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Les enjeux du réalisme dans le roman sous le
franquisme
Geneviève Champeau
Bibliothèque de la Casa de Velázquez nº
12
Les romanciers espagnols des années cinquante se sont attachés
à la représentation du " hic et nunc " et ont prétendu
vouloir réconcilier les mots et les choses. Toutefois l'esthétique
réaliste qu'ils ont cultivée tire moins ses formes et sa
signification du rapport de l'écriture à un référent
sociologique que de la relation intertextuelle établie avec le
discours dominant sous le franquisme. Le contexte historique confère
en effet au discours extra-littéraire un poids déterminant
dans l'élaboration de l'esthétique romanesque qui peut être
analysée en termes de contrediscours. Celui-ci induit, au-delà
de la thématique développée, des stratégies d'écriture
qui, toutefois, n'échappent pas toujours au mimétisme. Le
récit "objectif ", cultivé par des romanciers tels
que C. J. Cela, I. Aldecoa, J. Fernández Santos, R. Sánchez
Ferlosio, J. García Hortelano ou J. Goytisolo, est la solution
narrative dans laquelle culmine l'illusion réaliste. Elle est
également le lieu où se manifestent les formes les plus
originales du contrediscours, non dans le dit mais dans le dire, dans
les procédures narratives elles-mêmes. Celles-ci mettent
en question toutes les formes de clôture, dans une pratique du
multiple et du discontinu qui en vient à ébranler un des
présupposés du réalisme : la croyance en la possibilité
de formuler une vérité sur le monde.
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38 euros
1996
ISBN 84-86839-62-9
418 p. 24 x 17 cms. Cartoné.
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