monuments classiques : toute
la subtilité de la grande littérature d'antan, les jeux
de miroirs des segundas intenciones, la profondeur de l'uvre
cervantine par exemple. Par signes ou par pirouettes verbales, par
chistes, a longtemps parlé le peuple d'Espagne.
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38 euros
1996
ISBN 84-86839-63-7
354 p. 24 x 17 cms. Cartoné.
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